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 Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]

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Carnet de voyage
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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Sam 14 Déc - 15:52




Sélès Wilder
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    Et comment qu'elle le dépasserait ! Plutôt deux fois qu'une même, en tout cas, elle ne manquerait pas d'en saisir l'occasion. Oui, elle comptait bien devenir une guerrière redoutable, et ce, qu'importe sa santé délicate, elle voulait devenir la plus remarquable des chevaliers-mages, bien au-dessus de son frère, d'Aeron ou de qui que ce soit en ce monde. Oui, c'était beau d'avoir tant d'espoirs et de rêves, au moins, elle avait de quoi être motivée, et si elle ne devenait pas la plus forte, au moins, cela lui permettrait de transcender ses propres limites. Tout revenait progressivement à la normale dans leur vie, leur petit train-train quotidien de deux fugitifs en cavale. Ils reprirent ensemble le chemin de l’hôtel, tranquillement et sans rencontrer d'embûche jusqu'à l'ascenseur. Décidément, Sélès allait finir par détester ces espèces de boîte à tripoter. Il y avait toujours un odieux personnage pour venir rendre votre ascension insupportable, et souvent, c'était des espèces de sales sorcières avides de luxure qui se croyaient tout permis. Pauvre fille, elle n'avait rien de mieux à faire dans la vie qu’exhiber sa viande comme ça ? Un gros tas de chaire écœurante, voilà tout ce que voyait Sélès. Une minable traînée qui cherchait on ne sait quoi. Une mari pour l'entretenir ? De l'argent ? Juste s'amuser pour une nuit ? Une traînée c'est tout. Elle n'avait rien contre le mode de vie étrange de ces filles, bien qu'elle trouve leur comportement remarquablement irrespectueux et avilissant pour toutes les femmes, mais il y avait des endroits où il était coutume de se tenir. Qu'elle fasse ce qu'elle veut, qu'elle collectionne les conquêtes, autant qu'elle veut, comme elle veut, de la façon qu'elle veut, mais pas n'importe où. En occurrence, là, elle avait bien dû voir qu'Aeron était accompagné, étant donné que la petite rouquine était toujours accrochée à son bras. Mais non, voilà qu'elle faisait quand même du rentre-dedans. Et cette espèce de grande nouille qui ne disait rien. Ben voyons, plus stupide et on meurt. Voilà qu'il faisait son sucré, tout muet qu'il était, voilà qu'il la poussait presque en faveur de cette pauvre femelle qui prenaient ses aises. C'était si compliqué que ça de lui donner un bon coup de pied dans les rotules et de lui écraser sa sale face de pimbêche contre le mur pour lui apprendre la courtoisie ! Non, elle ne voyait vraiment pas ce qu'il y avait de difficile là-dedans ! Alors pourquoi il restait comme ça ? Il n'était qu'un abruti qui se croyait correct en se laissant faire de la sorte face à cette chose. Oui, plus Sélès la regardait, plus cette femme baissait dans son estime. De femme elle était aussitôt passée à traînée, de traînée à femelle, et maintenant, elle était carrément devenue une chose à ses yeux. C'est bien ce qu'elle cherchait à montrer de toute façon, qu'elle n'était rien de plus qu'une chose … En s'exhibant et en se comportant de la sorte !

    La petite lady était grandement excédée par ce genre de comportement, et elle lui aurait sans doute cassé son joli nez si Aeron ne l'avait pas vite attirée à l'extérieur. Une injure traversa l'esprit de la demoiselle et si elle n'en dit mot, cela put se lire très distinctement dans ses jolis yeux bleus. Presque comme si les lettres venaient danser pour former une petite chorégraphie tout en chantant ce mot : pouffiasse. Elle avait bien envie de faire demi-tour pour lui dire ses quatre vérités et lui apprendre le respect. Comment est-ce possible qu'un endroit aussi cher puisse regrouper un tel lot de personnages mal élevés à ce point ? Elle ne voyait que ça, toutes ces femelles manquaient cruellement d'éducation ! Diable, faites un don pour qu'elles apprennent à s'habiller et à se tenir en publique … Pour le bien de l'humanité, pitié, faites un don !

    Quel dommage, elle qui était de si bonne humeur ! Si détendue … Elle aurait presque besoin d'une nouvelle séance d’entraînement, avec ce sale tas de chair dénudée comme cible, ça serait l'idéal. Oui, elle avait des pensées quelque peu extrêmes et violentes, mais ça venait tout seul, sans qu'elle n'y songe même un instant, presque comme si un démon venait la posséder. Elle entra dans la chambre d'un pas furibond et jeta son sac sur le lit d'un geste agacé. Les sourcils froncés, elle s'agaçait plus encore devant les excuses du blondinet tout penaud.

    -Tss, ah, tu crois, Einstein ? Marmonna-t-elle furieusement dans sa barbe, pas assez clairement pour que Aeron n'en saisisse vraiment les mots.

    Franchement, c'était si compliqué de dire à cette fille de reculer juste un peu et d’arrêter de faire sa mante religieuse ? Même poliment, c'était facile. Ouais, même elle elle y arriverait, et sans lui casser une seule dent, si, si, je vous assure, elle aurait pu le faire ! Et sans lui tirer les cheveux, même ! Enfin tout ça pour dire que ce gars était le plus gros idiot qu'elle avait jamais vu, en plus, elle était sûr que son seul prétexte était 'la correction et la galanterie envers les femmes', quoi de plus sexiste qu'un prétendu gentleman ! Oui, les petites attentions ça fait plaisir, mais il y a des limites quand même. Il faut savoir traiter les gens selon leurs agissements, et non selon la taille de leur flotteurs !!

    Bon, elle était contrariée, elle devait absolument prendre sur elle. Mais déjà, elle revoyait cette traîtresse de demi-elfe et ce porc de Jirall s'y mettre à deux pour lui infliger le pire des sacrilèges. Penser à autre chose, elle devait penser à autre chose … Aeron évoqua le repas. Voilà, le peu d’appétit que l’entraînement lui avait apporté avait disparu, hop, envolé, à cause d'une histoire stupide.

-Une soupe. Dit-elle d'une voix sèche.

    Décidément excédée, elle alla s'enfermer dans la salle de bain, pour prendre une douche le temps que le repas et Mavis n'arrivent. Elle avait largement le temps, et la douche était vraiment nécessaire après une telle journée. Cela lui permit également de se lâcher un bon coup, d'évacuer sa colère et son stress, par des larmes et quelques baffes. Oui, c'était encore ce qu'il y avait de plus efficace. La prochaine, elle allait s'en charger de toute façon. Marre de ces sales traînées, au bout d'un moment, et de cet incapable. Oui, la prochaine, elle la remettrait à sa place bien comme il faut, ça allait apprendre la vie à la fille et à Aeron par la même occasion.

    Elle ressortit de la salle de bain avant que le repas ne soit servit, et Mavis n’était pas encore là. Elle semblait un peu plus détendue, mais elle préféra ne pas adresser la parole à Aeron tout de suite, feignant de s'occuper de ranger quelques affaires.              



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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Sam 14 Déc - 19:33

Voilà que Seles faisait la tête. Il ne pouvait que la comprendre. Il avait encore agi comme un idiot. Il était incapable de garder la tête froide quand une femme lui faisait des avances comme ça. Il paniquait et n'arrivait plus à penser clairement. Aujourd'hui, il avait encore fait du mal à Seles à cause de ça. Mais pourquoi croisait-il autant de femmes de ce genre ? Bien sûr il y avait toujours des femmes qui s'adonnaient à ces plaisirs et partaient en chasse, mais cela devait être rare, non ? Rattraper son incompétence auprès de Seles sera difficile. Comment pouvait-il expliquer à Seles qu'il avait... quoi ? Peur des femmes ? Non, ce n'était pas vraiment des femmes dont il avait peur. Il avait peur du charme qu'elles pouvaient exercer sur lui. Les femmes ont toujours fait tourner la tête aux hommes, que ce soit volontairement ou non, avec de bonnes ou mauvaises intentions. Aeron avait du mal à se contrôler et cela l'exaspérait. Comment pouvait-il espérer qu'on compte sur lui s'il n'arrivait pas à rester logique et rationnel en toutes circonstances ? Il est vrai qu'au fond, Seles produisait sur lui plus d'effet que toutes les femmes qu'il pouvait voir, mais c'était différent. C'était un effort qui lui donnait la force d'agir, tandis qu'il lui devenait difficile de penser à quoi que ce soit et à ouvrir la bouche quand une femme usait de ses charmes. Décidément, Aeron se trouvait particulièrement stupide lui-même.

Il fit transmettre sa demande et retourna dans la chambre. Seles était apparemment partie à la douche. Aeron s'était pris une soupe tout comme Seles. C'est lui qui parlait de se nourrir correctement, mais il ne valait pas mieux que la rouquine sur ce point. Elle devait encore être énervée. Pourquoi fallait-il qu'à chaque fois que quelque chose se passe bien, un événement arrivait et ruinait leur bonheur ? Pourquoi ne pouvait-il pas la protéger correctement de tout cela au lieu d'aider à provoquer tout cela ? Quoi qu'il fasse, il avait l'impression de faire des bêtises. Elle semblait se remettre de ce que lui avait fait Jirall, mais ce genre de choses ne devait que lui faire penser à ça. Après tout, les hormones et le sexe étaient liés à ce qui troublait Aeron en présence de femmes aventureuses, donc cela devait lui faire penser à ce que Jirall a fait. Cette pourriture a violé Seles. Il avait osé commettre l'irréparable. Les mains sur le dossier de la chaise en osier, ses doigts s'enfoncèrent et tracèrent des trous nets. Décidément, il détruisait tout ce qu'il touchait. Seles l'appréciait peut-être, mais était-ce de la pitié ? Après tout, la faiblesse du jeune homme pouvait attirer une telle pitié. Le grand aventurier prêt à affronter des armées entières mais qui peinait à bouger le petit doigt devant un corps féminin mis en valeur. C'était risible !

La porte de la salle de bain s'ouvrit et Seles rentra toute propre dans la chambre. Aeron ouvrit la bouche, prêt à s'expliquer, mais s'arrêta. Non, il n'y avait rien à expliquer. Il était faible, il la décevait. Cela, il l'avait bien compris. Il n'allait pas en rajouter une couche. Cela n'aurait pour effet que de la mettre encore plus mal à l'aise ou de l'énerver encore plus. La tension restait palpable. Seles s'occupait de ses affaires mais il était évident qu'elle était fâchée contre le jeune homme. Il tenta de poser la main sur l'épaule de la jeune fille pour l'interpeller mais Mavis toqua à la porte à ce moment. Aeron garda la main levée quelques secondes, avant de se diriger vers la porte. Il l'ouvrit. Mavis offrit son plus beau sourire à ceux qui l'invitaient. Elle installa tout sur la table pendant qu'Aeron  resta dans son coin, n'osant pas regarder la scène. Il s'assit à table sur la chaise qu'il avait mutilée lui-même. Il prit une gorgée de soupe mais eut du mal à l'avaler. Il continuait à culpabiliser. Pourquoi était-il si faible ? Et si une femme se servait de ses charmes pour lui faire baisser sa garde et ensuite attaquer Seles. Il s'en voudrait. Il avait l'impression qu'en étant trop faible, il trahissait la confiance de Seles, d'une certaine manière. Il n'osait pas relever les yeux et suivait d'une oreille très distraite la discussion entre Seles et Mavis. Il prit une deuxième gorgée de sauce mais n'arrivait pas à l'avaler. Il dut se forcer, mais se sentait trop mal pour continuer. Il repensait à la scène qu'il avait découverte dans la chambre d'à côté. Il avait tué son frère. Son frère avait violé Seles. Celle-ci se tenait droite, semblait plus en colère qu'autre chose, mais pourtant, Aeron ne pouvait s'empêcher de revoir cette scène qu'il imaginait. A chaque coup qu'il imaginait, une partie de ses entrailles se révulsaient. Il n'était pas la victime. Il était celui qui n'avait pas su la protéger. Aujourd'hui encore, il continuait de faillir à sa tâche en restant faible.

N'en pouvant plus, Aeron voulut se retrouver seul. Il se leva, marmonna qu'il allait se doucher et qu'elles pouvaient commencer à jouer aux cartes sans lui, puis s'enferma dans la salle de bain. L'eau ruissela sur son corps et lui détendit les muscles. Ce soir encore, il ferait probablement le même cauchemar. Il reverrait cette femme, succube ou chose, quelle qu'elle puisse être. Il maltraiterait peut-être Seles à nouveau. Après tout, il ne savait pas protéger, mais détruire, ça, oui. Ça devait être dans le sang. Il ne valait peut-être pas mieux que son frère et finirait pareil. Qui sait si dans quelques mois ou années, il ne ferait pas le même genre d'immondices. Sa vie valait-elle la peine d'être vécue ? Après tout, une fois que Seles aurait retrouvé son frère, Aeron ne servirait plus à rien. Il serait quoi ? Un gêneur, tout au plus. Il devrait probablement la quitter pour qu'elle soit heureuse avec la seule personne de son sang qui pourrait veiller sur elle. Le blondinet restait persuadé que son amour était à sens unique et qu'il était inutile d'espérer. Mais pourquoi pensait-il à tout cela ? Pourquoi se morfondait-il encore une fois ? Il fallait qu'il se ressaisisse. Il faisait encore une fois preuve de faiblesse. Il avait terminé de se doucher et se regardait dans un miroir. Il ne voyait qu'un homme lâche et faible. Dans sa colère contre lui-même, il envoya son poing contre  son reflet. Le miroir vola en morceaux et des éclats laissèrent des traînées rouges de sang sur sa main. Il n'en avait cure. Le choc n'était apparemment pas passé inaperçu puisque Mavis demanda si tout allait bien.

-Ce n'est rien, ne vous en faites pas. J'arrive dans quelques minutes.

Oui, ce n'était rien. Après tout, il n'était rien. Il fallait reprendre contenance devant Mavis et Seles. Après avoir rincé les coupures et s'être habillé, il entra dans la chambre comme si de rien n'était pour rejoindre les filles qui jouaient aux cartes sur le lit. Il s'assit et ignora le regard accusateur de Seles quand elle aperçut les coupure à la main. Le blondinet prit les cartes et commença à distribuer pour jouer au Black Jack. Si Mavis avait vu les coupures, elle ne laissait rien paraître. Aeron la regardait surtout elle car il n'osait pas soutenir le regard azur de Seles. Il se sentait trop coupable, pour l'ascenseur, pour ne pas l'avoir protégée, pour avoir douté d'elle, pour tout. Après tout, peut-être aurait-il dû la laisser à l'abbaye. Son frère l'aurait peut-être retrouvée avant la Garde Pontificale. Non, c'est impossible. Mais pourtant, Aeron n'avait pas l'impression d'avoir mérité une mission dans laquelle l'amour le surprendrait. Il était heureux avec elle mais ne se sentait pas assez bien.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Lun 16 Déc - 14:12




Sélès Wilder
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    L'arrivé de Mavis détendit un peu l'ambiance, ou en tout cas, les mœurs de la petite rouquine. C'était bon finalement, de voir une autre tête de temps en temps. Elle n'allait pas prétendre qu'Aeron était de mauvaise compagnie, bien au contraire, elle ne pouvait pas rêver mieux ! Et ce n'est pas ses petites manies de jeune homme coincé face aux prédatrices qui allaient changer quelque chose au fait qu'il restait quelqu'un de très agréable à vivre. Oui, ça l'énervait qu'il reste penaud devant de pareils individus, mais elle n'en était pas moins consciente qu'il était un garçon gentil et des plus attentionnés envers elle. Elle avait peut-être été trop dure avec lui ? Ouais, elle était mauvaise quand même, et puis ce n'était pas son genre de s'étaler en excuses aussi … Et oui, mademoiselle n'aimait pas quand c'était de sa faute, comme beaucoup de personnes en fait. Et puis, si elle réagissait si mal à cela, ce n'était peut-être pas pour rien. Jalouse, elle ? Étant donné qu''une harpie à voulu lui piquer son chevalier alors même qu'elle faisait le koala sur son bras, elle avait bien le droit non ? C'était SON chevalier après tout. Non mais. Ah, c'était ça le problème, c'était cette fille qui méritait des baffes, pas lui. Enfin si, aux yeux de Sélès, Aeron en méritait tout autant, mais c'est parce qu'elle n'était pas du tout objective, ça, avouons-le. Pas objective et terriblement obstinée ! Bon courage Aeron.

    Elle fit de son mieux pour se sortir cette histoire de la tête, trouvant n'importe quoi pour parler avec Mavis. Elle avait tellement de choses à oublier, ces filles, ce monstre, ce qu'on lui a fait … C'était toujours là, en elle, comme une tumeur qui vous coupe l'appétit. En parlant d'appétit, il n'était pas vraiment au rendez-vous. Elle ne but que quelques cuillerées de sa soupe avant de l'abandonner au profit de la discussion, l'air de rien. Maladroitement, elle ne faisait pas vraiment attention à Aeron. En fait, elle ne le boudait déjà plus, mais un malaise en entraînant un autre, elle n'osait pas vraiment lui parler de peur qu'il trouve cela déplacé ou qu'il ne rétorque par une remarque acerbe. Oui parce que le pire avec ce genre de petite teigne, c'est pas tant de supporter le caractère lunatique de sa petite personne … Mais c'est que si vous lui faites remarquer ses défauts, et bien c'est simplement la fin du monde. Elle avait un sale caractère, oui, elle pouvait se montrer mignonne et redoutable, ça oui. Mais gare aux fesses de celui qui aura le malheur de soulever les traits difficiles de sa personnalité …

    Elle avait donc dû le vexer sans le vouloir, puisqu'il semblait bouder à son tour, se retirant un moment dans la salle de bain au profit d'une douche. Les deux demoiselles commencèrent à jouer aux cartes ensemble et Mavis put aborder discrètement le sujet du blond, et de la relation qu'ils entretenaient tous les deux. En fait, elle voulut surtout savoir pourquoi il avait tant l'air contrarié, et Sélès put avouer – ô miracle – que c'était un peu de sa faute – non sans rejeter aussitôt la responsabilité sur le pauvre blond qui n'avait pas su réagir comme il fallait. Mavis tenta de conforter Sélès dans l'idée qu'il était quelqu'un de décidément bien, juste maladroit. D'accord, d'accord, il était maladroit, soit ! Elle voulait bien le concéder. Elle lui apprendrait la vie dans ce cas, pas de problème. Plus gentiment ? On verra.

    Un heurt piqua l'attention des deux jeunes femmes, provenant de la salle de bain. Aeron se montra peu de temps après, et alors que Mavis demandait directement des explications au chevalier, Sélès, elle, telle la petite renarde fourbe qu'elle était, posa un regard réprobateur sur la main abîmée de son ami. C'était facile de se montrer débatteur face à ce genre de comportement stupide, même pour Sélès qui agissait exactement de la même façon. Oui petite Brutus aimait donner des coups avec son petit poing dans les vitres. Ça faisait du bien, elle devait l'avouer. Mais par principe, elle ne pouvait pas accepter que le blond se comporte ainsi. Elle ne pipa mot, ne voulant pas faire une scène regrettable devant Mavis, de toute façon, son regard devait avoir suffit ! Et l'air de rien, tout en s'occupant de sa partie afin de s'approcher toujours plus de 21, elle entreprit un sort de soin très discret, qui fut si léger et progressif, que la garçon ne put se rendre compte du fait qu'une bonne heure plus tard, lorsque les plaies se résorbèrent complètement. C'est qu'elle devenait douée !

    L'atmosphère resta un peu tendu, même si Sélès et Mavis semblaient bien s'amuser. Sélès s'efforcait de rire et d'enchérir sur les blagues, afin de reprendre l'habitude, et parce que, même si elle n'était pas d'humeur à cela, rire faisait tout de même du bien. Rire pour rire n'était pas le mieux, car cela lui faisait inexorablement penser aux raisons qui la poussaient à agir ainsi, mais c'était tout de même bien plus agréable que de se renfrogner à faire la tête. Oui, il y a des fois où son humeur prenait le pas sur sa raison, alors elle était un peu en mode 'fuck everything' et boudait parce qu'elle n'avait envie de rien faire d'autre ! Mais là, elle s'était donnée un petit coup de fouet pour rendre la soirée agréable, au moins pour cette brave Mavis qui se donnait tant de mal pour eux. Oui, c'était surtout pour elle qu'elle faisait cela, elle le méritait bien. Elle le ferait volontiers pour Aeron, mais il n'était pas aussi à l'aise malgré tout, et puis, elle savait qu'il n'aimait pas qu'elle se force, même lorsqu'elle-même estimait que ça lui faisait du bien.

    Mavis repartit donc assez tard, laissant de nouveau les fugitifs en tête à tête. Sélès alla aussitôt se glisser dans les couvertures, cherchant désespérément quelque chose à dire pour briser ce silence, pour rassurer son ami. Elle ne trouva qu'une chose …

    -Tu sais Aeron … t'es un petit peu bête des fois, mais je t'aime bien quand même. Dit-elle de sa petite voix fine absolument adorable.               



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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Lun 16 Déc - 17:52

Le reste de la partie de carte s'était bien passé. Le regard de Seles était resté accusateur un moment, mais ensuite les trois plaisantaient sur différents sujets. Aeron se sentait toujours coupable, mais rire lui faisait du bien. Après pas mal de temps, il se rendit compte que sa blessure avait été soignée. Décidément, Seles savait faire les choses discrètement. Étonnant quand on y pense, vu le caractère de la rouquine. Cela voulait-il dire qu'il était pardonné ? Difficile à dire. Il osait à peine la regarder. Elle était toujours si belle, si adorable. Mavis finit par devoir partir. Aeron et Seles n'allaient pas tarder à aller se coucher. Le blondinet la raccompagna jusqu'à la porte de la chambre et c'est avec un sourire rassurant et une tape sur l'épaule qu'elle lui souhaita bonne nuit. Elle voulait le réconforter. Oui, tout s'arrangerait avec Seles. Le blondinet installa sa couchette habituelle à côté du lit de sa princesse. Il se glissa dans la couverture, mais cherchait toujours comment souhaiter bonne nuit. Il voulait se décharger de ce poids qu'il avait sur le coeur, expliquer à Seles ce qui le mettait dans cet état mais ne savait pas comment aborder le sujet. Il avait peur qu'elle le prenne mal s'il abordait à nouveau le sujet.

    -Tu sais Aeron … t'es un petit peu bête des fois, mais je t'aime bien quand même.

Elle avait cela d'une voix adorable, toute gentille. Décidément, elle n'arrêterait jamais de le surprendre, de le faire se sentir bien. Le jeune homme leva la main et vit la rouquine s'approcher du bord du lit pour la lui prendre. Il tira la main de sa dulcinée et la caressa avec son autre main à lui. Elle avait la peau douce, tellement douce. Il prit son courage à deux mains et se décida à parler.

-Je suis désolé si je t'ai déçue dans l'ascenseur. C'est juste que... Non, laisse-moi finir, s'il te plait. J'ai vécu tout mon temps dans les chevaliers pontificaux en ne voyant que frayeur dans les yeux des femmes que je croisais. En raison de mes aptitudes au combat, j'étais dans les groupes qui s'occupait de punir les "infidèles". Jamais une femme ne m'a fait du charme avant ces derniers jours. Lorsque cela arrive, je ne sais pas ce qui m'arrive. Que mon corps réagisse un peu de manière... incontrôlable... c'est normal en un sens, mais pour une raison que j'ignore, cela me met dans un embarras sans nom.

Il était tellement rouge qu'il avait peur que Seles puisse voir sa gêne malgré la pénombre.

-Je ne pense que ce soit vraiment de la peur, pas dans le même sens que la peur devant du danger, mais je reste comme tétanisé. C'est comme cette fille dans l'eau à la plage. Elle s'était crue tout permis, mais je n'ai pas réussi à réagir. Il a fallu qu'elle soit sur le point de m'embrasser pour que je finisse par détourner la tête pour l'en empêcher, puis enfin j'ai réussi à la prendre par les épaules pour la repousser. C'était difficile et je me trouve d'autant plus ridicule pour cette raison. Je ne sais pas comment ça se fait. Au final, ça devrait être plus simple que d'affronter les reptiles qu'on a croisé lors de notre évasion de l'abbaye, mais pourtant... Je ne comprends pas, je n'arrive pas à repousser ces femmes étrangères. C'est totalement illogique, je le sais et pourtant, je me bloque, je n'arrive pas à ouvrir la bouche et leur dire ces simples mots "laissez-moi tranquille". Le seul moyen serait de m'énerver vraiment, et j'ai failli dans l'ascenseur. Mais... si je m'énerve, est-ce que je ne risque pas d'être violent ? J'ai du sang Valerius dans les veines après tout. Le mépris et la violence font partie de moi, en quelque sorte, j'imagine.

Il fit une pause. Il hésitait à dire ce qu'il pensait mais maintenant qu'il y était, autant qu'il assume jusqu'au bout. Il voulait être le plus honnête possible avec celle qu'il aimait.

-Toi tu es un cas à part. Même quand... quand ta beauté faisait réagir... mon corps, j'étais gêné, j'avais un peu honte, mais pourtant je pouvais te parler sans ces soucis. Désolé de parler de ça aussi, c'est embarrassant. Bref. Je tiens à toi et je ne veux pas que tu penses que j'aime regarder ces femmes et leur poitrine exubérante. Je préfère largement voir des femmes élégantes que des filles comme ça. Je savais pourtant en arrivant qu'on verrait de tout, j'avais entendu parler des femmes nobles de Palmacosta. C'était le rêve d'autres gardes pontificaux qui voulaient... leur expression était "sauter toutes ces chiennes en chaleur". C'est assez rabaissant pour elles, mais quand je vois le comportement de certaines, je n'arrive pas à les contredire totalement. Sache que jamais je ne te délaisserai pour une femme comme ça, je te le promets. J'ai confiance en toi et je veux te donner toutes les raisons d'avoir confiance en moi malgré ma... ma faiblesse.

Voilà, c'était fait. Il avait tout dit, sans se retenir, sans pudeur. Il ne savait plus où se mettre et le regard de Seles avait beau être juste devant lui, il n'arrivait à soutenir son regard. Il continuait de se sentir coupable. Le silence ne fut pas si long que cela mais il était pesant, pour lui. Il aurait presque voulu dire un  "bonne nuit" rapide et se retourner, mais il devait assumer jusqu'au bout. Il finit par plonger son regard dans les yeux qui, même dans la pénombre, l'émerveillait de leur couleur azur. Oui, pour la femme qu'il aimait, qui l’enchantait par ce regard, il mettrait son cœur à nu s'il le fallait.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Mer 18 Déc - 13:12




Sélès Wilder
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    Réagir ? Comment ça, 'sa beauté' le 'faisait réagir' ? Ça voulait dire quoi ça, hein ? Non, ne répondez pas, elle ne voulait pas savoir. Non en fait si, sérieusement, c'est quoi cette histoire ? Non mais elle ne voulait pas de ça, elle ! Il fallait lui mettre un collier électrique à celui-là, c'est pas possible. Bon, en réalité, elle ne s'étonna de ce détail d'un bref instant, heureusement qu'il parlait beaucoup, sinon elle s'en serait peut-être un peu plus offusquée, même si, au final, ce n'était pas de sa faute au pauvre garçon. Seulement, ça, Sélès ne le comprenait pas, et qui sait si elle le comprendrait un jour ! Non, sans sa petite tête à elle, les garçons renfermaient tous leur dose de perversité, il y en avait juste certains qui l'assumaient plus que d'autres, qui cherchaient des excuses … Mais pour elle, c'était bel et bien un problème venant de l'esprit malade de la gente masculine. Elle en arrivait même à ce dire qu'ils feraient bien de se soigner pour ça. Ouvrir des camps et leur apprendre le respect et l'intégrité. Peut-être qu'on devrait tous les mettre dans un couvent … Quelle idée, ce serait bien pire. Non, Sélès n'était pas prête d'accepter ce genre de manifestation physique naturelle, parfaitement incontrôlable et inconsciente. Il faut dire qu'elle avait eu une éducation assez ferme sur toutes choses. On ne lui avait jamais parlé de sexe à proprement dit, et on lui avait toujours clairement fait comprendre que voir le corps nu des autres était impur. Elle s'estimait déjà faire preuve de beaucoup de décadence en étant allée à la plage en maillot de bain, entourée de gens presque nus. Ne parlons même pas de ce qui avait suivi, car oui, elle se sentait autant responsable de ces atrocités que ne l'était directement son bourreau.

    Elle ne sut trop pourquoi, cependant, il tint à la rassurer sur le fait qu'il ne l'abandonnerait pas pour une de ces femelles de petite vertu qui courraient les rues de cette ville. En fait, elle n'y avait jamais vraiment pensé, pour elle c'était une évidence maintenant, ils resteraient tous les deux pour toujours. Pour toujours ? Ce n'était pas si ambigu dans son esprit, elle était juste habituée à sa présence, donc elle n'imaginait pas que cela puisse en être autrement un jour … même quand elle aurait retrouvé son frère ! C'est sûr, elle voudra profiter de ses retrouvailles avec lui, passer du temps rien qu'avec lui et lui seul, mais elle savait aussi que ces moments ne seraient pas beaucoup plus fréquents qu'avant. Son frère était un vagabond, il aimait voyager ou en tout cas sortir en ville, se promener … Et flirter, hélas, autant d'activités auquel elle ne pourrait pas participer. Et de toute façon, elle n'avait pas non plus envie de perdre Aeron de vue. C'était son ami maintenant, et même si elle n'en avait jamais eu, c'était dans l'ordre des choses que de ne jamais dire adieu à un ami, surtout lorsqu'il est aussi fidèle et brave que le blondinet. Donc ce n'était en rien réducteur que de dire qu'il était son meilleur ami, bien qu'en effet, elle n'ait pas vraiment matière à comparer. Elle savait que ce jeune homme était d'une rare vertu, même si bien sûr, il avait ses défauts. En vérité, c'est à ça qu'elle reconnut vraiment à quel point ils étaient proches, malgré le peu de temps qu'ils avaient passé ensemble. Elle l'acceptait et tenait tout autant à lui, même avec ses défauts, même quand il l'énervait ou la consternait. Peut-être même l'estimait-elle plus qu'un ami. Ça, elle n'aurait trop su le dire, elle ne savait pas non plus ce que ça pouvait être …

    Elle l'observa un instant, méditant sur ce nouveau long discours qu'il lui avait servit. Si Sélès était très bavarde pour parler de tout et de rien, elle n'était plus très éloquente quand il s'agissait de parler de ce genre de chose, de ses ressentis et de tout le bazar. Elle n'avait jamais eu à le faire, et on lui avait même longtemps interdit de s'exprimer librement sur tout ça. Elle fut tellement contrainte de réprimer ses sentiments, notamment vis-à-vis de son frère … Maintenant elle devait réapprendre à gérer tout ça. Pas facile de sortir de son couvent, tout en ayant reçu une éducation de lady, chacun des deux étant porté sur la restriction des sentiments et de leur expression, une chance que ça ne l'ait pas rendu totalement frigide d'ailleurs. Finalement, après l'avoir regardé un moment, elle lui adressa un sourire rassurant. Elle se hissa jusqu'au bord du lit et l’enlaçant doucement, venant poser son menton contre son épaule.

    – Je te fais confiance, même si tu es quand même bête, c'est pas grave. On est amis, pas vrai ? Elle s'appuya sur les épaules du blond pour se redresser et le regarder dans les yeux, souriante. Et entre amis on se protège mutuellement. Je te protégerai de ces harpies, d'accord ? Laisse-moi faire la prochaine fois.

    Elle l'embrassa doucement sur le front et lui tapota la tête avant de se glisser à nouveau dans les couvertures. Elle avait sans vraiment le vouloir utilisé les mêmes gestes que lui lorsqu'il voulait la rassurer de sa présence protectrice. Ça venait vite ce genre de réflexe.

    – Ne t'inquiète pas, je sais me contrôler même quand je suis énervée, moi, il n'y aurait pas forcément d'effusion de sang. Sans attendre de réponse, elle étegnit la lampe de chevet, les plongeant dans le noir. Bonne nuit Aeron.

    Saluez la performance, elle avait fait preuve de maturité en mettant vite un terme à la conversation de façon aimable et même réconfortante. En fait, elle n'avait tout simplement pas envie de s'énerver plus ce soir, pas à cause de ces femelles, elles n'en valaient pas la peine. Elle était toujours confortée dans son idée que Aeron était bel et bien responsable des 'réactions' de son corps face aux filles, mais elle n'avait pas envie d'en discuter, tout simplement parce qu'elle n'aimait pas en parler, ce sujet la gênait. Cela la gênait d'autant plus qu'elle avait l'impression de commettre un péché en l'évoquant, de plus, elle n'y connaissait tout simplement rien, alors autant ne pas risquer de paraître stupide. C'était mieux ainsi, elle était mieux et lui aussi, alors c'était parfait. Heureux sont les imbéciles et les ignorants, comme qui dirait.

    En raison de sa dure journée d’entraînement, elle trouva rapidement le sommeil, et tomba si durement dans les limbes qu'elle ne fut consciente d'aucun rêve. Juste un gros dodo réparateur. Elle avait juste l'impression de s'être transformée en un énorme pâté de renarde, enrobé dans une feuille de riz. Un nem de pâté de renard. Miam. Un petit pâté bien agité, pourtant, elle ne s'en rendit pas compte, mais c'était comme si elle continuait son entraînement dans son sommeille, elle gigotait, roulait, couinait même. Jusqu'à ce que, au petit matin, elle ne sente soudainement chuter pour atterrir sur quelque chose de mou. Ça ne la réveilla pas vraiment, si bien qu'elle mit un certain temps avant d'émerger, ouvrant doucement les yeux. Monsieur tout doux !!! Elle ne réagit pas de suite en voyant la frimousse aussi peu réveillée qu'elle du blond. Ses paupières papillonnèrent un instant, avant qu'elle ne se rende (enfin) compte qu'elle était tombée sur lui. Rho mais c'est qu'on était bien là aussi … Bon allez, un peu de tenue mademoiselle. Elle roula sur le côté – se transformant de nouveau en nem grâce à ses couvertures qu'elle avait emportées dans sa chute – et décida de rester là, à côté de lui, par terre.

    -Hmm pardon Aeron … Marmonna-t-elle d'une petite voix endormie, avant de pousser un petit bâillement aigu.               



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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Ven 20 Déc - 15:42

Qu'elle le protège de ces harpies, comme elle dit. Oui, c'était une solution. Il avait confiance en elle et savait qu'il ne risquerait plus rien tant que Seles serait là. Décidément, elle savait trouver les mots pour rassurer le jeune homme. Que pouvait-il espérer de plus ? Il reçut un bisou sur le front et la main de la jeune fille lui tapota la tête. Il vit à regret le visage angélique retourner hors de son champ de vision. Son front irradiait d'une chaleur, il avait encore l'impression de sentir les lèvres de celle qu'il aimait. Décidément, cette fille lui donnait des ailes. Il avait hâte d'être le lendemain et de pouvoir la serrer contre lui, sentir son odeur, pouvoir se perdre dans la  contemplation de son visage. Tant de niaiseries qui le prenait et pour rien au monde il ne rechignerait à penser à tout cela. Oui, il l'aimait encore et toujours.

-Bonne nuit Seles.

Voilà qu'il avait du mal à garder les yeux ouverts. Il s'endormit aussitôt pour sombrer dans des songes qu'il aurait préféré éviter.

Contenu explicite:
 

Il ouvrit les yeux. Elle était là, réellement là sur lui. Elle était tombée du lit et l'avait réveillé. Elle venait de le sauver dans un rêve pour ensuite le réveiller. Il la vit ouvrir un peu les yeux mais pas assez réveillée pour réaliser qu'elle était sur lui. Il s'en fichait. Il avait Seles avec lui, que pouvait-il demander de plus ? En y repensant, elle avait peut-être exorcisé son cauchemar pour toujours, qui sait ? Il la sentit rouler pour se mettre à côté de lui. Il la regarda et se perdit dans la contemplation de son visage alors qu'elle s'excusait. Les excuses étaient inutiles pour lui. Il ne répondit pas. Il préféra plutôt la prendre dans ses bras et la serrer contre lui. Il déposa un bisou sur le front, puis se reposa en la tenant dans ses bras. Il ne se rendormait pas mais c'était reposant quand même d'être avec elle. Il se demandait si la rouquine finirait, elle, par se rendormir. Elle avait les yeux fermés mais on ne pouvait pas savoir. Ses joues étaient rouges. Était-elle malade ? Ce serait problématique si c'était le cas. Enfin, on verra bien. Pour l'instant, la seule chose qui importait au blondinet était de profiter de ce moment. Ses rêves exorcisés, le bal de ce soir serait la dernière épreuve avant de repartir sur les routes. Il n'y avait plus qu'à espérer que tout irait bien. Non, pas besoin d'espérer. Il était avec Seles, tout irait forcément bien.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Sam 21 Déc - 16:58




Sélès Wilder
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    C'était bien dur ce matin, après avoir passé la veille à un entraînement difficile et acharné, elle n'en appréciait que plus le confort de ses couvertures douillettes, qui ne semblaient pas décider à la laisser partir. C'est fou ce qu'on peut toujours mieux apprécier son lit le matin plutôt que le soir, en général … Elle n'avait pas très envie de se lever tout de suite. Pour la veille, elle était pleine de bonne résolution ! Elle qui avait décidé de se lever tôt pour s’entraîner encore un peu avant la corvée du soir ! Mais là, tout de suite, ça lui semblait tellement futile ! Ho non, elle n'avait pas envie de se lever ou de faire quoi que ce soit. Juste dormir, et tant pis pour le reste. Elle se blottit donc conformation dans sa cachette, frottant sa petite tête rousse contre quelque chose de chaud, qui ne tarda d'ailleurs pas à l’enlacer. Sur le coup, elle en oublia qu'elle était tombée, elle planait encore entre deux mondes, le réel et l'onirique. Mais peu importe ce qui venait de l'attraper, elle était bien et c'est tout ce qui comptait.

    Elle plana ainsi quelques minutes, profitant du micro sommeil qui l'avait aussitôt submergée. Elle se figura qu'il n'avait s'agi là que de quelques minutes au plus, et pourtant, elle s'était bien rendormie pendant une bonne heure avant de réagir. Elle ouvrit les yeux d'un coup, comme s'il était encore temps pour ne pas céder à la tentation de se rendormir, se rendant alors seulement compte qu'elle était confortablement installée aux creux des bras de son chevalier servant. Elle leva doucement la tête pour apercevoir sa frimousse, et baissa à nouveau le menton pour pousser un petit bâillement aigu très discret. Elle frotta alors son front contre le torse du blond, trouvant décidément bien difficile de mettre un terme à cet instant de repos et de plénitude. Bien difficile de se lever tôt, fraîche et dispo' quand on a pas de tuteur cruel pour vous arracher du lit.

    – Bonjour, Aeron … Finit-elle pas déclarer d'une petite voix endormie.

    Elle ne s'était pas décollée de lui, profitant un peu de sa présence en ce bon matin, tant que son corps était encore complètement délassé et que personne ne risquait de venir les déranger. Puis elle leva les bras au dessus de sa tête et s'étira de tout son long, faisant craquer quelques articulations avant d'enfin se redresser, la tignasse hirsute. Elle mâchouilla du vide en balayant son environnement du regard, finissant par porter son attention sur le lit, avec de petits yeux entrouverts. Elle réalisa alors qu'elle était tombée de sa couche, et sa seule réaction fut de laisser son front retomber lourdement contre le matelas, et elle resta comme ça un long moment, jusqu'à ce qu'elle sente du mouvement du côté du chevalier qui lui ébouriffa les cheveux, comme si elle n'était pas assez décoiffée comme ça. Elle poussa une sorte de petite bougonnement, dont on aurait pu déterminer l'humeur. Était-ce une réprimande, un simple gémissement ou une manifestation de son contentement face à ce geste chaleureux ? Allez savoir. Elle sentit à nouveau la main du chevalier ébouriffer et elle se redressa enfin, passant sa main sur son front pour chasser sa frange, qui retomba aussitôt après sur ses yeux. Elle tourna la tête vers Aeron et le fixa un moment avant de bâiller a nouveau, puis elle sembla alors s'étaler sur le lit, le temps que ses pattes arrières se redresse et qu'elle ne se lève enfin. Dur, dur, ce matin, mademoiselle Sélès.

    -Désolée, je suis tombée sur toi cette nuit. Bien dormi sinon ?

    Elle traîna des pieds jusqu'à la fenêtre pour ouvrir les rideaux, non sans une vilaine grimace devant la vive lueur du jour qui la fit éternuer. Après s'être remise de ces émotions matinal, elle ouvrit la fenêtre pour profiter de l'air agréable du matin. Il était beaucoup plus tard que prévu. Ho, tant pis ! Elle retourna s'asseoir sur le lit et s'étira à nouveau, tentant désespérément de se sortir de son brouillard. Elle secoua vivement la tête et ouvrit enfin complètement les yeux. Une seule chose pour la motiver et la faire bondir partout à nouveau.

    -Dis, on aura le temps de retourner s’entraîner un peu avant ce soir ?               



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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Dim 22 Déc - 16:03

Aeron avait fait un peu de micro-sieste, et il entendit le petit bâillement de Seles. Il répondit au bonjour de la rouquine avec une voix tout aussi réveillée que la sienne. Le blondinet la regarda s'étirer et se réveiller. Elle était décidément trop mignonne. Il ébouriffa un peu les cheveux roux qu'il adorait tant pour la taquiner et lui témoigner son affection. Un son sembla lui indiquer qu'elle n'était pas contre ce traitement. Elle finit par se relever et lui faire face. Des excuses inutiles sortirent de sa bouche.

-Oui, j'ai bien dormi. J'ai eu un doudou à serrer dans mes bras.

Le jeune homme afficha un sourire taquin en voyant Seles rougir légèrement, mais elle ne lui en voudrait pas. Il la regarda se diriger vers la fenêtre, ouvrir les rideaux avant de retourner s'asseoir sur le lit. Décidément, le réveil semblait bien pénible pour elle. Elle en était d'autant plus adorable à regarder. Décidément, il était difficile pour le chevalier de rester insensible au charme de sa princesse. Elle pourrait lui demander la lune en cet instant qu'il se précipiterait pour la lui donner... même si le soleil était déjà haut dans le ciel. C'est à ce moment que Seles ouvrit la bouche. Aeron était pendu à ces lèvres, prêt à tout.

    -Dis, on aura le temps de retourner s’entraîner un peu avant ce soir ?   

-Bien sûr. On y va tout de suite si tu veux. On se prend une viennoiserie ou un sandwich en bas pour manger en route ou sur place et on est partis, puisque tu sembles si pressée.

Se levant d'un bond, Aeron se saisit de son épée et s'élança vers la porte après avoir enfilé rapidement ses vêtements.

-Je t'achète un beignet au chocolat et je t'attends en bas d'accord ?

Après un instant d'hésitation, la rouquine hocha la tête. Il lui fallait apparemment prendre son courage à deux mains pour envisager d'aller seule de la chambre au rez-de-chaussée. Cela n'empêcha pas la blondinet de se dépêcher d'acheter quelques beignets et une bouteille d'eau avant de remonter à la chambre. Il put l'atteindre au moment où Seles sortait. Elle afficha un grand sourire en voyant qu'elle n'aurait pas à sortir seule. Décidément, séparer les deux jeunes gens s'avérerait difficile pour ceux qui tenteraient. Il partirent ainsi vers la salle d'entraînement, un bras pour tenir la main de l'autre et l'autre main pour manger les beignets. Seles semblait avoir un appétit un peu plus raisonnable. Ils entrèrent dans la salle vide et reprirent là où ils s'étaient arrêtés la veille.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Lun 23 Déc - 14:09




Sélès Wilder
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    Entre doudou, voilà qui était bien agréable de faire la sieste ! Sélès rougit légèrement de cet espèce de compliment, se rendant compte alors à quel point ils s'étaient rapprochés en si peu de temps. Elle commençait à se poser des questions, et regrettait de ne pas avoir plus de copines réelles pour leur en parler. Oui parce que, ce n'était pas ses formidables mais impalpables amis imaginaires qui allaient pouvoir la conseiller là-dessus. En tout cas, elle devait bien l'avouer, elle avait beaucoup apprécié cette sieste contre lui. Elle allait y prendre goût si ça continuait comme ça … Hm. Oui, elle y avait déjà pris goût, en fait. Trop tard ! Tant pis !

    Elle était encore en train d'essayer de se sortir de sa brume matinale quand le blondinet lui annonça enfin qu'il serait bien évidemment possible de retourner à l'entraînement avant la réception, et elle eut un regain d'énergie lorsqu'il ajouta qu'ils pouvaient même y aller dés maintenant. Bondissant sur ses pieds, le sourire aux lèvres, elle observa Aeron se préparer à vitesse grand V avant qu'il ne se dirige déjà vers la porte, proposant un petit déjeuner digne de ce nom, et facilement transportable. Elle hésita un instant quant au beignet. Serait-elle capable d'avaler quelque chose d'aussi riche ? Elle essaierait en tout cas, au moins quelques bouchées. Elle acquiesça alors, se faisant déjà un plan dans sa petite tête sur comment elle allait le rejoindre, faisant ce trajet seule. Elle en arriva vite à la conclusion que, de toute façon, elle était grande et forte (enfin presque) et que de toute façon elle était armée. Et puis, elle avait son exsphère. En clair, elle était intouchable ! Oui, le premier ou la première qui lui cherchaient des ennuis, elle lui réglerait son compte vite fait et bien fait ! Aeron s'était déjà éclipsé alors qu'elle restait plantée là à imaginer son plan machiavélique infaillible. Elle se rendit bientôt compte qu'il fallait qu'elle se hâte et courut à la salle de bain pour une petite toilettes et enfila une tenue simple, favorable à l'exercice. Ressortant de la salle de bain, elle attrapa son petit sac à main pour y faire quelque vérifications, avant de se diriger vers la porte.

    Aeron se trouva finalement juste derrière lorsqu'elle sortit avec la prudence d'un poisson clown. Elle afficha un large sourire, plus par simple bonheur de le voir lui personnellement que pour la protection évidente qu'il pourrait lui apporter. Oui, elle se sentait beaucoup plus forte que la veille, car elle avait décidé de se donner un bon coup de fouet. Ainsi, elle pouvait enfin voir Aeron autrement que comme un chevalier protecteur. Elle le considérait déjà comme un ami depuis un bon moment, et la confiance qu'elle lui portait jouait beaucoup à ce sentiment de sécurité. Mais cette image de bouclier qu'elle avait de lui l'empêchait d'envisager une relation différente, plus complexe et subtile. Le genre de relation dont elle ignorait tout, mais petit à petit, son instinct lui dévoilait les secrets de tout cela. Elle tenait à lui, elle se sentait bien à ses côtés, elle voulait le protéger et elle avait le sentiment que ce sentiment de plénitude et de sécurité était mutuel. Peut-être commençait-elle à développer une dépendance à son sourire et à sa bouille de hamster ! Il fallait bien qu'elle soigne son traumatisme d'une façon ou d'une autre.

    Sur la route, elle grignota doucement ce délicieux petit beignet, n'en engloutissant cependant pas la moitié. Oui, derrière son sourire et le bonheur simple que lui procurait la présence de son chevalier, elle n'en restait pas moins profondément marquée, encore, par tout ce qui lui avait été fait. Elle ne le jeta pas, cependant, ça, non ! Elle le remballa soigneusement pour le ranger dans son sac, levant le nez vers le blondinet pour lui adresser un petit sourire de fouine malicieuse.

    -Pour plus tard ! Je vais bien avoir un petit creux après l’entraînement.

    Et puis, c'était quand même vachement bon, mine de rien, sans compter que c'était de la part d'Aeron ! Avec toute la tendresse et l'attention dont il pouvait faire preuve. Tous ses petits cadeaux lui étaient précieux. Qu'il lui offre un pétale de pâquerette, et elle le garderait soigneusement entre deux feuilles transparentes pour la conserver. Oui, plus elle y pensait, plus elle se disait qu'il était bien plus qu'un ami. Elle n'avait jamais vraiment eu d'ami, mais elle savait que lui, il était plus que ça, par instinct. Mais alors qu'y avait-il de plus qu'un ami ? Un frère ? Non, c'était différent. Elle ne l'aimait pas comme elle pouvait aimer Zelos. Quoi que … peut-être que si, un peu, mais pas tout à fait. Zelos était unique, tout comme Aeron l'était aussi. Ah, c'était si compliqué ! Peut-être que Mavis pourrait l'éclairer ? Enfin, elle n'allait sans doute pas avoir beaucoup d'occasion de lui parler en tête à tête. L'air de rien, elle repensa à ce rêve étrange de la veille. Avec Zelos, et … Aeron à la fin. Elle se mit à rougir et se contenta de sortir son arme – comme ils étaient arrivés – et se concentra sur l’entraînement pour ne plus penser à ça. C'était tellement gênant ! Elle, faire un rêve si absurde et contre nature ? Cette expérience abjecte avait affecté son esprit bien plus qu'elle n'aurait pu le concevoir. C'était immonde !

    Mais cela lui sortit bien vite de la tête lorsqu'elle put se donner corps et âme à son entraînement. Ils répétèrent un peu les mêmes méthodes que la veille, décidant de s'arrêter à l'heure du goûter, se posant sur le terrain extérieur pour profiter du bon temps, Sélès but bien plus qu'elle ne pouvait jamais manger. C'était déjà ça. Elle sortit cependant son reste de beignet, pour continuer de le grignoter un peu, comme promis.

    -Zélos va être impressionné de voir comme j'ai fait des progrès ! Je pense que maintenant, je ne me laisserai plus surprendre par les ennemis multiples. C'est assez difficile d'avoir des yeux partout, mais je ne me débrouille pas si mal, hein ?

    La jeune fille voulait toujours avoir trop confiance en ses capacités au combat, elle aimait bien les encouragements et les félicitations. Cela traduisait toute l’ambition qu'elle pouvait renfermer dans son si petit être. Tout en continuant de grignoter son beignet à petite bouchées, elle continua, les yeux vers le ciel.

    -Même si ce soir on se fait piéger, on pourra leur régler leur compte les doigts dans le nez ! Et quand on aura retrouvé mon frère, ça sera au tour du Pontife.                



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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Jeu 2 Jan - 0:50

L'entraînement se passait bien. Seles progressait encore et toujours, impressionnant toujours le blondinet. La détermination de la jeune fille y était pour beaucoup. Oui, elle était douée, aussi.

-Tu t'améliores, mais tu es encore loin de mon niveau.

Aeron tira la langue pour achever de la taquiner et ils continuèrent avec une rouquine qui faisait mine de prendre la mouche pour aussitôt se raccrocher au bras de son chevalier. Ils marchaient ainsi, juste contents d'être toujours ensemble, inséparables.

-Le Pontife attendra. L'important et de se sortir d'ici et de trouver ton frère ensuite s'il ne nous trouve pas ici. Quoiqu'il arrive, on s'arrangera pour que vous vous retrouviez.

Le retour dans la chambre se fit sans encombre. Ils n'allaient pas dîner, non. Il y aurait sûrement des choses à grignoter et ce n'est pas comme s'ils avaient faim. Seles avait à peine fini d'avaler son beignet. Aeron était un peu inquiet. A ce rythme, son corps ne pourrait pas tenir très longtemps. Elle finirait par ne plus avoir assez de force et de tomber malade. L'exsphère l'aide bien entendu à combattre les maladies, mais serait-ce suffisant si elle ne s'alimente pas assez ? Aeron passa rapidement à la douche et sortit avec juste sa serviette autour des hanches. Ils n'avaient pas vu le temps passer et il fallait se presser pour être à peu près à l'heure au bal. Il manque de percuter Seles en se pressant de sortir de la salle de bain et en se dirigeant vers ses affaires. Pour s'excuser, il lui donna à nouveau un bisou sur la tête. Il laissa une Seles rougissante entrer dans la salle de bain pendant qu'il se changeait rapidement. Ses vêtements achetés il y a peu étaient pile à sa taille et lui allaient bien. Après un peu d'attente... bon, en fait, beaucoup d'attente. Il vit Seles sortir. Il ne lui manquait plus que le masque à elle aussi. Elle était tellement belle. Malgré le fait qu'elle aurait un masque, elle avait pris soin de toute son apparence.

Le blondinet prit un masque et s'approcha d'elle avec un sourire. D'un hochement de tête, Seles autorisa son chevalier à mettre ce masque sur son visage. Il approcha les mains, repoussa une mèche qui tombait, joua quelques secondes avec. Il affichait un sourire niais devant la beauté de ces cheveux et du visage qu'ils encadraient mais il se reprit pour installer le masque. Apparemment, il était confortable. En tout cas, Seles n'eut pas à se plaindre. Elle alla se regarder dans le miroir, puis, apparemment satisfaite, revint vers Aeron pour lui mettre le masque également. Une fois que tout fut prêt, Aeron empaqueta rapidement ses affaires en cas de départ précipité, et les deux partirent vers l'ascenseur, puis sortirent. L'air commençait à devenir frais. Tout allait bien. Seles à son bras, Aeron se dirigea vers le bâtiment le plus lumineux du coin. Le bal commençait déjà, mais leur retard était encore dans la marge de normalités. Aeron espérait que tout irait bien. Après tout, ils se jetteraient peut-être dans la gueule du loup. Il crut apercevoir une ombre au loin, des cheveux rouges. Il pensa d'abord à Zelos mais il croisa le regard de cette personne qui semblait se presser pour aller vers l'hôtel. Ce n'était pas Zelos Wilder. Il s'agissait probablement d'un noble en retard pour le bal qui se dépêchait pour se changer. En s'approchant, de la fête, Aeron se résolut à se tourner vers Seles.

-Seles, je sais que ça ne va pas te plaire, mais si tu dois parler, fais toujours très attention à les brosser dans le sens du poil. Les nobles sont orgueilleux, vaniteux et insupportables, mais à leurs yeux et à ceux de la loi... tu n'es que... tu es une demi-elfe. J'ai honte de ce système mais il va falloir jouer le jeu. Certains auront des servantes demi-elfes et je serai obligé de dire la même chose de toi, que tu es... une servante qui est là pour me tenir compagnie pour la soirée. Je suis désolé de t'imposer ça. Tu as le droit de parler, bien sûr, mais retiens-toi si une pique acerbe comme tu sais les faire te vient.

Demander cela à la personne qu'il aime était une torture pour Aeron. Il admirait Seles pour sa franchise, sa manière de dire les choses sans ambage. Si elle pensait du mal de vous, elle dirait du mal de vous. L'hypocrisie était la pire des choses pour elle. Cela était une grande qualité aux yeux du blondinet et voilà qu'il lui demandait de se refréner. Il espérait vraiment que Seles arriverait à se retenir. Aeron voyait les gardiens à l'entrée qui vérifieraient vaguement leur tenue et le masque, puis ils se retrouveraient entourés de plein de nobles. Aeron se voyait déjà devoir discuter avec des filles. Certaines seraient de jeunes femmes intelligentes, avec un bon sens de discussion, mais d'autres non. Le pire serait si elles disaient du mal de Zelos... Il fallait espérer que Seles prendra son mal en patience.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Jeu 2 Jan - 12:01




Sélès Wilder
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    Bon il y avait plus entraînant comme encouragements, mais au moins, cela lui donnait envie de se surpasser plus et plus encore. Arriver au niveau d'Aeron ? C'est sûr qu'elle avait encore du chemin pour en arriver là, elle n'avait pas reçu de formation militaire, elle ! Elle était plus jeune aussi, peut-être qu'arrivée à l'âge du blond, elle serait à son niveau d'aujourd'hui … Mais lui, il se sera aussi expérimenté. Elle n'avait pas le choix, elle devait s’entraîner encore plus dur que ça pour le surpasser, et progresser plus vite que lui. Il se montrait très confiant en elle, mais elle voulait malgré tout lui montrer à quel point elle était forte, à lui et Zelos également. Mais l'entraînement était fini pour aujourd'hui, il était plus que temps de rentrer pour se préparer à présent.

    Aeron prit la salle de bain le premier, laissant le temps à la demoiselle de réunir ses affaires et de bien préparer son petit sac à main. C'est qu'elle était impatiente de partir, tout de même. Dire qu'en arrivant, elle se voyait bien passer sa vie ici, à flâner, à profiter du soleil et des glaces. Maintenant, elle exécrait cette ville plus encore que son Abbaye. Car c'est là-bas qu'elle avait grandi après tout, c'était le seul endroit au monde qu'elle pouvait vraiment considérer comme « chez elle ». Même si l'ennui y régnait souvent, malgré les multiples tâches qu'elle y avait à accomplir, ce n'en était pas moins un endroit qu'elle considérait encore comme familier, avec un quelque chose de chaleureux. Elle s'y sentait plutôt en sécurité, jusqu'à ce qu'elle apprenne ce qui aurait pu lui arriver si elle y était restée. Elle regrettait tout de même sa chambre parfois, ne se rendant compte de son confort – au moins spirituel – qu'après s'en être tant éloignée, depuis si longtemps.

    Elle se dirigeait vers le dressing pour prendre sa robe de soirée quand un Aeron sauvage et quasi nu jaillit de la salle de bain sans prévenir, elle le percuta, ne se rendant compte de son accoutrement qu'une fois qu'il lui déposa un petit bisou sur la tête avant de s'éloigner. Elle le suivit un instant du regard, alors que ses joues s'empourprait. Elle se figura qu'elle était tout simplement gênée de lui être rentrée dedans, mais avouons-le, ce n'était pas moins la crainte de voir cette petite serviette chuter par mégarde ou tout simplement de la vue de son torse finement sculpté. Ce n'était pas la première fois qu'elle le voyait torse nu, mais c'était bien la première fois qu'elle le regardait vraiment. Il n'était pas de ces gros baraqués bodybuildé, il était même plutôt gringalet, mais il avait une musculature assez présente et raffinée pour ne pas le rendre maigre à proprement parler. Un peu comme Zelos, quoi qu'un peu plus mince et étroit d'épaule ? Bon, mademoiselle, détournez le regard tout de même, ça ne se fait pas de détailler les gens comme ça.

    Elle alla s'enfermer dans la salle de bain pour une bonne douche. Cette fois, elle était bien trop stressée par la soirée pour penser à quoi que ce soit d'autre. La peur au ventre, elle tentait de relativiser, de se rassurer, mais rien n'y fit, elle avait l'estomac tout retourné. Elle qui avait tant rêvé de liberté et d'aventure, elle en arriva à vouloir tout simplement rentrer chez elle, et rester cachée sous sa couette. Enfin, elle prit beaucoup de soin à se préparer, se disant qu'elle devait être absolument irréprochable puisqu'elle serait ainsi entourée de tant de nobliaux. Coiffure impeccable, tenue impeccable, elle dégageait un doux parfum de violette. Heureusement que c'était un bal masquée, cela était déjà d'un grand réconfort non négligeable.

    Elle sortit enfin de là, Aeron était prêt lui aussi. Il était très élégant ainsi, mais elle devait avouer qu'elle le préférait avec sa tenue de guerrier et ses pièces d'armures. Peut-être cela venait-il de sa nouvelle exécration particulièrement contre les nobles. Et puis, rien de tel que de vagues pièces d'armure pour vous donner un peu plus d'allure et surtout, vous donner un sentiment de puissance et de sécurité ! En parlant de ça, elle avait laissé son épée et son bouclier bien au chaud dans son sac à main, qu'elle ne quitterait bien sûr pas de la soirée, tout comme elle ne le quittait jamais habituellement. Et gare à celui ou celle qui voudrait l'en éloigner …

    Le blondinet s'approcha d'elle avec un masque. Sélès l'observa un bref instant avant de hocher doucement la tête, le laissant lui mettre délicatement. Une fois installé, elle alla se regarder dans le miroir, rajustant un peu ses cheveux et sa tenue, plus par réflexe que par réelle nécessité. Cela ne se vit bien sûr pas, mais elle eut un petit sourire satisfait qu'Aeron dut bien sentir pourtant. La petite renarde retourna vers son chevalier et se mit sur la pointe des pieds pour lui mettre son masque en retour – et monsieur eut bien l'obligeance de se pencher pour l'aider à atteindre sa jolie petite tête chevelue. Leur accoutrement semblait convenable, alors il partirent sans plus attendre vers leur destination. En chemin, Sélès elle aussi fut bercée d'un très brève espoir vain, en voyant une petite silhouette rouge vive attirer son regard. Mais il ne lui fallut pas même une fraction de seconde pour se rendre compte qu'il ne s'agissait pas de son frère, et elle se désintéressa aussitôt de l'homme qu'ils venaient de croiser.

    Son cœur battait de plus en plus vite et de plus en plus fort à mesure qu'ils approchaient des festivités. Elle avait beaucoup d'appréhension quant à cette soirée, et elle était en train de se figurer une variétés de scénarios impensables quand Aeron l'arrêta pour mettre quelques détails au clair. Oui, elle : demi-elfe, eux : trou du cul. Elle le savait bien, mais elle l'avait presque oublié. En fait, elle s'était imaginée pouvoir passer inaperçue ce soir, ces idiots d'humains n'auraient jamais pu deviner qu'elle était demi-elfe, mais c'était sans compter leur traîtresse de servante qui s'empresserait de la dénoncer, comme cette démone qui lui avait fait tant de mal. Ça, non, elle ne pourrait jamais digérer qu'un demi-elfe puisse nuire à un autre demi-elfe. Comme s'ils n'étaient pas assez brimés part les autres races, il fallait qu'ils se tirent dans les pattes entre eux !?! Ah, des baffes, voilà ce qu'ils méritaient !

    Sélès était un peu contrariée, mais pas contre Aeron. Finalement, elle lui était plutôt reconnaissante à lui, de l'avoir remise en garde contre cette vermine. Tant pis, l'heure sa vengeance sonnera un beau jour ou l'autre! Elle n'y manquerait pas, il suffisait qu'elle s'arme de patience. Elle hocha doucement la tête, voyant comme Aeron essayait de tempérer ses propos pour ne pas la blesser, elle décida de ne pas lui en tenir rigueur. Ce n'était pas de sa faute, de toute façon. Une chose est sûre, en tout cas, avec des êtres pareils, c'est qu'elle ne risquait pas de l'oublier, ça, qu'elle était demi-elfe !

    -Ne t'inquiète pas, dit elle d'une petite voix un peu crispée, je suis trop stressée pour parler de toute façon ….

    Elle ajouta à cela un petit rire nerveux et tapotant, tout aussi nerveusement, le bras d'Aeron pour tenter de le rassurer, et peut-être également dans l'espoir de se détendre elle-même. Ils s'approchèrent enfin de la salle de réception, rencontrant les vigiles à l'entrée. L'avantage du masque, c'est que ses émotions ne se sentirait pas au moins. Par exemple, là, elle les foudroyait d'un regard meurtrier alors qu'ils vérifiaient qu'ils n'avaient rien de dangereux sur eux, n’interprétant pas le tout petit sac de la renarde comme potentiellement armé. Ils purent donc entrer sans encombre, même si le moment fut d'un stress intense pour la rouquine, qui restait collé à son chevalier, comme un petit animal craintif.                



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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Jeu 2 Jan - 18:03

Les vigiles firent leur travail sans fouiller le sac de Seles, voilà qui était plutôt positif. La salle dans laquelle ils entrèrent était particulièrement luxueuse. Les lustres éclairaient tout d'une lumière flamboyante et tous les nobles autour d'eux, malgré leurs plus beaux vêtements, ne pouvaient rivaliser avec les décorations sur les murs. Les discussions se tenaient un peu partout dans la salle dans un foule éparse, partagée en petits groupes. Aeron avança, toujours Seles à son bras. Il regarda autour de lui, admirant les masques et essayant de deviner l'identité de ceux qu'il pouvait connaître. Il en reconnut bien quelques uns à leurs cheveux pour les plus extravagants ou à une manière particulière de se tenir. Cependant, personne qu'il ne connaissait très bien n'était présent... tout du moins, c'est ce qu'il croyait.

-Coucou Aeron !

Le jeune homme eut un sursaut qui trahit aussitôt son identité. Décidément, il devait faire plus attention. Il se tourna vers celle qui l'avait surpris. Une toute petite blonde aux longs cheveux tombant jusqu'à ses chevilles lui faisait face. Son masque était celui d'un loup. La chevelure était impossible à manquer et Aeron savait que malgré sa petite taille, son interlocutrice avait à peu près son âge. Il répondit sans hésitation.

-Victorica ! Quelle surprise ! Comment vas-tu ?

-Bien, bien, et toi ? Pas trop dur pour la mort de ton frère ?

La question lui glaça le sang. Non, la jeune fille ne savait pas que c'était lui et sa voix était réellement inquiète. Aeron avait détesté la plupart des nobles, mais pas celle-là. Non, Victorica était comme une perle au milieu de la boue. Cela lui rappelait pas mal de souvenirs.

-Ça va. Je préfère ne pas trop y penser. Mais parlons d'autre chose, tu n'as pas beaucoup grandi par rapport à mes souvenirs.

-Idiot, c'est une manière de parler à une dame, ça ?

-Et traiter d'idiot comme ça n'est pas digne d'une dame non plus, je te signale.

Et les deux rirent de bon cœur. Oui, elle avait été l'une de ses rares amies dans ce monde de nobles pourris. La revoir était une surprise, mais une agréable surprise. La première depuis pas mal de temps après tous ces événements plutôt funestes.

-Vu l'attitude de ta compagne, je suppose qu'il s'agit d'une demi-elfe. Inutile de sursauter, rouquine, tu ne fais que mettre plus en avant ta vulnérabilité. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure que tu es stressée et que tu as peur qu'on te reconnaisse. Il m'a suffit de ça pour deviner que tu étais une demi-elfe... Un instant, ces cheveux... Aeron, dans quoi t'es-tu embarqué cette fois ?

La jeune fille était toujours aussi perspicace. En quelques regards, elle avait tout deviné. Elle savait qu'Aeron avait été à l'Abbaye du Sud-Est. Elle avait déduit le reste de manière logique en se basant sur ce qu'elle connaissait du jeune homme.

-Tu es toujours la même... Comment te dire...

-Ha ha ha ! Je t'ai eu ! Tu as cru à ma blague directement. Présente-moi donc ta compagne.

Ce n'était pas une blague. Elle avait clairement deviné qui était Seles. Son rire était d'ailleurs tout sauf crédible... Victorica n'avait jamais réussi à simuler un rire correct. Aeron se prêta cependant au jeu.

-Je te présente... Helena.

-C'est un plaisir de te rencontrer... Helena. Sois moins crispée, je ne vais pas te manger.

-Au fait, Victorica... Tu ne m'en veux pas d'être parti sans rien dire de Meltokio ?

-Je devrais t'en vouloir pour avoir fait capoter ce qui devait être le jour le plus important de ma vie ? Mon mariage avec toi ?

Elle laissa volontairement un blanc dans la discussion avant de reprendre.

-Crétin, tu sais tout comme moi qu'aucun de nous deux ne voulais de ce mariage arrangé. Ton père veut juste le prestige de ta famille et le mien celui de la tienne. Bande de triple idiots. Tu as intérêt à ne pas te faire attraper. Si jamais ils arrivent je ne sais comment à te blanchir, je refuse d'avoir à épouser un blondinet dans ton genre. En tant que possible futur mari, tu me rebutes !

Ces mots étaient durs, fermes, mais Aeron y était habitué. Quand Victorica avait quelque chose à dire, elle n'y allait pas par quatre chemins. Cependant, elle n'était pas quelqu'un de méchant.

-Cependant en tant que connaissance, voire même ami, ça peut aller, j'imagine.

Venant d'elle, cette déclaration voulait tout dire. Aeron espérait que Seles ne serait pas trop perdue et qu'elle ne se sentait pas trop mal de ne pas pouvoir vraiment parler. Ce fut à ce moment qu'une personne qu'Aeron ne voulait pas voir sortit de la foule pour poser une main sur l'épaule de Victorica.

-Coucou ma petite blonde préférée ! Je ne t'avais pas vue parler comme ça sans perdre patience depuis Aeron... Hein ? Mais... ces cheveux. Aeron ! Ça faisait si longtemps, tu es de retour dans le coin !

-Ehm... Misty ! On était en pleine discussion, là...

-Non, c'est bon, je vais aller manger au buffet. A plus, vous deux !

Aeron maudit intérieurement Victorica de le laisser face à cette enfant gâtée de Misty, mais il savait aussi que la blonde ne supportait que très peu de gens. Misty étant insupportable aux yeux de beaucoup, cela devait être encore pire pour elle. Il aperçut Seles faire un léger signe de main à Victorica qui le lui rendit. Les deux auraient pu être amies s'ils n'étaient pas deux fugitifs dont une demi-elfe au milieu d'une foule de nobles. De son côté, Misty avait rameuté ses amies. Voilà le blondinet face à un groupe de jeunes écervelées élevées dans des palais dorés. Décidément, il était plus reconnaissable qu'il l'aurait cru. Comment se débarrasser d'elles ? Finalement les choses ne prirent pas une trop mauvaise tournure. Les jeunes filles discutèrent de différents sujets. Certaines d'entre elles se montraient plus intelligentes et plus intéressantes à discuter avec que Misty. Aeron usa de tous ses talents avec deux d'entre elles dans un long débat sur les manigances politiques d'une famille ou d'une autre. C'était intéressant, ne pas mentir mais mettre en avant des arguments percutants tout en tentant d'ébranler les fondations du raisonnement de son adversaire. Aeron redécouvrait les plaisirs d'un jeu qu'il n'avait pas eu l'occasion d'exercer depuis longtemps. Vint alors le sujet qu'il voulait éviter, surtout en présence de Seles.

-Vous avez entendu la nouvelle au fait ? Zelos Wilder s'est échappé de la capitale ! Vous croyez vraiment qu'il a pu trahir tout le monde et conspirer contre le monde ?

-Hmpf, ce bellâtre m'a laissée dans mon lit alors que mes parents se demandaient ce qu'il se passait. Un peu plus et ils m'auraient découverte en train de le faire avec lui.

Aeron sentit son bras se faire écraser par une pression qui était clairement due à la colère. Seles Wilder rageait. Était-ce à cause de ces filles qui médisaient de son frère ou parce qu'on lui rappelait le côté volage de ce dernier ? Dans tous les cas, il participa au débat comme si rien de particulier ne se passait.

-Cependant, il est parti avant que vous soyez découverts en train de le faire. Il a fait attention. J'ai remarqué que de toutes les femmes qui prétendaient avoir eu Zelos Wilder dans leur lit, aucune n'a été surprise et aucune n'a eu de grandes conséquences négatives leur retomber dessus. Il reste discret sur le sujet, en un sens. Il ne reste plus que les rumeurs et on ne peut pas savoir qui croire. Je pense qu'en un sens, malgré son côté volage, il reste gentleman, en quelque sorte. Et non, je ne le vois pas trahir Tesse'halla. Il a toujours été l’Élu, il a profité de sa condition pour certaines choses mais a clairement montré son attachement à ce monde, surtout à certaines personnes en ce monde. Il ne le trahirait pas comme cela. Ensuite il y a cette ninja qui est recherchée également. Peut-être a-t-il été trompée par elle ? Elle a pu l'ensorceler avec une magie de son village secret ou tout simplement le tromper avec des manigances purement stratégiques et humaines. On ne peut rien savoir, et donc rien juger. Sur ce, mesdemoiselles, je m'en vais danser avec ma compagne de ce soir.

Seles avait cessé de lui écraser le bras pendant sa tirade et bien qu'elle était maintenant tendue, sûrement à l'idée de devoir danser, elle se laissa mener.

-Oh, Aeron, le nouvel héritier de la grande famille Valerius devrait avoir une compagne de danse plus digne qu'une servante demi-elfe.

Cette phrase, Aeron la redoutait, il se doutait qu'elle sortirait à un moment. Il avait cependant déjà réfléchi à une parade.

-Voyons, si l'héritier de la famille Valerius prenait une dame noble à son bras pendant la fête mais pas toutes les autres, des rumeurs se mettraient en marche aussitôt. Je préfère faire mon choix au bon moment, avec beaucoup de réflexion. Soyez sûre, Misty, que je n'oublierai pas ce que je pense de vous.

Cette phrase voulait à la fois dire tout et rien. Misty y perçut une promesse, des sentiments enfouis, Aeron, lui, n'y voyait qu'une échappatoire. Oui, il n'oubliera pas ce qu'il pense d'elle. Elle était une sale gosse pourrie gâtée insupportable. Elle n'était pas méchante, dans le fond, mais totalement inintéressante. Le blondinet emporta la rouquine dans une danse calme. Elle était tendue, stressée. Elle n'avait probablement jamais eu l'occasion de danser ainsi.

-Calme-toi. Laisse-toi guider, suis mes mouvements. Ça ne devrait pas être plus difficile que l'entraînement de cet après-midi, quand même !

Il lui adressa un grand sourire joyeux avant de se souvenir qu'elle ne pouvait pas le voir. Peut-être le devinerait-elle malgré tout. Ils se connaissaient tellement bien, maintenant. Ce moment pourrait durer une éternité que cela ne dérangerait pas Aeron. Quand ils auraient fini de danser, ils iraient probablement sur le balcon un peu plus loin pour profiter de l'air frais. En attendant, ils avaient tout le loisir de profiter de la soirée. Seule Victorica avait découvert l'identité de Seles.

-Ne t'en fais pas pour Victorica. C'est l'une des rares personnes que j'ai pu considérer comme une amie pendant mon enfance. Mon père voulait me marier à elle pour que sa famille pense avoir une dette envers lui et en profiter. Au final, on s'entendait bien, mais ça n'allait pas plus loin pour nous. Elle est franche et honnête, elle ne trahira pas notre secret. Que penses-tu d'elle, d'ailleurs ? Et j'espère que tu n'en veux pas à Misty et aux autres. Elles ne sont pas méchantes.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Ven 3 Jan - 18:37




Sélès Wilder
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    Quelle angoisse d'être ici en se disant que tous ces gens pouvaient très bien faire partir d'un piège, ou que, chaque recoin, chaque porte, cache angle mort puisse cacher un chevalier Pontifical prêt à leur sauter dessus pour les rosser et les ramener au Pontife, où un sort bien sombre les attendrait. Restant bien collée à Aeron, la main gauche de Sélès restait sur son sac avec précaution, prête à sortir son arme à tout moment. Elle était peut-être un peu trop sur les nerf, encore heureux que son masque cache beaucoup de son humeur. Mais elle était tellement à cran que son aura devait en être parfaitement palpable. Elle était pourtant bien décidée à sortir crocs et griffes s'il le fallait, mais elle n'était pas dupe à ce point, elle savait qu'en cas d'embuscade, ils auraient beau lutter – et ils le feraient – ils seraient malgré tout fichus au bout du compte. Et c'est avec cette pensée qui la hantait que la demoiselle devait malgré tout garder contenance au milieu de tout ce beau monde. Elle les observait avec un certain mépris, un mépris pour ces humains, pour ces nobles qui se croyaient supérieurs, pour ces demi-elfes qui les servaient. Certains n'avaient peut-être pas le choix, tout comme Elena, tout comme cette fille qui servait Jirall, mais elle n'était pas disposée à le comprendre. Non, elle ne pouvait pas. Si bien qu'elle en vint à mépriser l'ensemble de ces gens, sans même les connaître. Elle les jugeait tout comme ils la jugeaient d'être demi-elfe. C'était la haine qui engendre la haine, mais elle partait du principe que c'était eux qui avait commencé, pourquoi ce serait à elle de faire un effort ? Ho, Martel bénisse ce masque qu'elle portait ! Elle aurait eu tellement l'air mal aimable sans ça !

    Plus elle observait ces utricules petits nobliaux, proliférant et fourmillant dans leur petit monde, mettant tant d'importance en des codes parfaitement inutiles et imbus, plus elle les haïssait, et plus elle avait envie de les détruire. Et cette haine, cette rage dévorante lui rongeait les tripes la rendaient malade une fois de plus. C'était d'autant plus virulent que les autres fois, qu'ici, elle n'en avait pas seulement contre son propre corps, non, c'était toutes ces personnes qu'elle voulait détruire, et elle se fit elle-même peur en réalisant pourquoi elle avait tant envie de les massacrer. Pourquoi ? Parce qu'ils existaient, tout simplement. Ces filles respiraient, vivaient, parlaient, riaient, sans se soucier des problèmes des miséreux, des demi-elfes, de SES problèmes. Autant de raisons idiotes qu'elle reprochait à ceux qui discriminaient les demi-elfes, mais n'était-ce pas justice de leur retourner leurs vices ? Cependant, plus cette haine montait en elle, plus elle se rendait compte à que point son chevalier était exceptionnel. Oui, il était le joyaux unique qui sortait du lot, le seul qui pouvait la comprendre et l'aider, le seul qui pouvait lui procurer ce sentiment de sécurité. Oui, il valait tellement mieux que tous ces déchets !

    C'est alors que surgit de nulle part, une petite demoiselle à l'incroyable longue chevelure blonde. Ce ne fut pas sans rappeler à la renarde ce conte de la princesse à la chevelure permettant à son prince de gravir sa tour pour venir la voir. C'était une grande preuve de richesse, là encore, pour entretenir ça … Sélès était un peu méfiante, et le fait qu'Aeron l'accueille avec familiarité n'y changea strictement rien. Et rien ne s'arrangea par la suite. Sélès sursauta devant les accusations de la petite prétentieuse. Non, toi, tu n'aurais pas fait la maline bien longtemps si elle n'avait pas l'obligation de rester silencieuse. La rouquine fronça les sourcils sans se retenir, son masque, bénit soit-il, cachant la totalité de son visage. Elle la foudroyait du regard et s'était crispé sur le bras d'Aeron. Un peu plus et elle lui collait une beigne. Mais vraiment.

    *Pour qui elle se prend, cette petite pimbêche prétentieuse ? Tu ne sais rien de rien, salle gamine pourrie gâtée jusqu'à la moelle. Je ne me cache pas en tant que demi-elfe, pauvre idiote, j'assume parfaitement mon sang, et je m'estime bien mieux que vous autres humains. Alors ferme-là, tu ne sais pas de quoi tu parles, tu ne sais pas ce que l'on risque ce soir, tu ne sais rien, tu ne sais rien de moi, de ce que j'ai traversé. Alors ferme-là. Et je t'emmerde. *

    Non, elle n'avait pas du tout apprécié ses remarques. Mais alors pas du tout. Elle se moquait bien qu'elle ait connu Aeron étant petite, elle se moquait bien qu'ils puissent être amis ou fiancés de force. Elle se moquait de ce qu'elle pensait, elle se fichait complètement de ce que cette fille pouvait dire ou penser. Elle se moquait de son existence, tout ce qu'elle voulait, c'était de la faire taire, et qu'elle arrête de lui parler comme si elle la connaissait. Elle se croyait maline en devinant qui elle était juste de par sa présence et la couleur de ses cheveux ? Tant mieux pour elle si ça peut lui donner un peu de piment à sa morne vie de noble, elle aura quelque chose de rigolo à raconter à son journal intime !

    -C'est un plaisir de te rencontrer... Helena. Sois moins crispée, je ne vais pas te manger.
    * Et bien il se pourrait que moi je te bouffe si tu arrêtes pas de me prendre de haut comme ça. co*µ@$*£ *

    Veuillez excuser mademoiselle Wilder, elle est un peu soupe-au-lait ce soir. Mais rien de plus insupportable qu'une fille comme ça qui croit tout savoir et s'en vante allègrement. Bon, elle n'était pas non plus très flattée qu'Aeron ne l'ait ni plus ni moins nommée comme son ancienne servante. Ce n'est pas qu'elle n'aimait pas Elena, bien qu'elle ait un peu changé d'avis sur elle, vis à vis de sa situation qu'elle avait malgré tout choisie, mais sans ça, c'était assez vexant. Elle n'aurait pas bien su expliquer en quoi, à vrai dire, mais voilà, ça manquait d’originalité, comme si elle n'était qu'une Elena parmi tant d'autres.

    Elle se mâchouilla nerveusement les lèvres pour tenter de se contenir et resta bien silencieuse alors que son chevalier et ses vieilles connaissances évoquaient le passé. La blonde débarrassa le plancher pour laisser place à des petites pimbêches encore pire. Quoique, elles au moins, elles n'avaient pas l'affront de lui adresser la parole pour la prendre pour une imbécile. Ils discutèrent donc longuement en faisant comme si elle n'existait pas, mais à la limite, elle préférait ça. Sélès, elle, s'occupait comme elle pouvait en regardant autour d'elle, trouvant la conversation totalement puérile et inintéressante. C'était juste une bataille de coqs et de poules qui cherchaient à avoir raison, ne semblant même pas entendre ce que l'autre racontait. Bref, ce n'était pas très constructif, et très fatiguant pour rien. Cependant, son oreille fut attirée par l'évocation de son frère. Elle se crispa à nouveau sur le bras du blond, foudroyant ces deux petites impertinentes du regard. Comment osaient-elle parler de Zelos de cette façon ? Elle seule avait le droit de dire du mal de son frère ! C'était réservé, un privilège familial dont elles ne bénéficiaient pas.

    *Espèces de petites gourdes, je vous interdis de parler de mon frère comme ça ! Tu te vantes de ça en faisant les courroucées juste pour faire ton intéressante, mais tu n'es qu'une sale petite traînée ! Je suis sûre que mon frère ne t'a même pas touchée, mais t'aimerais bien, mais ça ne s'est pas passé et donc tu crèves de jalousie. Si un jour j'ai le malheur de te croiser en dehors de cette salle, je te ferai ravaler ta fierté et après ça plus personne ne voudra te parler tellement j'aurai fait ressortir ta pourriture intérieure sur ton visage.*

    Elle s'étonnait elle-même de pouvoir renfermer tant de rage et de violence et bénissait décidément la déesse de lui permettre de pouvoir encore se tenir. Elle se mastiquait tellement la lèvre qu'elle s'en fit légèrement saigner. Heureusement, Aeron la brossa dans le sens du poil, prenant vaillamment la défense du rouquin et donna même la petite touche non négligeable : dénigrer cette sorcière de ninja de Mizuho qui était à l'origine de tout ça ! Bon d'accord, ça va un petit peu mieux, elle ne les tuerait peut-être pas.

    Elle tenta de reprendre son calme, mais alors qu'Aeron l'invitait à danser, cette peste ramena sa science. Elle voulu lui montrer de quoi était capable une 'simple servante demi-elfe', mais Aeron tempéra la situation et ils entamèrent une valse calme et apaisante. Sélès était angoissée, frustrée et très énervée, alors elle avait un peu de mal à se concentrer. C'est sûr, elle n'avait jamais assisté à un bal, mais Zelos lui avait appris à danser. Elle n'avait jamais dansé qu'avec lui, c'était un petit moment intime qu'elle aimait partager avec lui, et à mesure que les pas s’enchaînaient, elle découvrait qu'elle aimait le partager avec Aeron également. Elle pouvait juste voir ses jolis yeux d'ambre derrière le masque, et elle regrettait de ne pouvoir le contempler plus amplement. Cependant, il y a une question qu'Aeron n'aurait pas dû poser. Ce qu'elle pensait de toutes ces petites prétentieuse ? Elle se voyait mal le dire alors que cette blonde, justement, était une amie de son chevalier. Elle haussa alors simplement les épaules, traduisant son indifférence, ainsi qu'un certain mépris. Elle n'avait pas envie de parler de cette prétentieuse, de cette vantarde qui voulait épater la galerie. Elle préféra changer de sujet.

    -Quand devons-nous rencontrer ce … duc ? J'ai hâte qu'on en finisse … Elle maqua une pause, et se dit qu'elle devait tout de même ajouter quelque chose. Aeron … merci … D'avoir pris la défense de mon frère.                 



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MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Sam 4 Jan - 1:54





 
"> La mort est une chose inévitable. Tout ce qui naît est condamné à disparaître, tôt ou tard.  Aussi, la mort de Jirall Valerius, noble de naissance, n'était pas bien étonnante  en soit.

Pourtant Asch était en proie à une question : Pourquoi ?
Pas pourquoi était-il mort, non. Il n'en avait que faire.  Pourquoi s'était-il senti obligé de se faire décapiter alors que le Sanguinaire -surnom assez sordide, je vous l'admet- était dans les parages? Cette idiotie valait la pire des corvées aux yeux du rouquin, qui se retrouvait à traîner les pieds à Altamira, ville scintillante de richesses et inondée par une beauté tombée du ciel. Eh non, pas de repos, de sable chaud et de pieds dans l'eau pour le rouquin, mais bien du sang et des têtes solitaires au programme.

Il faut bien avouer que la scène avait été très bien orchestrée, apparemment ! Très réaliste, mais très fausse.
Un ''V'' était habillement gribouillé sur le mur, et une lettre manuscrite émanant du Vanguard fut trouvée sur le corps du défunt nobliau, d'après l'hôtesse encore chamboulée de sa découverte, que Asc s'empressa de questionner.
Ah, les langues des âmes sensibles et choquées sont si facile à délier. Elle n'avait pas tenu longtemps avant de raconter toute la scène qui avait marqué son petit crane de piaf à un jeune rouquin qui lui faisait les yeux doux. Quel soulagement avait-elle dut ressentir en dévoilant ce qui lui avait  été interdit par ses patrons à un prétendu chevalier pontifical.
C'est vrai, ces courageux soldats chassent le Vanguard, il n'y a donc aucune raison de les tenir éloignés de cette affaire. Cela ne risquerait aucunement d'entacher la réputation du bâtiment.  Non?
En tout cas, c'est ce qu'elle se dit pour se rassurer, tandis qu'elle déblatérait son flot de détails morbides, offrant au passage de petits commentaires inutiles tel que son avis sur les menottes attachées au lit, ou sa petite hypothèse cochonne sur la relation entre les deux victimes à son interlocuteur. Des informations bien peu palpitantes, qui ont bien failli assommer Asch à plusieurs reprises.

En parlant d'assommer, le pseudo-garde religieux l'aurait bien fait taire, cette greluche à la langue bien pendue. Dommage que ça lui était impossible. Après plusieurs tentatives, il réussit néanmoins à prendre congés de mademoiselle papote et partit mener sa petite enquête personnelle. Direction la « scène de crime ». Il entra sans grand mal, et fouina chaque recoin de la pièce. Le sol était encore marqué des empreintes des corps par du ruban adhésif , et le mur était toujours si brillamment décoré. Le sang avait séché et noirci. Asch ricana intérieurement, pensant au jour où les femmes de ménages auront à faire partir de telles taches.  Il laissa ses pensées moqueuses dans un coin de son esprit un peu dérangé, pour se concentrer sur des détails qui avaient été sans doute ignorés par les autorités d'Altamira. En même temps,ça se comprenait : pourquoi se seraient-ils pris la tête alors que le Vanguard avait avoué ses crimes dans une missive?
Ce genre de détails auraient vite changé la donne, pourtant.

Un simple cheveux roux trouvé sur l'oreiller, de légères taches sur les draps, des empreintes de pas encore incrustés dans la moquette.. Rien de bien folichon, certes. Mais cela suffisait à convaincre Asch de la présence d'une autre personne dans cette pièce.  Une personne aux cheveux cuivrés, plus précisément.
Ses recherches  le menèrent jusqu'à la chambre voisine, où loge le frère du défunt, d'après les dires de madame Blabla. Il s'invita sans encombres dans la chambre du cadet Valerius, et se permis d'y jeter un bref coup d'œil. Chance que le jeune homme ne soit pas là.
Le Sanguinaire en ressorti peu après, un doux sourire victorieux aux lèvres, et une poignée de cheveux roux  trouvés dans la salle de bain, dans la paume de sa main.

En une bonne demi heure, il avait plus avancé que les gardes de la ville en quelques jours. Il se permit une remarque silencieuse et arrogante à ce sujet, d'ailleurs. En même temps, il avait bien raison ! Quelle belle brochette de boulets que les gardes et les chevaliers, il faut bien l'avouer. Pas foutu de faire leur boulot correctement. Asch réprima une grimace de dégoût à la pensée de ses messieurs dans leurs jolies armures scintillantes, n'arrivant toujours pas à comprendre comment il avait pu faire parti d'une telle meute de bras cassés. Enfin, passons. Il était bien démit de ses fonctions -même s'il prenait toujours plaisir à se faire passer pour l'un d'eux. Une seule tache l'accaparait désormais : retrouver Aeron Valerius, et sa mystérieuse compagne aux cheveux flamboyants.










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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Sam 4 Jan - 21:08

Seles ne semblait pas enchantée par les filles nobles croisées. Rien d'étonnant. Ce n'était pas vraiment un monde auquel elle avait été habituée ni un monde très attirant au premier abord d'ailleurs. Elle posa la question pour le duc. C'était une très bonne question et Aeron en ignorait la réponse exacte.

-Il a été convenu qu'il me parle quand je serai au balcon. Nous avons un mot de passe. Je pense que nous irons après la danse, afin de ne pas éveiller les soupçons.

Ils continuèrent donc de danser. Seles semblait prendre plaisir à cela malgré le fait qu'elle restait plutôt tendue. Au milieu d'une danse entraînante, Aeron mit les mains à la taille de sa cavalière et la souleva du sol. Elle sembla surprise mais ne s'offusqua nullement de cette danse qu'elle ne semblait pas connaître. Elle continuait de se laisser guider et prenait des initiatives toujours bienvenues. Elle était douée pour cela. Décidément, y avait-il un domaine où cette fille n'était pas douée ? Difficile à dire ! Un peu essoufflé après cette danse, Aeron tendit la main à la rouquine et l'entraîna à pas lents vers le grand balcon. Personne ne s'y trouvait à ce moment précis. Les deux jeunes gens admirèrent la vue en silence. Aeron ne put cependant s'empêcher de regarder Seles. Ses yeux erraient sur la chevelure rousse. Il aurait voulu lui faire un bisou sur la tête mais avec le masque, c'était difficile. La jeune fille tourna la tête et Aeron se perdit dans les yeux azurs. Son cœur s'accélérait. Il ne pouvait s'empêcher de s'étonner de la force de ses propres sentiments pour elle. Mais comme chaque fois qu'il était heureux, quelque chose arrivait. Quelque chose qui n'était pas des plus appréciables.

-Salut mon mignon, tu me reconnais ?

Quelqu'un lui attrapa le bras et en se retournant, il vit une longue chevelure noire qui cascadait sur des épaules nues à l'exception d'une bretelle fine de chaque côté qui retenait une robe ouverte eu milieu, dévoilant la majorité de ses formes rebondies. Le bras d'Aeron était pressé contre cette masse purement féminine. "Oh non, pas encore !" Il avait reconnu la fille vue dans l'ascenseur la dernière fois. Non, pas la vendeuse de glaces amicale, non. Cette brune-là avait eu un comportement bien moins sympathique. Une deuxième arriva. Les deux avaient un masque symbolisant une jeune femme. Elles semblaient parfaitement identique par leur morphologie, leurs cheveux et leur masque. La deuxième parla sur le même ton que la première.

-Oh c'est lui ? Mmmmh il a un corps d'un véritable étalon, même s'il est fin. Alors mon grand, tu aimerais nous accompagner ?

Elle voulu prendre l'autre bras du jeune homme mais il restait accroché à Seles et l'aura meurtrière de la demi-elfe devait probablement filtrer au travers de l'idiotie de la nouvelle arrivée. Elle passa finalement un bras autour du corps du jeune homme pour se serrer contre lui, écrasant ses formes tout aussi avantageuses contre lui. Aeron était surpris mais parvint malgré tout à répondre.

-Non merci, je préfère rester là. Sans vouloir vous offenser, je ne suis pas certain d'apprécier votre compagnie.

Il sentit son bras droit se faire serrer encore plus et se retrouver pris entre les deux seins de la fille qui ne le lâchait plus. L'autre se serra encore plus contre lui et jeta un regard méprisant à Seles.

-Tu préfères la compagnie de demi-elfes, mon mignon ? Ce serait décevant ! Allez, viens.

-Je n'en ai pas envie.

-Ton corps semble pourtant avoir très envie.

Voilà quelque chose qu'il ne pouvait pas cacher. Il était manifeste que ces deux sangsues faisaient que l'excitation du jeune homme pouvait être vue de toutes les personnes présentes sur le balcon... c'est-à-dire lui et les trois jeunes femmes l'entourant. Il sentit une main contre son torse descendre lentement. Il n'osait pas bouger. Il aurait pu la repousser, mais l'une était accrochée à son bras droit, et l'autre bras tenait la main de Seles. Jamais il ne pourrait la lâcher comme ça. Elle était celle qui lui donnait le courage de dire "non" plutôt que de rester tétanisé comme un idiot. Il sentit la main atteindre le haut de son ventre. Sa destination était évidente. Cette vulgaire séductrice comptait l'exciter jusqu'à en faire son jouet. Cela n'arriverait pas.

-Laissez-moi !

Il n'avait pas eu le ton autoritaire qu'il espérait avoir et le sourire conquérant des deux brunes le prouvait. C'est alors que Seles parla. Elle ne devait pas commettre d'esclandre, mais là, c'était trop. Aeron l'avait rarement vue aussi énervée. Bien sûr, il ne la connaissait pas depuis si longtemps, mais toute la haine qu'on sentait dans les propos de la jeune fille était tellement palpable que les deux cibles de cette remarque lâchèrent le blondinet, trop surprises pour riposter aussitôt. Les mots de Seles avaient été prononcés de telle sorte que seules elles et Aeron puissent les entendre, mais pourtant le silence qui s'ensuivit donna l'impression que tout le monde l'avait écoutée. En réalité, la musique continuait, mais les trois individus stupéfaits n'en avaient juste plus conscience. Celle qui avait saisi le bras d'Aeron finit par se ressaisir.

-Dis donc espèce de sale morue demi-elfe. Tu crois avec une chance avec lui ? C'est un noble humain. Apprends à rester à ta place si tu ne veux pas finir comme esclave et te faire fouetter tous les jours. Attention, mon père est...

Aeron l'interrompit d'un geste de la main maintenant libre.

-Suffit ! Un seul mot, encore un seul, et vous le regretterez.

Les deux femmes reculèrent. La colère se lisait dans les yeux de celui qui, encore quelques instants plus tôt, avait un ton presque suppliant. Elles ne savaient pas comment réagir.

-Si vous voulez vous comporter comme des catins des bas-fonds, libre à vous, mais si j'avais voulu des vaches à traire, je serais parti en vacances en campagne. Rangez vos masses graisseuses et allez les agiter devant un autre. Si vous persistez encore une fois, un seul mot ou geste envers nous, j'irai voir votre père. Je suis assez influent pour le faire vous envoyer en abbaye jusqu'à votre mariage arrangé avec le premier vieux noble qui voudra assouvir ses désirs envers de la chair tendre. Maintenant, disparaissez.

Aeron s'étonnait lui-même de la véhémence de ses propos, mais elles avaient parlé en mal de Seles. Pire que cela, elles l'avaient menacée ! Personne ne ferait du mal à Seles, non, personne ! Pas tant qu'il serait là. Les deux brunes partirent donc sans demander leur reste. Elles avaient perdu toute leur grâce. On aurait dit des hyènes fuyant devant un lion qui réclame sa proie, la queue entre les jambes. Le blondinet se tourna alors vers Seles, mais celle-ci détournait les yeux et le rouge était visible au niveau de ses oreilles. Oui, le jeune homme n'était physiquement pas tout à fait calme.

-Je... je suis vraiment désolé de mon état. Je voudrais ne pas être comme ça. Je préférerais pouvoir me contrôler. Et... merci pour m'avoir sauvé de ces harpies. Je savais déjà que je pouvais compter sur toi, mais te voir en action me fait chaud au cœur.

La jeune fille avait de nouveau tourné la tête vers lui. Était-elle gênée ou en colère ? Il ne pouvait pas vraiment le dire. Peut-être un peu des deux. En attendant, ils restèrent là quelques temps, à admirer les étoiles qui se révélaient petit à petit, laissant à Aeron le temps de reprendre contenance. Au bout d'un moment, il se tourna à nouveau vers Seles mais quelqu'un d'autre approchait déjà. C'était un homme d'un certain âge mais impossible de voir son visage avec le masque.

-Bonsoir. Cette liqueur de Flanoir est une horreur ! Je n'aurais pas dû en prendre.

-J'en bois pourtant tous les jours dernièrement tellement je ne peux pas m'en passer.

Seles le regarda et Aeron perçut de la curiosité dans ses yeux. Elle devait probablement se demander de quoi il parlait, étant donné que le blondinet n'avait rien bu de tel.

-Cela pourrait être vrai si seulement cette liqueur avait existé. Je vous avez dit que ce mot de passe était stupide, Aeron.

-Certainement, duc, et c'est justement pour cela qu'il est efficace. Alors, comment vont les affaires depuis la dernière fois ?

-HA ! J'ai perdu les trois quarts de ma fortune en quelques jours. Je vois votre air surpris. En fait je me suis fait avoir... par elles, là ! Vous voyez ces deux délicieuses brunes ?

Il parlait de celles qu'Aeron avait dû envoyer paître avec l'aide de Seles. Heureusement qu'ils avaient des masques, sinon le duc aurait perçu à quel point le visage de ses interlocuteurs s'étaient rembrunis.

-Regardez-les partir aux bras de ce jeune noble. Vous pouvez être sûr qu'il perdra toute sa fortune dans les jours qui suivront. Elles m'ont fait le même coup. Je n'ai pas pu dire non, mais soyons honnête, quel homme le pourrait ? Elles sont irrésistible et on a beau le savoir, quand elles veulent quelque chose, les seuls mots qui sortent de la bouche de leur victime sont des "oui". Elles sont surnommées les sirènes. Elles ont débarqué récemment dans tous les bals, soirées de casinos et autres. Elles embobinent leur victime par leur charme, lui font passer la meilleure nuit de sa vie. Oh Martel ! Cette nuit restera gravée dans ma mémoire à jamais ! Je ne regrette pas tant que ça la perte de ma fortune !

Aeron posa son autre main sur celle de Seles. Il avait prévu la colère de celle-ci, mais cette fois, c'était parce qu'il ressentait la même. Cet homme se rangeait derrière des "On n'y peut rien" et ne regrettait finalement même pas de laisser ses pulsions guider sa manière d'être. Décidément, quelle honte ! Il fallait cependant rester poli.

-Continuez, je vous prie.

Le blondinet avait essayé d'être le plus calme et posé possible, mais il y avait une certaine tension dans sa voix. Le duc ne sembla pas s'en rendre compte, mais Seles tourna aussitôt la tête et l'observa quelques instants. Elle avait dû remarquer des détails dans le peu du visage qu'elle voyait ou dans les yeux qui montrait que le jeune homme était aussi énervé qu'elle pouvait l'être. C'est en sentant la deuxième main de la rouquine se poser sur sa main à lui qu'il comprit. Elle compatissait avec son besoin de rester calme malgré la colère qui l'habitait. Après tout, ils ressentaient la même chose sur ce sujet, à ce moment précis. Les mains reprirent leur place habituelle sans que le duc ne réalise ce qu'il se passait. Il continuait sur sa lancée.

-Oui, pardon. Après cela, elles ont réclamés quelques cadeaux, m'ont fait signer quelques papiers... le soir dans le lit, si vous voyez ce que je veux dire haha. Oh vous n'avez pas idée de ce que c'est que se réveiller avec ces deux-là à côté dans le lit. Une fois qu'elles ont pris une grande partie de ma fortune, elles sont parties avec et se sont trouvées une autre victime qui n'y pourrait rien non plus.

"Dis plutôt un autre pigeon stupide qui se laisse guider par le charme féminin. Je me trouve stupide d'avoir du mal à répondre, d'avoir du mal à réagir, mais là c'est un tout autre niveau de stupidité. Ils acceptent en toute connaissance de cause de se faire ruiner pour quelques bons moments au lit ? C'est pitoyable. Voilà quelques exemples de la noblesse de Tesse'halla ? Je ne regrette pas de la quitter avec ma cavale.

-J'ai perdu les trois quarts de ma fortune, mais il m'en reste suffisamment pour vous aider. Mon navire pourra partir juste après le bal. Il suffit que je donne les ordres et en cinq minutes, tout sera prêt.

-Parfait. Je pense que c'est ce que nous allons faire avant d'avoir un imprévu qui nous tombe dessus.

Et à ce moment, un imprévu leur tomba dessus. Des gardes pontificaux venaient d'arriver en ville. Le détachement était parti pour tout fouiller, la salle de bal comprise. Les calculs d'Aeron auraient été faux ? Les gardes sont arrivés plus tôt que prévu. Des trois gardes entrés, deux surveillaient l'entrée tandis que le troisième hurlait des ordres. Tout le monde devait rester immobile en attendant qu'on vérifie que l’Élu traître n'était pas parmi eux sous un masque. Aeron ne savait pas comment se sortir de là. Le signalement de Seles avait dû être donné à tous. Il murmura au duc de faire apprêter son bateau dès que possible au cas où ils arriveraient à échapper à la vigilance de la Garde Pontificale. Le duc n'avait toujours pas compris qui était la personne qui accompagnait le fugitif. Il s'en fichait, on n'était pas à une personne près sur un navire. Il obtempéra et s'éloigna à petits pas d'eux pour être prêt à sortir une fois son identité vérifiée. Tournant la tête vers Seles pour la voir face à Victorica. La petite à la longue chevelure blonde lui tendait une lettre.

-Je t'avais prévenu, blondinet. Honnêtement, je m'attendais à les voir débarquer dans la journée.

-Tu sais être exaspérante, quand tu veux.

-Je suis comme ça. Il faut bien que je m'amuse les rares fois où il y a de l'animation dans ma prison dorée. Je ne pourrai pas partir d'ici de toute manière, les serviteurs de mon père surveillent toutes les sorties. Mais je peux vous faire sortir, vous.

Sans aucune autre indication, elle s'éloigna. Seles rangea la lettre dans son sac, puis releva des yeux interrogateurs vers Aeron. Celui-ci hocha la tête et se dirigea à pas lents vers la sortie gardée. Les yeux de Seles montraient la surprise à ce geste mais elle le suivit. Après une minute, un cri se fit entendre. Aeron reconnut la voix de Victorica qui disait avoir vu un homme masqué roux partir dans les escaliers qui menaient vers les étages supérieurs. Les gardes se précipitèrent, laissant sortir toutes les personnes du rez-de-chaussée qui ne pouvaient logiquement pas être le roux parti à l'étage. Ils ne se sont pas doutés un seul instant que ce roux pouvait ne jamais avoir été là. Ils chasseront un fantôme dans ce bâtiment tandis qu'Aeron et Seles pourront partir. Le blondinet, une fois dehors, tourna la tête et aperçu Victorica, encadrée par quatre serviteurs de sa famille. Elle était prisonnière à sa manière, mais le fait que son mariage arrangé ne soit pas décidé, que ce soit envers Aeron ou envers un autre noble, montrait qu'elle avait dû lutter à sa manière, contre son père. Peut-être arriverait-elle à prendre sa liberté un jour. Après tout, la liberté est ce que tout le monde désire, au fond.

Une fois sortis de cette impasse, Aeron et Seles se dirigèrent vers l'hôtel. Ils devaient récupérer leurs affaires et partir au bateau. Se retenir de courir était difficile mais il y avait d'autres gardes un peu partout. Pour le moment, ils cherchaient Zelos Wilder mais il était évident qu'ils avaient également reçut le signalement d'Aeron et Seles. Il leur semblait simplement improbable qu'ils soient ici. Après tout, la piste menait à Meltokio grâce à la diversion menée par Helena. Toutes ces précautions valaient bien le coup après tout ! Il ne restait plus qu'à espérer qu'ils ne se feraient pas attraper bêtement. Ce fut avec ces pensées en tête que le blondinet passa près de deux gardes en train d'interroger un homme roux. Il avait apparemment été surpris au rez-de-chaussée de l'hôtel à attendre quelqu'un. Aeron entra dans l'ascenseur en les ignorant. Il retira le masque pendant que les portes se fermaient. Il avait décidément trop chaud là-dessous. A peine le masque fut-il retiré, les portes presque fermées, que son regard croisa celui de l'homme roux. Celui-ci endurait l'interrogatoire probablement en sachant que ces idiots n'auraient rien contre lui. Mais Aeron, soudain, se souvint avoir déjà vu son visage. Il l'avait croisé à la Garde Pontificale, bien qu'il n'arrivait plus à remettre le nom dessus. L'homme dut le reconnaître. Peut-être le cherchait-il.

Les portes étaient fermées et les deux jeunes gens montaient à leur chambre. Aeron profita d'avoir le visage libre de toute entrave pour donner un bisou réconfortant sur la tête de Seles.

-Nous descendrons par le balcon en utilisant une corde. Nous pourrons difficilement sortir de l'hôtel avec les masques sur le visage. Il vaut mieux partir en évitant d'attirer l'attention. Notre chambre est sur un côté mal éclairé, nous allons donc profiter de la nuit. Tu pourras descendre à la corde ? Attention à ne pas la laisser filer entre tes doigts, tu te brûlerais les mains.

Seles hocha la tête après un instant d'hésitation. Elle ne manquait pas de courage. Rien ne l'arrêterait. Entrant dans la chambre en trombe, Aeron enleva prestement son costume, se retrouvant presque nu avant de se saisir de ses affaires habituelles. Il sangla les pièces d'armure en hâte. Il n'avait que faire de la pudeur pour le moment, le moment n'était pas à cela. Il fallait juste se dépêcher. Il prit ses affaires sur le dos, attacha la corde.

-Je descend en premier, je pourrai te rattraper s'il y a un soucis.

Il n'attendit pas l'approbation de la jeune fille. Aujourd'hui, les aventures reprenaient un aspect plus "normal" que cette vie dans une fausse sécurité. Le danger maintenant était plus perceptible. On savait ce qu'il fallait éviter, ce qu'il fallait faire. Fini l'attente de Zelos. Celui-ci n'était pas arrivé à temps. Il arriverait probablement une fois que les gardes seraient partis, ne laissant qu'une faible garnison par principe. Aeron et Seles ne pouvaient se permettre d'attendre. Ils descendirent la corde sans encombre. Le vent ne soufflait pas, aucun bruit autre que des discussions lointaines ne se faisait entendre. Les gardes n'étaient pas de ce côté du bâtiment, trop concentrés sur la salle du bal. Une fois au sol, Aeron leva les yeux et vit Seles à quelques mètres. Il se préparait à la rattraper en cas de besoin. Cependant le besoin ne se fit pas sentir. Seles atteignit le sol en douceur, comme une grande et elle leva la tête vers lui avec un air de défi. Le blondinet lui prit la main et se dirigea vers les quais. Après une dizaine de secondes, il se retourna et constata que l'homme de tout à l'heure les avait retrouvés. Il ne pouvait cependant provoquer d'altercation ici. Il voulait apparemment éviter les gardes autant qu'eux. Ils atteignirent les quais sans encombre. Aucun navire n'était supposé partir et les gardes restaient encore et toujours autour de la salle de bal.

-On dirait que l'aide de Victorica s'est avérée encore plus précieuse que prévue.

Le duc les attendait sur le pont du navire avec quelques marins.

-Qui est cet homme derrière vous ?

-Aucune idée mais il monte avec nous. Il veut autant que nous éviter la Garde Pontificale alors qu'il en a fait partie. Je le suspecte d'avoir des choses à nous dire.

L'homme ne se pressait pas outre-mesure. Il semblait savoir qu'Aeron le laisserait monter. C'était comme deux guerriers prêts à s'affronter. En se regardant quelques instants, ils avaient déterminé une manière de penser, une méthode d'action, et surtout de réflexion. Il monta à bord sans un mot et la passerelle fut relevée. Seles ne comprenait pas ce que cet hommes faisait là et cela se lisait sur son visage.

-Salutations. Je suis Aeron Valerius, fugitif et déserteur de la Garde Pontificale.

La remarque était ironique, au fond, même si totalement vraie. Invitant ainsi cet homme à se présenter, Aeron posait des règles. Il était ici un invité. Aucune violence contre lui ne serait admise, mais aucune violence de sa part non plus. En théorie, c'était au duc de faire cela mais celui-ci semblait paniqué et insistait auprès de ses marins pour partir plus rapidement.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Dim 5 Jan - 14:38




Sélès Wilder
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    Jamais la vie ne lui avait paru aussi compliquée, aussi injuste et parsemée d’embûches. Certes, elle n'avait jamais trouvé juste que l'on ait exécuté sa mère, malgré le crime qu'elle avait commis, c'était sa mère, elle l'aimait, la seule personne l'ayant jamais aimée à l'époque. Elle n'avait jamais trouvé juste d'être enfermée pour ce même crime, pour lequel elle n'était pourtant pas le moins du monde impliqué, elle qui était si jeune à l'époque … Tout ce qu'elle voulait, c'était passer un peu de temps avec son frère et son père. Mais là-bas, elle était en sécurité. À l’abri des gens mauvais, des hypocrites et des déchets de ce monde qui ne respiraient que pour vous nuire. Pourquoi et comment de tels individus pouvaient-ils exister ? A croire qu'il s'agissait d'un complot, qu'ils étaient partout, cachés dans l'ombre près à surgir pour gâcher chaque bon moment qu'elle pouvait passer à l'extérieur de sa cage d'or.

    L'air frais de la nuit filtrait doucement sous son masque, et c'en était d'autant plus appréciable qu'elle était en charmante compagnie, sous le firmament étoilé. Alors quoi de plus révoltant, de plus révulsant que de se faire déranger par deux espèces de sales truies en chasse. Car elles n'étaient rien de plus aux yeux de Sélès, elles se comportaient comme le les plus abjectes des animaux, elles ne méritaient rien d'autre que de se faire traiter comme telles. Oui, dans le petit cœur de la rouquine, battait une grande fureur, un grand désir destructeur. Et dans son esprit brisé, se profilait une envie bien sombre et virulente, celle de sortir tout simplement son arme et de les égorger comme les truies répugnante qu'elles étaient. Ces deux démones étaient arrivées de nulle part pour s’emparer de son chevalier comme d'un vulgaire trophée qu'elles tentaient de dérober. Elle savait qu'elle devait tenir sa langue, mais avec l'éducation qu'elle avait reçu, elle ne pouvait croire que de telles choses – car elle ne pouvait pas appartenir à une quelconque race humanoïde à ses yeux – puisse avoir réellement grandi dans un milieu noble. Même s'il y avait des petites sottes dans ce milieu et qu'ils étaient tous plus arrogants l'un que l'autre, les nobles ne se comportaient pas comme ça en publique, elle n'avait jamais vu ça en tout cas. Même les courtisane avaient plus de tenue que cela, même la pire des catins était plus correcte. Non, elles n'étaient que des bêtes, juste bonnes à l’abattoir … Et c'était méchant pour ces pauvres bêtes.

    Une fois de plus Aeron se retrouvait plus ou moins bêta devant ces bêtes. Ce n'était pourtant pas compliqué de les jeter par-dessus le balcon. Le plus embarrassant, peut-être, était qu'il se cramponne à elle malgré tout. Cela lui donnait encore plus envie de tuer ces deux chiennes. Elle sentit quelques efforts tout de même de la part du blond, mais elle était exaspérée qu'il ne parvienne pas à faire mieux. Alors qu'il les suppliait presque de le laisser tranquille, telle la vierge effarouchée qu'il était, Sélès ne put plus se retenir, et plutôt que de les égorger sans préavis, elle décida d'enfin prendre la parole.

    -Excusez-moi, mais je crois que vous vous méprenez sur l'endroit où vous vous trouvez. Nous sommes à un bal mondain, les animaux sauvages ne sont pas tolérés, veuillez retourner dans votre élément naturel, vous voyez bien que vous nous indisposez. Si je puis me permettre, votre puanteur n'a d'égale que la laideur de la chair qui pend par-dessus vos guenilles. Je serais ravie de vous proposer quelque chose de plus décent à revêtir, et de vous offrir une éducation qui vous rendrait un minimum humaine, je ne garantis pas que cela soit encore possible, mais qui ne tente rien n'a rien.

    Le tout fut proféré d'un ton parfaitement condescendant, une politesse outrancière ne traduisant que mieux le mépris qu'elle avait vis-à-vis d'elles. Et après, ce sont les demis-elfes que l'on juge inférieurs ? Heureusement pour Sélès, elle se savait au moins bien supérieure à ces deux femelles. Oui, le ton qu'elle avait employé pour proférer ses paroles auraient presque pu la faire grandir de vingt bons centimètres. La petite renarde renfermait une redoutable guerrière. Elle leur aurait bien montré un peu plus ce côté de sa personnalité, mais comme elle l'avait si bien évoqué, ils étaient là à un bal mondain, il fallait bien savoir se tenir !

    Elle parvint à leur clouer le bec en beauté. Il n'y a que la vérité qui blesse après tout. Elles lâchèrent le chevalier, comme assommées, avant de proférer des menaces qui ne l'atteignirent pas le moins du monde, cependant, cela semblait bien faire réagir Aeron pour de bon, qui les congédia avec autant d'art qu'elle avait pu faire preuve. Et cela ne fut pas sans la faire sourire, d'une façon un peu malsaine il faut l'avouer, si elle n'avait pas son masque, tout le monde aurait pu constater le sadisme et le contentement qu'elle ressentait en les voyant se défiler la queue entre les jambes … enfin, si je puis dire, sans doute ne tarderait-elle pas à s'en trouver une autre pour se la mettre là. C'est ce qu'elles cherchaient de toute façon.

    Elle reporta son attention vers les étoiles, ignorant dans un premier temps le blondinet maladroit. A sa remarque et ses excuses, elle haussa tout simplement les épaules. Elle trouvait franchement que ça craignait, ses réactions, car non, elle n'était pas prête de le comprendre. Mais bon, elle tâchait déjà de ne pas lui en vouloir, c'était déjà un gros effort de sa part, veuillez applaudir je vous prie. Bah, elle avait juste envie qu'il se taise, là, tout de suite, et qu'ils oublient vite ces sales choses. Elles ne méritaient pas plus d'attention que cela. La rouquine profitait simplement de l'air frais, et pour tout avouer, elle commençait tout de même à s'impatienter. Ils étaient venus là pour rejoindre ce duc, et seules deux harpies les avaient accueillis. Ce fut au moment même où elle pensa cela qu'un homme d'un certain âge s'approcha d'eux, vantant les mérite d'une certaine liqueur de Flanoir. Sélès n'en avait jamais entendu parler, et elle n'avait pas eu vent de sa présence à la soirée non plus. Cet homme était-il sénile ? Qu'est-ce qu'il voulait ? Oh mon dieu, la sénilité précoce était contagieuse !! Voilà qu'Aeron aussi avait un discours étrange ! Peut-être ne voulait-il pas vexer le vieil homme ? Ah, non … En fait …

    Sélès se sentit un peu bête en comprenant qu'il ne s'agissait nul autre que du Duc dont lui avait parlé Aeron, et que ces propos sur la liqueur n'étaient autre que leur mot de passe. Elle était plutôt d'accord avec le vieux pour le coup, c'était un mot de passe un peu étrange … Enfin, il ne risquait pas de tomber sur quelqu'un répondant par hasard au moins. Le noble ne fit pas un instant attention à la petite rouquine, c'était généralement comme ça que les gens traitaient les demis-elfes, il faut avouer que, malgré les exemples qu'elle avait reçus ces derniers jours, les gens de son espèce était beaucoup plus souvent confrontés à l’indifférence qu'aux attaques directes. Elle préférait cela de loin, non pas qu'elle n'aime pas être le centre de l'attention de temps en temps, mais pas avec n'importe qui non plus.

    Cependant, la conversation qui eut alors lieu fut des plus gênantes. Révoltante également, pour la petite rouquine, qui en vint vraiment à considérer les hommes comme de sales porcs. Non, ce pauvre nigaud d'homme n'était pas méchant, juste d'une stupidité sans pareille, et assez naïf pour croire qu'il peut reposer sa bêtise sur sa nature. Enfin, il fallait bien des porcs pour aller avec des truies, de toute façon … C'était sans doute dans l'ordre des choses. Elle ne savait pas si elle devait l'en blâmer ou le plaindre. Peut-être un peu des deux. Nan, mais quand même, il craint ce pauvre vieux. Voilà rien de bien fameux pour redorer son estime pour les humains et les hommes. Même son frère ne raisonnait pas comme ça ! Enfin, pas devant elle en tout cas … Mais elle savait que lui ne se laisserait pas faire par n'importe quoi. Bref. Ce vieux craint du boudin, je crois qu'on l'aura comprit … Malgré tout, il était quand même prêt à les aider … Était-il conscient des risques qu'il prenait ?

    Un imprévu vint perturber leurs plans et leur petite entrevue. Les gardes Pontificaux étaient de la partie, à la recherche de Zelos Wilder. Avaient-ils eu des informations comme quoi il se trouvait là ? Sélès caressa un instant l’espoir de le voir apparaître dans un coin, mais le plus urgent était de partir. Ils ne penseraient certainement pas à chercher Sélès et Aeron directement, mais ils les reconnaîtraient sans aucun doute s'ils venaient à les voir, à présent, toute l'élite était sans doute au courant de leur fuite et devait les chercher, et si leur disparition persistait, peut-être qu'ils en viendrait à lancer des affiches de recherches, malgré le tort que cela pourrait faire à leur image. Sans prévenir, la blonde de toute à l'heure apparut devant Sélès. Qu'est-ce qu'elle voulait encore ? La rouquine lui aurait bien intimé de garder ses conseils d’ignare pour elle – elle détestait vraiment qu'on la prenne pour une débile – mais voilà que la jeune noble lui tendait une lettre. Après un cours instant d'hésitation, elle prit doucement la lettre et la rangea dans son sac pendant qu'Aeron et elle échangeait quelques mots. Ça oui, elle n'était pas méchante, elle était même très volontaire pour les aider. Mais qu'elle lui reparle comme tout à l'heure dans un endroit qui ne la musellerait pas, et elle lui ferait fermer son clapet. Ah, vraiment, rien de pire pour l'énerver que les truies et les prétentieuses, aussi gentilles puissent être leurs actes. C'était d'autant plus exaspérant en fait, ce genre de personne. A croire qu'elles le faisaient exprès, pour pouvoir se permettre de se croire supérieur et de le faire sentir librement, sans que personne n'ose les remettre à leur place en raison de leur prétendue gentillesse. Oui, c'était forcément fait exprès … un peu plus et elles vous feraient culpabiliser en plus, alors qu'elle sont bel et bien prétentieuses. Mais passons.

    Grâce à la blonde, ils purent tout de même s'échapper sans mal. Typiquement le genre d'action qui lui interdirait de lui clouer le bec la prochaine fois qu'elle la prendrait de haut. Enfin, non, avec le tact dont elle pouvait faire preuve, l'un n'empêcherait pas l'autre. Sélès savait envoyer les gens paître avec beaucoup de respect, et c'était très utile dans ce milieu.

    Ils filèrent aussitôt jusqu'à l’hôtel, et Sélès remarqua encore cet homme aux longs cheveux roux. Peut-être que c'était sa crinière qui avait induit quelqu'un en erreur et donc attiré tous ces gardes ? Peu importe, ils filèrent jusqu'à l'ascenseur et se défirent enfin de leur masque. Ho tiens, ça faisait ça de respirer en fait ? Ah, l'air vrai et non condensé, c'était bon en fait. Elle profita de quelques bouffés d'air, recevant enfin un petit bisou sur la tête au passage avant qu'ils n'atteignent la chambre pour réunir leurs dernières affaires. Aeron annonça qu'ils passeraient par le balcon, Sélès avait déjà fait ça … Oui, on ne peut pas lui en vouloir d'avoir tenter plusieurs fugues dans sa jeunesse ! Une fois prêts – et Sélès avait enfilé quelque chose de plus prompt à l'aventure – ils purent enfin s'enfuir. Bon, étant malgré tout en jupe, elle était un peu dubitative lorsqu'Aeron voulu passer en premier. Heureusement, elle avait un bloomer sous sa jupe – pour la gonfler – alors il ne pourrait pas voir grand chose. Elle s'élança à sa suite, se laissant doucement glisser avec précaution, non sans jeter quelques petits coup d’œil en bas, même si c'était généralement déconseillé. Elle n'avait pas le vertige, alors ça ne la dérangeait pas, elle. Elle arriva à terre sans encombre et ils s'empressèrent de rejoindre le port. Sur le chemin, Sélès suivit un moment le regard du blond pour remarquer que le roux les suivait. Qui était-il à la fin ? Aeron n'en dit rien et resta calme, il semblait volontairement le laisser les suivre. Sélès n'était pas tranquille, mais elle décida de faire confiance à son chevalier et le suivit sans broncher jusqu'au navire du Duc.

    Là bas, le vieil homme ne tarda pas à faire remarquer la présence du petit nouveau venu, Aeron annonça alors qu'il pouvait montrer à bord. Sélès lui adressa un grand regard interrogateur. Elle voulait bien lui faire confiance, mais quand même, ce jeune homme leur était parfaitement inconnu, comment savoir si on pouvait lui faire confiance ? Sélès n'eut cependant pas le temps de protester, et se contentant de se tenir prête, au cas où. C'est alors qu'Aeron se présenta en toute franchise au rouquin, sous le regard ébahi de la petite renarde qui resta muette de surprise.                  



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MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Dim 5 Jan - 19:06





 

Voilà qu'il tournait, retournait. ''Le plaisir des allers  et retours'', par Asch Fon Fabre. Oui, ça sonnait bien.
Après être passé par l'accueil, la chambre- scène de crime, la chambre voisine, de nouveau la salle d'accueil, il apprit enfin où trouver ce Aeron. « Un grand blond accompagnée d'une dame rousse? ils sont au bal. »
Bingo.

L'infatigable jeune homme alla en direction du bal, où il apprit devant les portes qu'il fallait être masqué pour entrer. Après avoir songé à assommer les gardes pour rentrer, à se faire passer pour un Garde ou à attendre le petit couple mondain, il finit par repartir à l'accueil, pour trouver un masque qui lui ouvrirait les portes de cette soirée, et résoudrait tous ses soucis. Il revint un peu plus tard, affublé d'un masque qui, étonnement, suivait presque avec sa tignasse flamboyante.
Bref, alors qu'il allait enfin pouvoir entrer dans le bâtiment, il fut attrapé au niveau des épaules et entraîné en arrière. Maudit. Il devait être maudit.

Essayant de garder au mieux son calme, il se retourna vers ses agresseurs, dans leurs armures luisantes et aussi blanches que le cul d'un curé. Le genre de tenues très classes, et surtout très neuves. De quoi redoubler son envie de  leurs botter les fesses, a ses attardés croyants. Et voilà qu'ils jacassaient, le menaçaient et questionnaient le rouquin sur Zelos Wilder. Zelos Wilder, l'élu. Attendez, voilà qu'ils étaient en train de le prendre pour le fugitif déchu, lui qui avait renié son appartenance à l'église il y a déjà quelques années?

Sa mâchoire se crispa sous l'agacement. Ses bleusailles commençaient à le chauffer ,à le secouer dans l'espoir qu'il avoue son ''crime''et son identité.
Alors que sa main glissait doucement jusqu'à la garde de son épée, il remarqua une touffe cuivrée, et une autre blonde dans la pénombre de la nuit. Et voilà !A cause de ses deux boulets de gardes Pontificaux, le couple qu'Asch cherchait inlassablement depuis tout à l'heure lui passait sous le nez. Non, s'en était trop. D'un geste brutal, il repoussa les deux bleus vêtus de blanc, et retira son masque qui le gênait. Les deux corniauds se reculèrent, surpris, et dévisagèrent le rouquin. L'un deux déplia  un avis de recherche qui avait jusque là fourré on-ne-sait-où , et compara le dessin au visage du Sanguinaire. Dépités par leur erreur, ils sortirent une phrase protocole telle que « On vous a à l'œil, citoyen. », complètement gâchée par leurs balbutiements. Grotesque.

Débarrassé des deux boulets, Asch n'attendit guère plus longtemps pour se mettre à la poursuite -au pas- du binôme. Il valait mieux être prudent. Sa tignasse rouge était déjà remarquable, si en plus il commençait à déambuler dans les rues en courant, il se ferait chopper par d'autres soldats et perdrait plus de temps qu'il aurait pu en gagner. Et de toute façon, ils n'iraient surement pas bien loin. Il dut néanmoins retardé sa poursuite pour une autre. Non mais vraiment, aura-t-il la paix un jour? Trois gardes s'élancèrent vers lui, confondant probablement ses cheveux avec ceux de l'élu. Il se promit intérieurement de tondre le crane de ce Zelos, le jour où il tomberait dessus. Marre d'être confondu !
Il sema le trio de timbrés assez facilement,arborant les ruelles les plus étroites de la ville, et revint un peu sur ses pas. Logiquement, il ne devrait plus être gêné par ses importuns. Il arriva à la berge du port, et s'arrêta un instant pour réfléchir. Pourquoi avaient-ils dont quitter la salle à l'arrivée des gardes? La réponse sonnait très clair dans la tête du roux : l'un d'eux était -au moins- témoin dans l'affaire Jirall Valerius.

Alors qu'il allait reprendre son chemin, des voix se firent entendre derrière lui. Il se retourna et put apercevoir le Duc d'Altamira, accompagné d'un blondinet et d'une femme aux cheveux de feu. Un sourire victorieux étira les lèvres du jeune homme. A croire qu'il n'était pas si maudit, finalement. Le hasard l'avait mené pile poil au même endroit qu'eux. Il s'avança alors d'un pas confiant, tandis que ses ''proies'' le repérèrent. Le blond, dont le visage parut soudainement familier au rouquin, se contenta d'un bref regard avant de reprendre sa conversation. La demoiselle, elle, le dévisagea plusieurs secondes, perplexe. Une fois leur discussion terminée, le fugitif s'approcha d'un pas stable du membre du Vanguard, et se présenta. Hmpf. Bien joué. Se présenter obligeait toute personne un minimum courtoise à faire de même. Néanmoins, il était désormais sur de ne pas s'être trompé de blondin. Valerius n'est pas un nom très courant.


- Je ne pouvais pas mieux tomber, alors. Je suis Asch F-

Sa phrase fut coupée par le cri assourdissant d'un gradé de la Garde Pontificale, qui hurlait tel un porc le nom de l'élu. Ce nom fut suivi d'une toute autre déclaration, faites à ses soldats mais clairement audible.

-Les fugitifs Aeron Valerius et Seles Wilder sont également ici. Retournez toute la ville s'il le faut , mais trouvez les ! Nous ne repartirons pas bredouilles!



Croisant les yeux de l'ancien chevalier, Asch eut le plaisir de reporter ses présentations d'un simple regard. Le navire quitta le quai, et Asch ne put s’empêcher de jeter de brefs coups d'œil aux poursuivants. Ils avaient l'air idiots, à se secouer pour faire arrêter le bateau . Asch reconnut au loin les gardes qu'il avait espéré semer, entouré de quatre comparses qui s'élançaient d'un pas penaud vers le bateau. Au loin,le Duc s'engouffrait dans une ruelle sombre et tranquille. Sans doutes repartait-il à la fête.












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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Ven 10 Jan - 18:34

Par rapport à la dernière réponse:
 


Le bateau démarrait et après un moment de silence, probablement de réflexion, le rouquin commença à se présenter avant d'être interrompu par un cri. Un garde avait probablement vu le bateau partir et trouvait cela suspect. Il n'avait pas tout à fait tort, cet idiot. Enfin, le temps qu'ils démarrent à leur tour, il y aurait de la distance. D'autant que la Garde Pontificale avait accosté au sud de l'île, eux partaient du nord. Faire le tour leur prendrait du temps et leur cible serait loin. De plus, un transport de troupes de la Garde Pontificale n'aurait aucune chance de les rattraper. Le bon point était qu'ils ne savaient pas encore qu'Aeron avait été là et encore moins que Seles était avec lui. Après tout, ils restaient concentrés sur Zelos Wilder qui n'était apparemment pas là. Il aurait déjà retrouvé Seles, sinon, à moins qu'il ait été forcé de se cacher. Peut-être était-il arrivé en même temps que la Garde Pontificale et était-il en train de les chercher ? Quoiqu'il en soit, ils ne pouvaient pas se permettre d'attendre. Il fallait partir pour leur destination finale. Cette fois, ils seraient cachés, personne ne les trouvera. Personne d'autre que celui qui aura cet indice personnel de l'enfant de pierre.

Aeron regarda Asch une fois qu'ils furent écartés des quais pour l'analyser. Oui, Asch était un guerrier. Le blondinet se souvenait d'avoir déjà vu le rouquin mais rarement sans le casque qui caractérise la Garde Pontificale. Ils avaient en fait peu de souvenirs en commun, et pas les meilleurs. Aeron se souvenait d'Asch au sol, le dos strié par les coups de fouet donnés pour insubordination. Ce n'était arrivé qu'une fois et il avait été difficile de le maîtriser assez longtemps pour ça. Par contre après la séance de coups de fouet, le corps du jeune homme secoué de sanglots n'avait pas été un spectacle réjouissant. Personne ne s'était moqué de ses quelques larmes qu'il avait rapidement refréné. Tous dans la Garde Pontificale comme dans toute instance militaire savait la douleur que pouvait apporter les coups de fouet. Aeron y avait eu droit plus d'une fois. Aujourd'hui le souvenir de l'homme brisé ne faisait pas éloge à celui qu'il avait en face de lui. Le blondinet s'efforça donc de ne plus y penser.

-Beaucoup te croient morts, tu sais ? Je me souviens encore du coup où tout le monde s'est mis à te chercher partout. Le capitaine en a profité pour te cracher dessus et dire que tu étais probablement mort en poursuivant des hérétiques jusqu'à ce que ça se retourne sur toi, avec ta soif de sang insatiable. Plein de rumeurs ont suivi, que ce soit sur ta possible survie ou ton fantôme. Mais je vois que tu es bien vivant... Asch Fon Fabre. De plus, tu as évité les autres membre de la Garde Pontificale, ce qui veut bien dire que tu ne les as pas réintégrés. Je te vois comme quelqu'un qui a encore un sens de l'honneur et qui n'est pas trop malhonnête. Mes questions seront donc les suivantes : pour le compte de qui et pourquoi nous suis-tu ?

La tirade était plutôt autoritaire, mais ce n'était pas un ordre pour autant, plutôt un accord tacite. Si Asch ne répondait pas honnêtement, il aurait toutes les chances de finir par-dessus bord. Les réponses risqueraient d'être évasives, mais ce serait mieux que rien. Aeron ne voulait pas rester à se poser des questions jusqu'à la fin du voyage sur les raisons qui auraient poussé le rouquin à les suivre. La tension dans l'air était palpable. On sentait que le ton autoritaire du blond froissait Asch. Difficile de savoir si cela le froissait pour son ego ou des raisons plus précises. Seles tenait la main d'Aeron. Quand l'avait-elle saisie ? Il ne s'en était pas rendu compte, probablement dans sa tirade. Il serra sa main et elle serra en retour. Le message était clair : quoiqu'il arrive, Seles le soutenait. Cet homme pouvait être un allié ou un ennemi, Seles resterait aux côtés d'Aeron. Voilà ce que le blondinet percevait. Il était heureux de l'avoir à ses côtés.



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MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Ven 10 Jan - 21:40

Par rapport a l'ancienne réponse:
 





 



- Beaucoup te croient morts, tu sais ? Je me souviens encore du coup où tout le monde s'est mis à te chercher partout. Le capitaine en a profité pour te cracher dessus et dire que tu était probablement mort en poursuivant des hérétiques jusqu'à ce que ça se retourne sur toi, avec ta soif de sang insatiable. Plein de rumeurs ont suivi, que ce soit sur ta possible survie ou ton fantôme. Mais je vois que tu es bien vivant... Asch Fon Fabre. De plus, tu as évité les autres membre de la Garde Pontificale, ce qui veut bien dire que tu ne les as pas réintégrés. Je te vois comme quelqu'un qui a encore un sens de l'honneur et qui n'est pas trop malhonnête. Mes questions seront donc les suivantes : pour le compte de qui et pourquoi nous suis-tu ?


La tirade du blond désabusa le rouquin. Un tas de sentiments différents se bousculaient : un début de colère s'était pointé en apprenant les faits et dires du capitaine à son sujet -capitaine qu'il n'avait jamais pu apprécier-, mélangée à une douce satisfaction quand il eut vent des rumeurs idiotes qu'il portait inconsciemment, suivit d'un peu de déception en voyant à quel point son interlocuteur était perspicace. En même temps, il l'avait toujours été. Le genre de Garde qui réfléchit un peu trop, et qui en connait les mefait. Le genre de Garde qui finit par réfléchir la bouche fermée, à force de remontrances.
Il était probablement inutile de mentir sur les raisons de sa présence, Aeron aurait bien vite flairé un manque d'incohérence ou que sais-je. De toute façon, il ne trouvait aucune improvisation passable. « Tu me manquais , je te cherchais »? Et puis quoi encore? Le coup de l'ami qui se languit n'aurait jamais tenu, pour la simple et bonne raison qu'ils n'étaient pas amis. « Je suis un fantôme et je viens te hanter »? Plus pathétique encore. Il aurait pu nier les suivre, mais il fallait bien entamer le sujet tôt ou tard de toute façon.
Sa main vint s'appuyer instinctivement sur le pommeau de son épée.


-Tu as du entendre parler de la mort de ton frère, Jirall Valerius, je suppose? Il paraît que le Vanguard est coupable et je suis chargé d'enquêter sur sa mort. Étant donné que c'est ton frère , tu dois bien savoir qui pouvait lui en vouloir, non?


Il ajouta un petit haussement d'épaule innocent à ses explications. Avec un peu de chance, elles seraient assez concrètes pour qu'il n'ait pas de doutes, et assez évasives pour que la discussion ne vire  pas à des menaces ou insinuations corsées. Et qui sait, la réaction du blondin ferait peut être avancer son enquête, et le ramener plus vite au bercail.
Sa phrase était plutôt bien tournée. Il évitait scrupuleusement la question de son appartenance sans pour autant paraître suspect, et expliquait les raisons qui l'avaient poussé a les suivre, sans pour autant les accuser directement.

Son regard se posa sur les alentours, et une question lui traversa soudainement l'esprit.


-Je suppose que ce navire n'est pas une simple diversion pour les gardes. Vous quittez Altamira?


Un petit air interrogateur prit place sur son visage. C'est vrai, après tout. Que faisait un ancien chevalier Pontifical et la soeur de l'élue -si l'on se fiait au nom crié par les Gardes- sur un navire , semant les gardes du Pape?





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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Sam 11 Jan - 15:54




Sélès Wilder
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    L’énigmatique jeune homme aux cheveux flamboyants montant donc à bord avec eux, et le navire largua les amarres au plus vite. Sélès restait près de son chevalier, légèrement en retrait, comme si elle se cachait derrière son épaule. Elle vint doucement lui agripper la main, cherchant à se rassurer. Elle observa le navire un instant, évaluant les manœuvres des matelots avant de reporter son attention sur les deux guerriers. Ils semblaient donc se connaître, du temps où ils servaient encore le Pontife. Le rouquin était donc un déserteur, lui aussi ? Peut-être que cela pouvait tourner en leur faveur. Si c'était Aeron qui le disait, alors elle pouvait bien le croire, ils n'avaient vraisemblablement rien à craindre du nouveau venu. En effet, Sélès se figurait que personne, à part le Pontife, ne pourrait vouloir les récupérer. Ce fameux Asch n'avait pas déserté pour rien, ce n'était pour aller les vendre aujourd'hui à cette crapule.

    La petite rouquine restait cependant assez intimidée. Elle ne le connaissait pas après tout, mais il semblait ne pas avoir eu une vie facile. La petite renarde se crispa légèrement lorsque l'invité surprise évoqua la mort de Jirall Valerius. Sa petite main serra doucement celle du blond, qui la serra en retour pour la rassurer. Elle se renfrogna mais resta silencieuse, espérant simplement que son chevalier n'allait pas s’aventurer dans un zèle de confiance en cet ex-confrère de la garde Pontificale en lui racontant la vérité sur la mort de l’aîné Valerius.  Cet événement, elle préférait qu'ils le gardent pour eux. Peut-être l'avouerait-elle seulement à Zelos, mais à personne d'autre. Elle se colla donc un peu plus à Aeron, par crainte qu'il avoue son crime et que leur interlocuteur n'en déduise les raisons. Il y avait une certaine crainte dans les grands yeux azurs de la demoiselle, encore bouleversée par ce souvenir. Et ça ne risquait pas de s'arranger de sitôt.

    Elle se demandait tout de même ce que la mort de Jirall pouvait bien lui faire à lui. D'autant plus qu'il avait une lueur de malice dans le regard, comme s'il connaissait déjà les réponses aux questions qu'il venait de poser. Cela venait-il de son air sûr de lui ou de son charisme ? Peut-être, mais il ne serait sans doute pas si sûr de lui s'il n'avait pas déjà une idée derrière la tête. Cet homme était louche, aussi louche que le serait n'importe quel inconnu aux yeux de la rouquine. Mais une question persistait dans sa petite tête : par qui ? Oui, par qui avait-il était chargé d'enquêter la dessus ? Il avait déserté la garde Pontificale, donc il ne pouvait appartenir à aucun corps de la justice. Alors, quelle importance pouvait bien avoir la mort de ce monstre pour lui ? Et à quel dessein souhaitait-il retrouver les meurtriers ? Impossible de concevoir qu'il soit un ami de Jirall. Un ennemi peut-être ? Aeron ne semblait pas vraiment le craindre. Le seul lien restait encore le Vangard … Se pourrait-il que le rouquin ait un lien avec eux ? Peut-être que ces derniers n'allaient pas apprécier que ce meurtre soit mis sur leur dos … ou peut-être que si ?




[HS : Petite réponse histoire de manifester la présence discrète de Sélès ♥ ]  
               



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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Mar 21 Jan - 16:56

Voilà qu'il posait des questions gênantes sans vraiment répondre aux siennes. Il avait réussi à éluder le sujet de manière plus ou moins naturelle. Il est évident que l'identité des gens pour qui il travaillait était une information importante. Il n'y avait pas une grande quantité d'organisations en Tesse'halla, et surtout très peu qui s'intéresseraient à ce meurtre. La Garde Pontificale était exclue d'emblée, vu les événements. Mizuho ? Ils n'étaient pas du genre à accepter des gens qui n'étaient pas du village, surtout pour des missions d'enquête comme cela. L'hypothèse la plus probable restait le Vanguard. Accusés à tort, ils voudraient peut-être enquêter. Il restait à savoir s'ils apprécieraient ce petit coup de publicité ou au contraire si cela leur semblait problématique. Dans tous les cas, Aeron ne se voyait pas expliquer en détail les événements de la mort de Jirall. Non, Seles ne le voudrait pas non plus, c'était évident. La pression qu'il sentit sur sa main le réconfortait dans l'idée qu'elle ne voulait pas. La réponse à la question du rouquin était évidente, maintenant :

-Des gens qui en voudraient à Jirall ? Tu me poses sérieusement la question ? Jirall était un idiot doublé d'un incompétent dans beaucoup de domaine et il était connu pour ses excès de rage et jalousie envers tout le monde. Il fait partie des nobles les moins appréciés de la cour, bien que personne ne lui dise en face, à lui ou à mon père. Si tu veux faire une liste des suspects, je pense qu'elle sera extrêmement longue, et le Vanguard en fait partie.

La fin de sa tirade pouvait simplement faire référence à la lettre trouvée sur les lieux, mais il y avait des chances qu'Asch comprenne qu'Aeron avait déjà déduit l'identité de ses employeurs. Quant à la question suivante, elle était épineuse. Aeron ne se sentait pas d'emmener un potentiel espion dans le dernier havre de paix relative qu'il avait trouvé et qui lui permettrait d'attendre Zelos. Il était hors de question d'attirer l'ex-Elu dans un piège !

-Nous partons en effet d'Altamira. Disons que je n'apprécie pas vraiment la compagnie des derniers arrivants. Ce navire se dirige vers Ozette, c'est un village tranquille où ils n'auront pas l'idée de nous chercher. Seles, j'espère que tu arriveras à te faire à la vie à la campagne !

Il s'était retourné pour faire cette dernière remarque, faisant face à Seles et tournant le dos à Asch. Un clin d'oeil fit rapidement comprendre à Seles que le blondinet mentait et qu'elle devait entrer dans le jeu. Elle comprit rapidement, bien entendu, ce n'était pas la première pimbêche noble venue, elle savait réagir et rien dans son attitude ne trahit sa surprise à l'évocation d'une destination précise. Quelque chose ne collait pas malgré tout. Asch les avais suivis sur un navire qui partait d'Altamira alors qu'il enquêtait sur la mort de Jirall. A moins qu'il ne les considère comme suspects, il n'aurait pas fait cela, normalement. C'était louche. Il valait mieux essayer de se débarrasser en douceur de ce gêneur.

-Tu as encore d'autres questions à poser ? Je pense qu'on peut te laisser un canot si tu veux repartir à Altamira continuer ton enquête.

Le duc choisit bien son moment pour annoncer que selon son capitaine, ils arriveraient à Ozette le lendemain dans la journée. Ils pouvaient donc aller dormir sur leurs deux oreilles en attendant.

-Sinon, si tu veux, tu peux passer la nuit sur le bateau, j'imagine. Pour ma part, je serai dans ma cabine avec Seles.

La discussion se finissait donc là. Il aurait été malvenu de revenir sur le sujet et Asch devrait également le réaliser. Aeron menait la danse de la discussion et c'était mieux ainsi pour lui. On ne pouvait pas savoir si Asch serait un ennemi ou non, mais il n'était pas un allié pour le moment, voilà qui était certain !



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Mer 12 Mar - 12:38




Sélès Wilder
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    Égal à lui-même, son chevalier ne se laissa pas le moins du monde décontenancer. C'était tout lui, ça, il semblait toujours maîtriser parfaitement la situation, envers et contre tout. Il ne semblait jamais pris au dépourvu, comme s'il savait déjà tout ce qui allait se passer, comme s'il avait toujours tout prévu, même les surprises les plus inattendues. En tant que Lady digne de ce nom, Sélès ne bronchait pas, elle non plus. Bien que ses grands yeux bleus et son visage de poupée puissent lui donner un air fragile et quelque peu craintif, elle restait digne, et prenait exemple sur son compagnon afin de ne pas se laisser surprendre. Une fois encore, elle put constater à quel point il était rassurant d'être à ses côtés, car si Aeron était quelqu'un de modeste, il n'en dégageait cependant pas une grande confiance en lui. En fait, tout devait reposer sur le fait qu'il connaissait parfaitement ses capacités et ses limites. Quoi de plus rassurant que de se laisser guider par quelqu'un qui sait toujours exactement ce qu'il fait ?

    Le jeune homme continuait donc de mener la conversation comme il l'entendait, alors qu'il dévoilait leur destination à cet inconnu. Sélès en fut plutôt surprise, mais tenta de le cacher au mieux. Surprise de leur destination, mais surtout du fait qu'Aeron la dévoile aussi facilement. Finalement, elle fut rassurée par son regard complice et son léger clin d’œil, et elle sourit en acquiesçant d'un signe de tête motivé, n'osant cependant rien ajouter. Sélès n'était pas vraiment bonne menteuse, alors elle préférait de pas tenter le diable et se taire, devant le naturel dont avait fait preuve Aeron, elle se serait sentie bête d'ajouter quelque chose de faux.

    Le blondin choisit ensuite de couper vite court à la conversation, afin d'éviter toute question compromettante, sans doute. Moins ils en diraient, plus sûre seraient leur sécurité de toute façon. Sélès jugea alors une dernière fois l'individu du regard, se demandant une fois de plus d'où il pouvait bien sortir. Sa longue chevelure flamboyante n'avait de cesse de lui rappeler son cher frère, qu'elle mourait de plus en plus d'envie de retrouver. La petite rouquine n'attendit pas de réponse de la part de l'inconnu pour s'éclipser en tout cas, elle tournait déjà les talons pour rejoindre les cabines. Aeron l’accompagna, et il arrivèrent bientôt dans leurs appartements. Sélès entra à petit pas en observant les lieux en détails. C'était un yacht de luxe et ça se voyait plus encore à l'intérieur, une véritable petite chambre d'hôtel cinq étoile, propre et bien rangé. Le lit était plutôt grand, pour deux très grosses personnes.

    La petite demoiselle déposa son sac sur une chaise près d'un bureau, ainsi que son masque avant de dégrafer le col de sa robe qui lui serrait la gorge. Elle alla ensuite s'installer sur le lit, déposant ses grands yeux azurs sur son camarade.

    – Tu le connaissais bien ce garçon, avant, quand vous étiez dans la garde ? Tu crois qu'il travaille pour le Vanguard maintenant?

    La question était surtout de savoir s'il pouvait lui faire suffisamment confiance pour prendre le risque de passer une seule nuit sur le même navire que cet homme qu'Aeron avait d'ailleurs qualifié d’assoiffé de sang. Ah, voilà qu'elle allait faire des cauchemars cette nuit … Mais bon, elle préférait encore rêver de se faire trancher la gorge par cet homme plutôt que de rêver une fois de plus de Jirall. Le fait qu'il fut tant de fois évoqué ce soir n'aura pas arrangé le moral de la petite renarde qui se sentait à nouveau nauséeuse, bien que l'on puisse accorder cela au large, Sélès reconnaissait bien ce sentiment de dégoût, cette envie de recracher tripes et boyaux …

    Elle posa ses petites mains sur le lit pour sentir la douceur et le moelleux de la couette sous ses paumes, prenant le temps de juger de l'espace qui leur était offert. Vu la taille de leur couche, cela prenait presque la moitié de la cabine. Il y avait également une moquette et un tapis plutôt épais et moelleux comme un brioche – pourquoi une brioche ? Parce que c'est moelleux une brioche, et qu'elle avait un peu faim. Elle balança ses pieds dans le vide (puisque, une fois assise sur le lit, elle ne touchait plus par terre) et posa de nouveau son regard sur le blondinet.

    – Je sais que le tapis à l'air confortable, mais le lit est assez grand pour nous deux, tu crois pas ?

    N'allez pas voir de sous-entendu là-dedans, cela venait de sortir de la bouche de Sélès tout de même. Cela l'embêtait juste qu'il se retrouve toujours à dormir par terre alors qu'elle avait un grand lit bien confortable pour elle toute seule. Et puis bon, ce lit était tellement grand qu'on pouvait largement penser qu'il y en avait deux ou trois ! On pouvait en caser quatre ou cinq comme Sélès là-dedans, et Aeron n'était pas beaucoup plus gros. La petite demoiselle se débarrassa de ses chaussures et s'esquiva avec une chemise de nuit derrière le paravent pour se changer.
               



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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Dim 23 Mar - 18:31

Aeron entre dans la cabine avec Seles. Il regarda distraitement la demoiselle poser son sac et dégrafer son col avant qu'elle pose la question :

    – Tu le connaissais bien ce garçon, avant, quand vous étiez dans la garde ? Tu crois qu'il travaille pour le Vanguard maintenant?

    – On a eu l'occasion de discuter quelques fois, mais sans plus. Il avait du mal à s'intégrer mais pas forcément pour les même raisons que moi. Il avait tendance à être violent si on le cherchait. Il a eu de nombreux problèmes d'insubordination, un peu comme moi. La différence est que là où je disais juste "non", il tabassait son supérieur. Il a eu droit aux coups de fouet encore plus souvent que moi. Au final, on se respectait mutuellement parce qu'on faisait tous les deux parties des quelques uns qui désapprouvaient les ordres, mais pas de là à devenir amis. A côté de cela... il était méconnaissable en combat. Il est assez effrayant en soi. Je n'ai aucune idée de si on peut vraiment lui faire confiance. Je sais juste que je voudrais éviter d'être son ennemi si je le peux. Quant à ses employeurs, je pense en effet que c'est le Vanguard qui s'est inquiété de savoir ce que c'était que ce meurtre et la revendication qui va avec. Je n'en ai pas la certitude.

Le blondinet se souvenait de son ancien collègue, de sa disparition. Oui, sur le coup, il l'avait envié pour s'être échappé. Peu de gens le croyaient en vie mais les rumeurs allaient de bon train. Au final, voilà comment ils se retrouvent. Il n'y avait plus qu'à espérer que les deux fuyards pouvaient compter sur lui. Qu'allaient-ils faire qu'il les trahissait ? Le tuer ? Ce serait difficile de veiller sur Seles avec un adversaire forcené comme Asch. Aeron voulait se débarrasser du rouquin avant d'arriver à sa destination. Comment allaient-ils faire ? Ils pourraient le ficeler par surprise et le jeter par-dessus bord mais le jeune homme se refusait de l'abandonner à une mort quasi-certaine. Il fallait le laisser dans une situation où il survivrait à coup sûr mais où il ne pourrait pas les suivre.

    – Je sais que le tapis à l'air confortable, mais le lit est assez grand pour nous deux, tu crois pas ?

    – Mmmmh, oui, oui, bien sûr, pas de soucis

Perdu dans ses pensées, Aeron avait répondu machinalement sans réellement écouter la question. Dormir dans le lit de Seles. Mais si on abandonnait Asch dans une barque, comment être sûr qu'il ne partirait pas à la dérive jusqu'à mourir de faim ? Dormir dans le lit avec Seles, être contre elle. Convaincre Asch de partir allait être un soucis, de toute manière, comment le contraindre à aller dans la barque ? Dormir avec Seles, en la prenant dans ses bras, en sentant son parfum, sa chaleur. On pourrait simplement demander à Asch de partir, mais il y a des chances qu'il refuse tout net... Coucher avec Seles ! Attendez.... QUOI ?

    – Hein ? Euh, pardon, Seles, j'étais dans mes pensées. Qu'est-ce que tu as dit ?

La rouquine pouffa de rire en répétant. Le blondinet se dit qu'il avait dû tirer une tête assez amusante sous la surprise. Bah, le sourire de Seles valait largement d'être la cible d'une petite moquerie gentille.

    – D'accord. Ça me fera passer une bonne nuit d'être sur un matelas confortable avec toi à côté, au moins.

Il enleva ses pièces d'armure, son haut tout en tournant le dos à Seles. Il n'avait pas besoin de dire à Seles qu'il lui tournait le dos pour qu'elle se change, elle le savait. Il attendit ensuite patiemment que la rouquine ne fasse plus aucun bruit, aucun froissement de vêtement ou autre son du même genre, puis se retourna pour la voir sous sa couverture. Elle se mit à s'enrouler dedans, c'était tout mignon. Aeron attrapa un bout de la couverture qui traînait et tira d'un coup pour dérouler la rouquine qui tournoya une seconde avant de finir à plat ventre sur le lit, un air boudeur accroché aux lèvres. Après quelques secondes de silence, les deux jeunes gens éclatèrent de rire, puis s'allongèrent tous les deux sur le lit. La couverture fut remise et ils cherchèrent le sommeil. Aeron fut surpris quand il sentit quelque chose contre lui. Il ouvrit les yeux et constata que Seles avait posé sa tête contre son torse nu. Elle semblait trouver cela confortable. Elle avait une respiration calme, les yeux fermés. Dormait-elle vraiment ? Difficile à dire, mais en tout cas, il était impossible de la faire bouger. Non, ce n'était pas par rapport à son poids, juste qu'Aeron était heureux avec sa rouquine contre lui. Il baissa la tête et déposé un bisou sur le sommet de la tête. Aucune réaction. Elle avait le sommeil lourd ou faisait semblant, mais ça n'avait pas d'importance puisque Morphée emporta le blondinet dans un sommeil sans rêve.

Au réveil, sa première pensée fut qu'il n'avait plus Seles sur lui. La deuxième fut qu'il n'était plus sur le dos mais sur le ventre. La troisième était qu'il y avait quelque chose de mou et agréable dans sa main gauche. Attendez. Mou ? Agréable ? Quoi ? Les yeux s'écarquillèrent et la lumière ambiante, bien que faible, aveugla le blondinet avant qu'il puisse distinguer sa main sur une forme plutôt ronde et un peu aplatie par le poids de la main. Oui. C'est bien ce que vous imaginez. Oui, oui ! Aeron, en se tournant dans son sommeil en même temps que Seles, a eu sa main qui a atterri sur le sein gauche. Disons que c'est près du cœur, hein ? Non, cela ne suffisait pas à rassurer le blondinet qui était déjà tout rouge et n'osait plus bouger. Mais il fallait bouger ! Seles dormait toujours. C'est quoi ce sommeil de plomb ? En douceur, il leva doucement la main. Rien ne se passa. Il pointa l'index et hésita à toucher à nouveau ce corps féminin si désirable... mais qu'est-ce qu'il lui prenait ? Il n'était pas de ce genre de personne. Raaaaaaaaaah !

Se levant rapidement, Aeron sortit de la cabine et tomba nez à nez avec un marin qui portait un seau d'eau. L'eau semblait claire, et avait probablement été prise dans le seau pour être versée sur le pont pour le laver. Le déserteur s'empara du seau et se le versa sur la tête. Une bonne douche froide, rien de tel pour se calmer et se réveiller. Il releva la tête en s'excusant platement devant la marin. Il prétexta que c'était une urgence. C'en était une... en quelque sorte, disons. Attendez, c'est quoi là-bas ? Un navire ? Ce drapeau... La Garde Pontificale ! Comment ont-ils réussi à les rattraper ? Il fallait réveiller Seles au plus vite ! Un coup de poing dans la porte de la cabine d'Asch était suffisant pour lui. Entrant en catastrophe dans la cabine où dormait une petite rouquine, Aeron l'appela en caressant la joue, doucement, mais avec empressement malgré tout.

    – Seles ! Debout ! Les Gardes Pontificaux approchent ! On a peut-être cinq à dix minutes avant leur arrivée !



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Dim 23 Mar - 22:26


Sélès Wilder

Little fox



    Égal à lui-même, Aeron était toujours aussi distrait, et elle aurait très bien pu se courroucer qu'il ne lui prête pas plus attention que ça, au point de lui faire répéter son invitation. Mais il était bien trop adorable pour qu'elle se résigne à se vexer et le gronder, qu'il s'estime heureux, son petit air de gerbille paniquée l'avait sauvé. Une gerbille, oui, c'est à ça qu'il ressemblait lorsqu'il tirait cette tête-là. Parfois, elle se demandait bien ce qui pouvait lui passer par la tête pour qu'il réagisse ainsi pour si peu. Elle l'aimait bien, elle aussi, peut-être même plus que ça, et pourtant, elle ne paniquait pas au moindre contact, ou pour le peu qu'il dévoilait un morceau de sa personne. Finalement, dans sa grande naïveté – bien rayée depuis quelques temps – elle se prenait bien moins la tête pour ce genre de chose.

    C'est donc avec un petit air amusé et même moqueur qu'elle répéta patiemment son invitation, sachant pourtant très bien qu'à sa tête, il avait dû la comprendre du premier coup … Sans doute voulait-il simplement s'assurer qu'il n'avait pas rêvé. Mais bon, c'était en tout bien tout honneur après tout ! Il n'était plus un étranger à présent, il n'était plus son geôlier. Il était son chevalier servant, et avant toute chose, son ami. Ils ne se connaissaient pas depuis très longtemps, mais Sélès avait l'impression que cela faisait déjà des années. Elle n'avait pas beaucoup d'expérience avec ce genre de phénomène, les amis, les nouvelles rencontres et tout ça … Elle n'avait jamais eu vraiment l'occasion d'expérimenter la chose. Mais elle savait que ce qui la liait à Aeron était spécial, ce genre de lien, cette entente et cette complicité si rapidement développée devait être un phénomène rare, même chez les gens habitués et très entourés.

    Sélès était maintenant prête pour la nuit, et alors qu'Aeron entreprenait de se dévêtir à son tour, elle se glissa dans les couvertures du grand lit moelleux et douillet. Étrangement, ce n'est pas le confort du lit qui la mit le plus à l'aise, ce fut le simple changement de décor. Quitter Altamira et cette chambre dans laquelle elle avait passé son temps à se morfondre la libérait déjà d'un poids conséquent. Là-bas, tous lui rappelait ce monstre ainsi que sa disgrâce, mais à présent, ici, elle pouvait enfin penser à autre chose, au moins l'espace de quelques minutes. Et Aeron était bien sûr d'un soutien non négligeable, surtout quand il prenait sa tête de gerbille en détresse.

    Il se tourna enfin, prêt pour la nuit. Elle fut bien trop occupée à exécuter sa farce pour remarquer le torse finement musclé de son camarade. Bon, ce n'est pas comme si elle ne l'avait pas déjà vu comme ça une bonne dizaine de fois pendant leur périple aussi, elle commençait à être habituée comme on dit … Mais là n'était pas la question pour le moment, la demoiselle avait décidé de l'embêter un peu, et c'était la moindre des choses puisqu'elle acceptait de partager le même lit que lui. Elle s'enroula doucement dans les couvertures, pour se transformer en une sorte de grosse chenille rousse, avec son petit sourire fier. Répondant à la fourberie, Aeron attrapa un morceau de couverture pour dérouler la chenille d'un geste ferme, la faisant tourner et rouler sur elle-même jusqu'à ce qu'elle finisse sur le ventre, un peu étourdie. Elle eut une petit moue boudeuse, celle de la chenille vaincue, avant d'éclater de rire simplement. Ça devait être la première fois qu'elle riait vraiment depuis l'incident … Oui, quitter Altamira lui faisait beaucoup de bien, et elle aurait vraiment du mal à y retourner. Quel gâchis, elle qui avait toujours rêvé de cette ville ! De l'explorer avec son frère, d'aller s'époumoner dans les manèges, de se ruiner au casino, de profiter du théâtre le soir, de bronzer sur la plage … Aujourd'hui, tout cela l'exécrait. Peut-être qu'un jour ce goût amer lui passerait, ce jour-là, elle aura décidé de ne pas laisser une vermine gâcher sa vie et ce qu'il lui restait d’espoir et de rêve. Mais c'était encore trop tôt.

    Ils se partagèrent finalement sagement la couverture, et la petite demoiselle laissa sa tête s'enfoncer au creux de son oreiller, allant vite chercher le sommeil. Elle était bien assommée déjà, en train de somnoler, quand la petite chenille s'agita de nouveau. Elle se dandina pour ramper à l'autre extrémité du lit, rejoignant là un coussin bien plus confortable. Elle ne put pleinement s'apaiser et se détendre qu'en sentant la peau ferme du torse du blond contre sa joue. Elle afficha alors un léger sourire satisfait, s'endormant ferme aussitôt, comme si elle venait de recevoir un coup de massue.

    La nuit de la demoiselle ne fut agrémenté d'aucun rêve spécifique, ni par une quelconque sensation oppressante. Il lui sembla bien avoir rêver d'un escargot qui voulait devenir top-modèle, pour peut-être que c'était elle l'escargot … Enfin, ce brouillard onirique s'envola lorsqu'elle commença à émerger. Elle n'avait pas envie de se lever, ni de bouger. Elle faisait l'étoile de mer, si bien  qu'elle en bavait légèrement. Elle ne sentit pas la présence – ni la main – d'Aeron et ne l'entendit pas non plus se lever.

     – Seles ! Debout ! Les Gardes Pontificaux approchent ! On a peut-être cinq à dix minutes avant leur arrivée !

    Elle secoua doucement la tête en sentant la main d'Aeron caresser son visage, puis se mâchouilla la langue en se tournant sur le côté en marmonnant quelque chose. Le blond insista et elle se leva d'un coup, heurtant le front de son chevalier par mégarde. Elle se rallongea aussitôt, un peu sonnée, en se frottant le front.

    – Ahou … de … de quoi, qu'est-ce qu'i'c'passe ?

    Elle réalisa finalement ce qu'il se passa, et se leva d'un coup, prenant garde à ne pas heurter Aeron cette fois.

    – Comment c'est possible ? C'est le duc, c'est ça ? Comment on va faire pour partir ?

    La peur était palpable dans sa voix, alors qu'elle s'habillait en quatrième vitesse. Fuir en pleine mer, c'était quasiment impossible ! Elle savait bien nager, mais son endurance et sa rapidité dans l'eau avec ses limites ! Ils n'avaient plus qu'à prier pour qu'un dauphin vienne à leur secours … bon sang, ils étaient fichus.


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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]   Lun 24 Mar - 22:27

Seles était réveillée, bien. Aeron ne répondit pas à la jeune fille. Il n'avait pas de réponse à donner à sa question. D'après ce que le blondinet savait du navire sur lequel ils étaient, la grosse galère de la Garde Pontificale n'aurait pas dû pouvoir les rattraper. Quelqu'un avait dû faire ralentir le navire, d'une manière ou d'une autre... ASCH ! D'un coup de pied rageur, le déserteur enfonça la porte de la chambre de son ancien collègue. Ce dernier était en train de finir de s'habiller, ayant entendu qu'il avait encore plusieurs minutes devant lui avant la bataille. Aeron l'attrapa par le col et le poussa contre un mur.

- Asch ! Tu saurais, toi, pourquoi notre navire n'a pas été aussi rapide que prévu ? Tu avais décidé de nous vendre à la Garde contre quoi ? Hein ?

- Tu délires ? Je n'aurais eu aucun intérêt à les appeler. Tournes-toi vers ton duc !

Oui, cela prenait du sens, mais la colère n'aidait pas à la réflexion. Pressant Asch contre la paroi de la cabine et approchant son visage, le blondinet d'habitude si calme, si doux, avec sa bonne petite bouille, devenait maintenant quelque chose d'effrayant. Il parla entre ses dents pour dire :

- Si j'apprends qu'elle a été mise en danger à cause de toi, tu peux être sûr que les tourments de l'enfer ne seront rien comparé à ce que je te ferai.

- Elle ? Oh, c'est mignon !

Le rouge monta aux joues d'Aeron. Oui, il avait parlé de Seles sans s'inclure. Elle était pour lui plus important que sa vie, mais ça, il n'oserait pas l'avouer en public, non, surtout pas devant Asch. Un amour dans ces conditions apporterait plus de problèmes qu'autre chose et Aeron restait plutôt timide.

- Oh, toi, c'est pas le moment de faire chier !

Il jeta le rouquin sur le lit de ce dernier et sortit en trombe de la cabine, à la recherche du duc. Si ce n'était pas Asch, c'était forcément le duc. Si ce n'était pas lui... Raaah. Quoiqu'il en soit, les marins étaient sous les ordres du duc. Distancer la Garde maintenant prendrait trop de temps, ils seraient arrivés à destination bien avant et cela poserait problème. Il allait falloir trouver un moyen de les arrêter. Le soleil commençait à perdre ses couleurs orangées au fur et à mesure qu'il se levait. Passant à côté d'une lanterne qu'un marin voulait éteindre, Aeron s'en empara sans un mot. Quand le marin le suivit sur quelques pas, il le rassura. Pas une seule flamme ne naîtrait sur le bois du bateau. En se retournant pour dire cela, il aperçut une Seles habillée et, bien que déboussolée, montrait une certaine détermination. Décidément, elle était quelque chose !

Le duc sortait de sa cabine à son tour au moment où Aeron s'en approcha. Le blondinet dégaina son épée et la plaça sous la gorge du noble avant que celui-ci ne comprenne ce qu'il se passait. Le duc fut poussé contre la porte, côté extérieur. Les yeux du vieil homme étaient exorbités par la peur et il semblait n'aspirer qu'à fuir. Il fallu attendre quelques secondes qu'il se calme avant qu'Aeron puisse poser la question :

- Pourquoi nous avez-vous vendus à la Garde Pontificale ?

- Que ? Quoi ? Ils sont déjà là ? Ils ont été plus rapides que prévu. AOUCH ! Inutile de frapper ! Je n'ai pas eu le choix, vous comprenez !

- C'est cela, oui. Maintenant, votre équipage va m'écouter et m'obéir au doigt et à l'oeil. Ralentissez légèrement l'allure ! Ensuite, à mon signal, vous accélérez à nouveau pour aller le plus vite possible.

Des voiles furent repliées et les marins les tenaient, prêts à les laisser tomber. Là, tout le monde attendit dans un silence pesant. Le navire de la Garde Pontificale s'approchait, encore et encore. En posant le regard sur Seles et Asch, Aeron sentait que ceux-ci voulaient qu'il leur explique sa stratégie, mais il n'avait pas le temps. Il fixait le navire ennemi et se préparait. Son regard revint vers Seles. Oui, il faisait ça pour elle plus que pour lui. Il savait quels sentiments il éprouvait pour elle et chacun des mouvements de la rouquine était pour lui plein de grâce. Pourquoi ne pouvait-il pas lui dire ce qu'il ressentait ? Timidité ? Fierté ? Non. Ce n'était juste pas le moment. Ce n'était jamais le moment. Ils étaient en fuite constante et le seul moment tranquille qu'ils avaient eu avait été gâché par Jirall.

Aeron secoua sa tête. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Bandant ses muscles, il effectua l'un des plus grands sprints de sa vie jusqu'à la poupe du bateau duquel il jeta la lanterne qu'il tenait toujours dans sa main. Celle-ci avait encore pas mal d'huile et, lorsqu'elle toucha la proue du navire de la Garde Pontificale, y alluma un feu vivace. Il avait dû utiliser son exsphère au maximum pour augmenter sa force et la lancer assez loin, mais cela valait le coup. Il fallut malgré tout recommencer l'opération avec un flacon d'huile dont les marins se servait pour recharger les lanternes. L'huile jaillit alors du flacon brisé et étendit l'incendie de manière surprenante... assez surprenant pour que l'une des rares personnes assez intelligentes pour tenter de l'éteindre s'embrase à son tour.

- Allez, vous pouvez accélérer avant qu'on se fasse rattraper !

Il avait presque rejoint Asch quand un son se fit entendre derrière lui. Un grappin était accroché au bastingage et semblait mener vers l'eau. Une barque ! Ils avaient prévu de faire débarquer une escouade avant qu'Aeron mette son plan à exécution ! Cependant, il n'eut pas l'occasion de donner d'autres instructions, car on le poussa contre le mât pour lui mettre aussitôt une dague sous la gorge. Les yeux d'Aeron se fixèrent d'abord sur la main qui tenait la dague, puis les yeux déterminés qui le fixaient. Une femme plutôt jeune, peut-être la vingtaine, qui était vêtue d'un maillot de place deux pièces avec une étoffe transparente par-dessus. Ses formes étaient modestes mais bien féminines malgré tout et ses cheveux attachés à l'arrière faisaient une longue queue de cheval. Les yeux d'Aeron passèrent rapidement sur le pont. Asch était bien là mais aucune trace de Seles.

- Coucou, mon mignon. Et toi le rouquin, là-bas, tu ne bouges pas. Un seul mouvement et j'égorge ton compagnon comme un goret. Quoi ? Tu as quoi, le blondinet ? Tu cherches la gamine ? Elle a poursuivi le duc quand il est parti se terrer dans sa cabine. Elle avait l'air sacrément en colère... Je ne sais pas si elle va le tuer, l'assommer ou simplement le frapper. Tu vois, le problème est qu'on devait vous livrer aux Gardes Pontificaux, mais parti comme ça, on va simplement vous tuer. Arrête de regarder vers la cabine du gros lard, ta petite rouquine ne vaut rien de toute façon. Même lui pourra la maîtriser. Rah ça m'insupporte les petites princesses comme elle. C'est une demi-elfe et elle a eu son petit coin, nourrie, logée, elle faisait tout ce qu'elle voulait, mademoiselle la petite sœur de l’Élu. Ah ça me dégoûte. Ne prends pas ce regard insolent. Elle a pu traverser deux ou trois épreuves, je m'en fiche. Pendant qu'elle se prélasse avec son grand frère qui veillait sur elle, j'ai dû vendre mon corps pour subsister. Elle ne connaîtra jamais ça, la petite vierge à son frérot chéri. Pouah ! En plus son sang est tellement sale. Sa mère, en plus d'être une demi-elfe, est une criminelle ! Tu le savais, ça ? Haha, apparemment non, vu ton air. Mon pauvre, si tu savais à quel point son sang est vicié ! Tu avais entendu parler du meurtre de la mère de l’Élu ? Il faudra qu'elle te raconte quand vous pourrirez dans les geôles. Ah cette fille me débecte. C'est pour ça que je vous ai pourchassés tous les deux... bon aussi parce que j'ai eu le hasard de vous croiser à Altamira. Convaincre le duc de faire le bon choix avec l'aide de mes charmes et de l'argent était facile. L'argent, la gloire et les femmes. Aucun homme ne peut résister, tous des porcs. Au fait, combien de fois t'a-t-elle embrassé pour te convaincre de l'aider ? Combien de fois a-t-elle usé de ses charmes ? Une petite catin qui ne s'assume pas, voilà ce qu'elle est, c'est tout. Tu sembles protester. Oh ? Elle ne t'a même pas encore embrassé ? C'est ça ? En ce cas, je vais le faire avant elle, ce sera toujours une chose de plus que je lui prendrai !

La tirade faisait mal à Aeron. Il sentait toute cette haine injustifiée envers celle qu'il aimait, toutes ces phrases qui instillait le doute en lui, malgré le fait qu'il voulait croire en la rouquine. Il l'avait vue, elle était sortie de la cabine du duc. Elle avançait derrière la chasseuse de prime, la colère luisant de plus en plus fort dans ses yeux. Asch, lui, ne pouvait pas remuer le petit doigt. Même s'il ne semblait pas apprécier Aeron plus qu'un autre, il n'allait pas provoquer sa mort sans raison. Le blondinet, lui, resta impuissant, ne pouvant pas répondre sans que la lame ne s'enfonce dans la gorge, ne pouvait que faire de légers mouvements de tête de gauche à droite. Il essaya bien de lancer des éclairs avec ses yeux, mais cette tactique se révéla peu probante. Apparemment fière du venin qu'elle avait craché, la femme qui le menaçait approchait ses lèvres des siennes. Aeron voulait éviter cela. C'est stupide, il avait autre chose dont il devait se soucier, comme une lame contre sa gorge, mais malgré tout, il arrivait à trouver le temps de se dire qu'il ne voulait surtout pas embrasser cette fille. Non, s'il voulait embrasser une femme, c'était une petite rouquine sur qui il savait qu'il pouvait compter.

Malgré toute sa volonté, il ne put empêcher de se faire prendre son premier baiser de force. Il avait évité le baiser de cette fille demi-elfe à la plage, il avait déjà éviter d'autres fois, à des soirées, quand c'était encore bon enfant, mais ici, non. Il ne pouvait pas vraiment. Le baiser était physiquement agréable, mais ce fait était totalement occulté par le dégoût de ne rien pouvoir faire. En soit, ce n'était pas grand chose comparé à ce qui était arrivé à Seles, mais cela restait très inconfortable. Attendez, la dague ne touchait plus son cou. Effectivement, la chasseuse de prime n'avait pas fait très attention à cela. C'était une ouverture possible pour le guerrier qui était en Aeron. Il leva doucement les mains, puis par surprise, se saisit de la main qui tenait l'arme. Il le repoussa et se retrouvait avec les mains au-dessus de leurs têtes. Il voulait alors tordre le bras et faire lâcher l'arme, mais il n'eut pas le temps car la femme leva la jambe et le genou frappa l'entrejambe du blondinet. Guerrier ou pas, un coup ici pour un homme était extrêmement douloureux et il ne put se retenir de tomber à genoux. Une main agrippa ses cheveux et à tout moment, il s'attendit à se faire trancher la gorge, mais avant que la dague approche, la pointe d'une lame transperça le corps de son agresseuse. Cette grande épée, Aeron la connaissait. Il avait vu Seles la brandir assez de fois. Les yeux fixés sur la lame qui la transperçait, la femme ne semblait pas croire ce qu'il se passait. Pourtant, aucun doute n'était possible...



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Arrivée du déserteur et sa rouquine [PV Seles]

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