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 La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]

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Carnet de voyage
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Aeron Valerius
MessageSujet: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Mer 25 Fév - 23:41

Le mot laissé par la ninja était clair sur au moins une chose : ils allaient devoir se débrouiller sans elle. Après avoir cherché un moyen d'entrer dans la ville, la proposition d'Aeron fut choisie, faute de meilleure idée. Pourtant elle ne semblait pas vraiment faire des heureux. Il est vrai qu'on s'attendrait à ce qu'un groupe entre par une porte dérobée, mais non, le blondinet suggérait carrément de passer par la porte principale. Il avait dû s'expliquer bien en détails :

-En fin de matinée arrive tous les jours une grande caravane de marchands pour alimenter le marché local en produits extérieur. Rien ne peut pousser à l'intérieur de la ville, donc tout est importé d'une manière ou d'une autre. Pour avoir déjà été de faction à la grande porte, je peux assurer que les fouilles et autres vérifications sont faites avec un laxisme désolant, mais très utile pour nous, même en période de crise. Leur prétexte est que personne n'oserait passer par la porte principale. Si nous nous mêlons aux marchands, ils ne poseront pas de question, et dans le pire des cas, il suffit de dire qu'on est de la famille d'un marchand influent et ils n'oseront pas s'attirer nos foudres. Ils ne voudront pas payer leurs emplettes plus cher pour des bêtises pareilles.

Oui, le plan pouvait paraître bancal. Après tout, ils comptaient sur une erreur de l'ennemi, mais au final, l'idée fut adoptée. Le passage des égouts proposé par l’Élu avait probablement été découvert et soit bouché, soit gardé par les hommes du Pontife. Les voilà donc avec des manteaux de voyage empruntés à l'académie de Sybak. Ils étaient de qualité, le bout des manches brodé avec soin, et des petites décorations. Rien de bien impressionnant aux yeux des nobles, mais cela pouvait très bien passer pour des habits de marchands. Au milieu du reste de la caravane, ils se fondaient parfaitement dans la masse. Personne n'avait posé de question dans le reste de la caravane. Il était courant que des marchands rejoignent le groupe en cours de route. Les voilà tous les trois assis à l'arrière d'une énorme charrette, suite à l'invitation d'un marchand. Ils attendaient simplement que le temps passe. Le jeune homme expliqua la suite en chuchotant :

-Les serviteurs à la maison de ma famille m'obéissent plus qu'à mon père. Je pense que c'est dû à la différence de traitement, tout simplement. Nous allons donc nous diriger là-bas. Si quelqu'un pose des questions en chemin, nous livrons une babiole pour le seigneur Valerius et allons le lui vendre au prix fort. Une fois là-bas, nous nous introduirons dans ma chambre. Personne n'y rentre sauf les femmes de ménage. Nous pourrons y passer la journée et sortir quand il fera plus sombre.

Tout en parlant, il avait instinctivement posé la main sur une épaule de Seles pour l'attirer contre lui avec douceur. La rouquine était assise entre les deux garçons. Personne n'avait posé de question sur la position, bien entendu, mais le blondinet suspectait qu'elle ne voudrait pas être éloignée de plus d'un mètre de l'un d'eux.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Ven 27 Fév - 12:46



Sélès Wilder

Little fox


    La nuit ne fut pas assez longue. Pourtant, des trois, Sélès était sans doute celle qui avait dû le mieux dormir, puisque la petite princesse avait hérité du seul lit de la chambre qu'ils occupaient … Mais la petite demoiselle si fragile avait cumulé trop de fatigue et n'avait pas encore réussi à récupérer. Ce sont pourtant les premières lueurs du matin qui la réveillèrent, et elle eut l'impression de venir tout juste de s'endormir. Elle n'avait vraiment pas envie de se lever … Et si ils allaient régler son compte au Pontife demain ? Oui, c'était une bonne idée ça. Mais bientôt, elle remarqua qu'Aeron se levait et elle fut prise de nausée. Son petit ventre était tourmentée de mille petites aiguilles, sans être vraiment lancinant, c'était très désagréable. Depuis le temps, elle avait appris à reconnaître ce symptôme qui indiquait qu'elle manquait de repos mais aussi d'eau. C'est vrai qu'avec toutes ces aventures, elle n'avait pas beaucoup pensé à s’hydrater. La petite renarde n'était pas vraiment faite pour l'aventure, même si elle adorait pourtant cela, sa santé ne lui permettait pas. Là, en l’occurrence, elle en avait trop fait et ce n'était pas fini. Elle se rendit donc dans la salle de bain pour se rafraîchir et se préparer. Elle but beaucoup dans l'espoir de calmer ses maux de ventre et la nausée, mais si cela calma un peu le premier symptôme, rien n'y fit pour le deuxième. Déjà qu'elle avait la peau clair d'ordinaire, si ça continuait, elle allait finir transparente.

Toujours aussi emprunte de fierté, la petite lady prit soin de ne pas montrer son état aux deux hommes de sa vie. Elle savait pourtant que ce n'était que retarder l'inévitable, elle savait que pas plus tard que demain, elle ne pourrait sans doute plus du tout le cacher, comme elle n'aura sans doute même plus la force de se déplacer normalement. Mais tant pis, demain, le Pontife sera défait, elle pourra donc bien se permettre de lever un peu le pied. En attendant, elle ne devait pas préoccuper Zelos et Aeron, ils devaient rester concentrés sur la mission sans qu'elle ne soit un fardeau pour eux.

C'est ainsi qu'après un réveil difficile ils prirent la route vers Meltokio. Comme à son habitude, Aeron semblait à l'aise dans l'organisation des opérations. Tant mieux, parce que là, elle n'avait vraiment pas la foi de réfléchir. Elle luttait d'ailleurs pour ne pas s'endormir en chemin, car elle savait que si elle fermait l’œil maintenant, elle allait rester dans le brouillard toute la journée. Mais pas facile de résister à l'appelle du sommeil quand votre amoureux vous attire contre lui. Mais bon, là, elle balançait entre laisser ses yeux se fermer et rendre son maigre petit déjeuné à cause des ballottements de la caravane.

— Tu veux qu'on passe la journée dans ta chambre ? Fit-elle alors, ne pensant qu'à son lit qui devait être bien confortable, puisque c'était un noble. Je ne veux pas paraître rabat-joie mais … Tu es parti de chez toi il y a longtemps et maintenant tu es même un déserteur. Tu crois qu'ils l'ont laisse tel quel ?

La petite lady lâcha un petit bâillement, déposant délicatement sa main contre sa bouche. Alors, elle se redressa en secouant énergiquement la tête. Elle ne devait vraiment pas se reposer contre lui, elle devait rester bien droite et inspirer l'air frai de la nature pour rester en forme. Elle se claqua même doucement les joues pour tenter de se réveiller et de se redonner des couleurs. Son esprit dériva alors vers un souvenir qui ne lui donna que plus encore la nausée, mais elle n'en était pas moins pertinente.

— Et puis … Ta famille doit être en deuil en ce moment, peut-être qu'il y aura beaucoup plus de monde que prévu chez toi, tu ne crois pas ?

En général quand un décès survenait dans une famille de ce rang, les visiteurs venaient de partout. Amis, partenaires, cousin du troisième degrés … On venait de partout pour l’inhumation du défunt et surtout pour passer une semaine de réceptions mondaines en ''l'honneur'' de l'être cher perdu. La bourgeoisie avait sa dose d’indécence qui ne surprenait pourtant plus personne. Sélès craignait donc que la chambre si bien protégée d'Aeron ne se soit transformée en une vulgaire chambre d'ami.

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Zelos Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Dim 1 Mar - 11:33




Zelos Wilder
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Ils n'avaient pas perdus de temps dans la petite chambre d'étudiant de l'Académie de Sybak. Les affaires de voyage étaient déjà prêtes, la pièce à peu près bien rangée. Sélès partit à la petite salle de bain pour sûrement se laver, laissant les deux hommes seuls. Eux n'avaient pas besoin de cette formalité, même si un bon bain chaud n'aurait pas été de refus ! Mais en temps de crise, c'était devenu un luxe pour Zélos. Et puis, l'odeur de la transpiration nocturne, l'haleine matinale et les effluves des pieds renfermés, quoi de plus masculin ? Niveau de testostérone maximum atteint !
Le rouquin alla regarder le mot laissé par Sheena, reposé sur la commode par Aeron. Elle avait une écriture en italique, bien visible quoiqu'un peu rustique. Ses mots étaient brefs, sans intonation. Intérieurement, il se jura de réparer cette erreur. Son poing se serra sur le bout de papier, le froissant. Il le fourra dans la poche de son pantalon, et la jeune demoiselle sortit de la salle d'eau.

L'ex-chevalier pontifical les guida jusqu'à une caravane de marchand en partance pour Meltokio. Le noble le laissa faire, vu que c'est le seul à avoir trouvé un plan -ou du moins, bien plus concret que celui proposé la veille par l'ex-Elu. Il aida sa demi-soeur à monter à l'arrière de la charrette avant de grimper à son tour. Aeron monta le dernier, et se plaça non loin de la rouquine.
Bon, certes, Sélès était une jeune femme maintenant, attirante, joyeuse, à la peau d'albâtre... Mais cela le perturbait toujours de voir le blondinet à ses côtés. Il n'avait pas l'habitude de voir des hommes lui tourner autour comme ça, et encore moins lorsque les sentiments semblaient partagés ! Il n'avait jamais été très présent dans la vie de la jeune fille, mais il était au moins de son devoir de surveiller et de la protéger, d'assumer enfin son rôle de grand frère comme il se devait de le faire. Mais bon, il fallait bien qu'il s'y fasse, que tôt ou tard, Sélès ne sera plus une jeune fille mais une femme à part entière... Mais ce moment était encore loin d'arriver, foi de Zélos !

Cela faisait un certain temps qu'ils roulaient vers la Capitale. Aeron prit alors quelques minutes pour exposer les détails de son plan. Ils allaient passer par la grande porte, ce à quoi ne s'attendait sûrement pas le Pontife. De son expérience, les gardes ne vérifiaient que rarement le contenu des marchandises, ce qui jouait en leur faveur. Et dans le cas où ils étaient découverts, ils leur suffiraient de se mêler aux autres commerçants ambulants. L'Elu déchu écouta attentivement.

- C'est quand même assez risqué, de compter sur le fait que les chevaliers ne fouillent pas la charrette... On pourrait passer par les égouts de Meltokio, proposa-t-il, c'est un raccourci sûr que je connais comme ma poche.

Même si l'idée paraissait intéressante, l'Ex-chevalier la démontit en supposant que le Pontife a renforcé toute les entrées et sorties, y compris les égouts, dans le meilleur des cas. Au pire, il avait été rebouché. Ce mini-débat marqua une courte pause silencieuse, au cours de laquelle le Don Juan remarqua que Sélès avait du mal à tenir éveillée. Avait-elle passé une mauvaise nuit ? Il n'eut pas le temps de lui poser la question qu'Aeron reprit son explication, en chuchotant. Ils vont se faire passer, dans leurs tenues de marchands, pour des livreurs venus apporter un colis au patriarche Valerious. Ils iront alors occuper la chambre d'Aeron en attendant que la nuit tombe. Il certifia que les serviteurs de la maisonnée lui étaient fidèles, ce qui pouvait se révéler d'une grande aide en effet.
Et tandis qu'il disait cela, il avait lentement rapproché la demoiselle près de lui, mais cette dernière semblait vraiment lutter contre le sommeil. Elle lui lâcha cependant une remarque digne de son petit caractère de lady sur le fait qu'il pensait que la chambre du blondinet était vraiment restée telle qu'il l'avait laissé en partant. Et après un bâillement, elle enchaîna sur une question bien plus pertinente :

- Et puis … Ta famille doit être en deuil en ce moment, peut-être qu'il y aura beaucoup plus de monde que prévu chez toi, tu ne crois pas ?

Il est vrai que lorsqu'un deuil survenait dans une famille noble, il était de coutume d'inviter les autres nobles festoyer dans sa demeure en l'honneur du défunt. Le rouquin se souvint qu'une fois, cela avait duré plus d'une semaine, mais impossible de se souvenir qui venait de trépasser...

- Et bien, peut-être que nous pourrions aller au manoir Wilder ? Au vu des événements, la quasi totalité des domestiques ont dû partir. Seul Sébastien occupe encore les lieux.

Après tout, s'il avait fait parvenir un message à Georges à Altamira, c'est qu'il doit être encore vivant, à arpenter les longs couloirs avec son plateau d'argent posé en équilibre sur une main, dans l'attente du retour de son maître...
La charrette passa sur un nid de poule, secouant tous les passagers -et la marchandise- à l'intérieur. La rouquin chuta tête en avant. Zélos la prit alors par les épaules pour l'aider à se redresser, et constata qu'elle était blanche comme un linge et qu'elle était moite, comme si elle couvrait quelque chose.
- Tu es malade ?! s'inquiéta-t-il.

Après un court moment d'absence, elle le repoussa gentiment et repris sa place initiale en lui assurant que tout allait bien. Elle accepta la gourde d'eau qu'Aeron lui tendit, but quelques gorgées et leur adressa un pâle sourire pour tenter de les rassurer.
Zélos espéra que son état n'allait pas s'aggraver dans les prochaines heures. Non pas pour le bien-fondé de leur "mission", mais bien parce qu'il était son grand frère, et qu'un grand frère prend soin de sa petite soeur...





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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Jeu 12 Mar - 19:06

Les roux avaient soulevé un problème auquel Aeron avait inconsciemment préféré ne pas penser. Oui, son frère était mort, il l'avait tué. Cet acte restait abominable, même si c'était un salaud. Aeron eut l'impression que ses boyaux étaient en train de se tordre. Il résista à l'envie de dégobiller et parvint à garder un air à peu près impassible. La culpabilité de cet acte ne s'atténuerait peut-être jamais. Une fois ramené à ces pensées, le blondinet n'arrivait pas à refouler toutes ces images, le sang de cette demi-elfe, puis celui de son propre frère, le moment de sa mort, tout... Ce fut la chute de Seles qui ramena le chevalier à l'instant présent, plus précisément la voix de Zelos. Oui, Seles ne semblait pas se porter très bien. Elle voulait rester forte, cela se voyait, mais on pouvait distinguer que ce n'était pas la grande forme.

-Laisse-moi deviner, tu n'as pas voulu nous inquiéter, c'est ça ?

Le blondinet sauta de la charrette, puis montra l'endroit qu'il occupait juste avant.

-Tu peux t'allonger là, si tu pousses un peu les marchandises, tu ne seras pas trop au bord. On devrait arriver dans pas très longtemps. Pas question de rouspéter ! Tu t'es occupée de moi avant notre arrivée à Sybak, à mon tour de m'occuper de toi. On fait ça à tour de rôle, non ?

C'est un sourire amusé qui avait fleuri sur les lèvres d'Aeron, mais au fond de lui, il s'inquiétait. Oui, Seles avait toujours eu une santé fragile, on le lui avait dit et il l'avait constaté pendant qu'elle était à l'abbaye. Pendant le voyage, elle avait parfois montré de vagues signes de faiblesse, mais il avait mis ça sur le compte de la fatigue du voyage et des événements malencontreux qui s'étaient produits en cours de route. Aujourd'hui, il se demandait s'il n'avait pas trop exigé de la part de la petite lady. Se détournant des deux, il demanda à un garçon qui courait entre les charrettes et poursuivait un de ses camarades de jeu s'ils allaient bientôt arriver. Il revint ensuite près des rouquins pour leur dire :

-On arrivera dans une quinzaine de minutes, probablement. Je pense que le manoir Wilder est la solution la plus prudente, mais il faudra quand même faire un détour par celui des Valerius pour pouvoir aller chiper des armures pontificales. J'essaierai de voir si je peux y passer discrètement dans la journée pour qu'un serviteur nous prépare le terrain. En attendant, nous pourrons nous reposer.

Le chevalier ne put s'empêcher de jeter un regard appuyé à Seles. Il espéra que cela ne passe pas pour une accusation. Ce n'était pas la faute de la rouquine et il ne lui en voulait pas. Le bien-être de sa bien-aimée était tout ce qui lui importait, de toute manière. Le regard du blondinet se tournait vers le frère. Il ne pouvait pas s'empêcher d'éprouver une sorte d'antipathie envers Zelos. C'est comme s'il était responsable de leurs problèmes. Selon toute vraisemblance, Sheena et Zelos auraient quelque chose à voir en les décisions récentes du Pontife relatives à Seles, alors pourquoi n'en voulait-il qu'à Zelos ? Peut-être une sorte d'esprit de contradiction avec Seles qui détestait la ninja mais adorait son frère. Cela dit, Aeron n'en était pas à adorer l'étrange femme. Il lui faisait confiance, mais cela n'allait pas plus loin. Il aurait tout de même préféré l'avoir avec eux pour ce genre d'opération discrète.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Ven 13 Mar - 12:37



Sélès Wilder

Little fox


    Le manoir Wilder. Voilà bien longtemps qu'elle n'y avait pas mis les pieds, mais elle se souvenait encore de l'odeur que l'on y trouvait, mais aussi du visage de ce bon vieux Sébastien qui avait toujours été gentil avec elle ainsi que … de cet immense portait, la mère de Zelos. Cette femme lui avait toujours fait peur, même son seul portrait. Mais c'était la mère de Zelos, celle-là même qui était morte à cause de sa mère, à elle. Elle ne pouvait que bien imaginer à quel point ce devait être important pour lui de garder un peu de sa présence chez lui. Mis à part ce portrait, donc, cette demeure ne lui évoquait que sécurité et réconfort. C'étaient les souvenirs de son enfance où tout était encore simple, où tout allait encore bien, où elle allait voir son frère en cachette pour apprendre à le connaître et où il l'invitait pour le goûter. Oui, même si elle n'y avait pas beaucoup mis les pieds et que cela faisait des années qu'elle n'y était pas passée, cette demeure lui évoquait bien plus un ''chez elle'' que l'abbaye.

Sélès avait bien envie d'y retourner. Elle voulait y retrouver l'odeur de son enfance que Zelos portait parfois sur lui en lui rendant visite à l'abbaye, elle voulait revoir Sébastien avec sa moustache rigolote et sa façon de parler tout aussi amusante. Elle voulait revoir ce portrait et affronter le regard de la femme qui lui faisait si peur … Affronter les péchés de sa défunte mère. Et aussi, elle voulait retrouver ce lit si confortable dans lequel elle avait si bien dormi après son malaise le jour de sa rencontre avec Zelos. Oui, elle s'en souvenait !

Son cœur s’animait de réconfort à l'idée de retrouver la demeure de son frère, au moins n'aurait-elle pas à côtoyer celle de l'homme qui lui avait fais tant de mal et qui était mort à cause d'elle. Oh elle ne regrettait pas qu'il soit mort, aussi petite et raffinée soit cette lady, elle haïssait tellement Jirall Valérius que son seul regret fut de ne pas le tuer elle-même. Elle n'avait pas de regret pour lui, mais elle culpabilisait tout de même du poids du fratricide qu'était obligé de porter Aeron à cause d'elle. Peut-être qu'elle ne se sentirait pas beaucoup mieux si c'était elle qui avait tué le frère de celui qu'elle aimait … mais elle préférait penser que cela aurait été mieux ainsi.

C'est à ce moment que la caravane fut secouée et que la petite lady tomba maladroitement en avant, n'ayant décidément pas assez de force pour résister à ce genre de brusqueries surprises. Son frère l'aida à se redresser pour l'examiner de plus près. Elle tenta pourtant de détourner la tête pour qu'il ne puisse constater son état, mais il la connaissait bien depuis le temps, il cerna tout de suite le problème.

- Tu es malade ?! S'enquit-il aussitôt.

La petite rouquine ne répondit pas tout de suite. La nausée lui refusait tout mouvement, auquel cas elle rendrait sans doute son maigre déjeuner sur le plancher de la caravane. Une fois que le haut-le-cœur fut passé, elle secoua la tête et releva le menton pour tenter de faire bonne figure.

— Tout va bien. J'ai été surprise c'est tout … Tenta-t-elle pour rassurer les deux hommes de sa vie.

Après avoir bu un peu d'eau fraîche, elle se sentit légèrement mieux. Si elle était encore toute molle et engourdie, au moins la nausée ne menaçait-elle plus de lui vider l'estomac. Puis, comme ses mensonges semblaient décidément vains et que les deux garçons l'avaient visiblement grillée, la petite lady gonfla légèrement les joues avec un petit air renfrogné. Ce fut sa seule réponse à la question d'Aeron. C'est alors que le jeune homme sauta de la charrette pour marcher à côté, Sélès le regarda faire avec un air intrigué jusqu'à ce qu'il lui conseille de se reposer. Non, elle ne voulait pas s'allonger. Si elle s'y aventurait, elle ne pourrait plus se lever … Mais il ne la laissa pas protester et insista. Bornée, la petite résista jusqu'à ce que le chevalier ne disparaisse pour partir en quête de quelques informations un peu plus loin. Alors, Sélès se dandina légèrement sur place, comme mal installée, avant de finalement le décaler légèrement vers la place d'Aeron pour laisser sa tête retomber sur les jambes de son frère. Le tout, avec un petit air renfrogné, comme si elle faisait cela sous la contrainte … Et c'était le cas. Sous la contrainte de sa petite nature.

Elle se risqua à se reposer un instant ainsi, jusqu'à ce qu'Aeron n'apparaisse de nouveau. Elle tourna alors simplement la tête vers lui pour l'écouter et ne résista pas au besoin irrépressible de fermer les yeux. Son frère était là, le chevalier dont elle était amoureuse aussi … Elle n'avait rien à craindre. Elle laissa donc ses forces l'abandonner totalement pour succomber à un sommeil aussi lourd que soudain et il lui sembla n'avoir fermé les yeux qu'une petite seconde lorsqu'on la secoua pour lui annoncer qu'ils étaient arrivés. La petite rouquine se redressa alors doucement en se frottant les yeux. Voilà, elle le savait, c'était encore plus difficile maintenant. En essayant d'ouvrir les yeux, elle fut prise de deux petits éternuements avant d'enfin pouvoir émerger un peu. Elle réajusta ses cheveux, remit son capuchon sur sa tête et prit son petit sac avant de descendre doucement de la charrette – avec l'aide de ses braves sujets, Zelos et Aeron. Elle sentait ses jambes bien faibles mais elle n'en dit rien. Ils se dirigèrent aussitôt vers le quartier noble et la petite s'arrêta avant d'approcher trop des lieux.

— On ne nous laissera pas nous promener dans ces rues comme ça. Elle regarda autour d'elle et retrouva le chemin qu'elle empruntait quand elle était petite pour se rendre chez Zelos. Venez.

Après un petit détour, ils longèrent une grande haie. Elle se mit alors à genoux et rampa dans un petit passage qui allait sans doute être un peu agrandi par le passage des deux gros de derrières, mais ce n'était que des feuilles et des branches, alors ils pourraient passer en forçant un peu. Après une petite balade à quatre pattes, ils débouchèrent enfin sur la cour du manoir Wilder. Elle se releva et s'épousseta avec élégance.

— C'est par ici que je passais pour venir quand j'étais petite.  

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Zelos Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Dim 22 Mar - 22:49




Zelos Wilder
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Ils étaient presque arrivés. Le trajet de Sybak à la capitale n'avait pas été aussi long qu'il ne le pensais -même si cela aurait pu être écourté par l'utilisation des ptéroplans, mais ils n'en n'avaient pas. Le Chevalier blanc de la lady était parti se renseigner auprès d'autres personnes du convoi, tandis que cette dernière lui faisait bien comprendre que se reposer dans la charrette comme une faible et fragile petite chose ne lui plaisait guère. Mais, que cela lui plaise ou non, il le fallait.
Aussi loin qu'il se rappelait, Sélès avait toujours eu une santé fragile. Le moindre rhume en hiver, c'était pour elle ! Les médecins lui avaient aussi trouvé une fragilité au niveau de l'estomac, provoquant nausées, fièvre et, lorsque les douleurs étaient vives, évanouissements. Depuis qu'il l'avait apprit, Zélos n'avait cessé de garder un oeil sur son comportement, afin de la rattraper si elle chutait. Malheureusement, une tentative d'assassinat échouée mit fin à leurs moments de complicités enfantines en les éloignant l'un de l'autre.

Le noble regarda sa jeune soeur se dandiner afin de trouver une place allongée à peu près confortable. Celle-ci, après l'avoir poussé pour obtenir plus d'espace, finit par reposer sa tête rousse sur les jambes de son frère. "Tu fais du boudin ?" lui lança-t-il d'un ton amusé, en voyant les joues gonflées de Sélès, sa mine des beaux jours et ses bras croisés. Elle ignora royalement sa remarque, préférant tourner son visage vers Aeron pour l'écouter. Le blondinet résuma brièvement leur prochaine tactique d'infiltration et de cachette avant de trouver une petite place dans la charrette -vu que Madâme avait pris ses aises... Et qu'elle dormait déjà !
Zélos souria tendrement face à spectacle, négligeant le regard appuyé d'Aeron sur sa personne. Il passa doucement ses doigts dans les courts cheveux roux de la demoiselle. Malgré le fait qu'ils aient eu le même géniteur, leur couleur de cheveux étaient sensiblement différentes. Celle de la lady virait au rosé au soleil, tandis que les siens étaient légèrement plus sombres, d'un rouge digne d'un grand bordeau ou du sang... Oh, bien sûr, pour toute personne que vous demanderez de comparer les deux chevelures, ils vous répondront qu'elles sont d'une couleur identique. Et c'est vrai, mais la nuance que l'ex-Elu notait ne pouvait n'être perceptible que par les rouquins eux-même. C'était une "histoire de famille"...
Et c'est ainsi qu'ils arrivèrent devant les grandes portes de Meltokio.

Comme l'avait prédit Aeron, les chevaliers fouillèrent à peine les chariots, regardant de temps en temps en dessous ou demandant à quelques voyageurs de baisser leurs capuchons. Heureusement pour le groupe, ils ne leur avaient pas demandé de le faire. Ils s'étaient contentés de jeter un rapide coup d'oeil à l'intérieur, et voyant Sélès allongée -et son capuchon cachant toute la chevelure rouge-, ils n'insistèrent pas plus. La caravane de marchant alla se poser un peu plus loin, dans un espace derrière quelques boutiques commerçantes.
Ce fut à ce moment que le rouquin réveilla la jeune femme en la secouant tendrement. Elle se redressa doucement et se frotta les yeux pendant que le grand frère l'informait qu'ils étaient arrivés à Meltokio. La rouquine termina de se préparer -car une femme se prépare toujours, quelles que soient les circonstances- tandis que les deux nobles descendirent de la charrette. Ils l'aidèrent par la suite à y descendre à son tour, chacun lui prêtant une main.
Sans plus attendre, le groupe se dirigea vers les beaux quartiers, ou communément appelés les quartiers nobles. Ils passèrent près de l'Académie de recherche, où Zélos avait expérimenté de nombreuses expériences sur les femmes. Ils virent furtivement le Colisée, ainsi que de nombreux guerriers qui attendaient leur tour pour briller dans l'arène. Et enfin, du haut de Meltokio, ils arrièrent à la jonction entre le palais royal et les quartiers nobles.

- On ne nous laissera pas nous promener dans ces rues comme ça, fit la lady. Elle avança vers un petit chemin contournant un petit jardin aménagé et leur fit signe de la suivre.

Ils firent un léger détour, puis passèrent près d'une grande haie de cyprès. Ils devaient facilement faire plus de trois mètres de haut ! Rien que cet indice de demande de discrétion lui indiqua qu'ils passaient derrière la résidence d'un noble. A savoir lequel, Zélos s'en fichait royalement. Ils étaient quasiment tous à mettre dans le même panier de vipères...
Ils marchèrent ainsi sur une longue distance, peut-être plusieurs centaines de mètres, puis Sélès s'approcha d'un buisson touffu et s'accroupit. Elle passa par un trou à peine visible, donc autant dire que lui et Aeron allaient avoir quelques difficultés à s'y faufiler sans soucis... Zélos suivit sa soeur, Aeron en bout de file. Il connaissait bien toutes les manigances et diverses occasions pour un homme de profiter d'une belle vue sur le corps d'une femme -après tout, il était expert en la matière. Et ramper à quatre pattes derrière une jeune femme en était une, d'autant plus qu'elle portait une jupe. Cependant, ce qu'il n'avait point prévu, c'était l'attraction folle de sa chevelure avec les nombreuses petites branches du buisson. A cet instant, le Don Juan aurait préféré avoir la boule à zéro.

Lorsque, enfin, le groupe émergea de l'escapade buissonnière, ils se trouvaient dans des lieux bien connu de l'ex-Elu.

- C'est par ici que je passais pour venir quand j'étais petite, expliqua Sélès alors que le grand frère venait de tourner vers elle un regard interrogateur.

Zélos prit alors la relève et pénétra en tête de file dans le manoir par la porte des domestiques. Oh, il n'y avait rien à craindre de ce côté-là : les domestiques avaient dû tous fuir lorsque la populace était venue le chercher après l'annonce de sa mise à mort par le Pontife. après tout, qui aimerait travailler pour le plus grand traître du royaume ?
Il poussa la porte doucement. Les gonds grincèrent, puis ouvrèrent la voie à la cuisine. Elle était vide et silencieuse, mais propre. Aucun plat, aucune marmite ne traînait sur le plan de travail. Le groupe avança prudemment, puis arrivèrent à un long corridor. Ce dernier était régulièrement emprunté par les servantes pour apporter les repas en toute discrétion. Tout était sombre. Les rideaux pourpres étaient tirés, laissant à peine filtrer la lumière cuivrée du soleil de midi. Aucune lampe à huile n'était allumée, et ce silence ! Il n'y avait pas un chat. Même les pas du trio étaient étouffés par l'épaisseur des tapis.
Cependant, et ce malgré la semi-obscurité des lieux, Zélos remarqua que tout était rangé à sa place, et de surcroît nettoyé dans les plus moindres recoins. Se doutant de quelque chose, l'ex-maître des lieux se hasarda à pousser la porte menant à l'entrée. Ils débouchèrent ainsi sur la gauche du formidable escalier de marbre menant aux diverses chambres et bureaux du manoir. Il soupira.

- Et dire qu'il n'y a personne... J'aurais pourtant cru que...

En disant ces mots, l'héritier Wilder examinait les lieux, posant son regard là où il pouvait et là où il percevait des objets pour se repérer. C'est alors que son regard se posa sur un tableau : sur le portrait de sa mère, Mylène Wilder.


Tant de choses lui revinrent en mémoire à la seule vue de cette peinture... Des souvenirs agréables, comme des souvenirs moins plaisants. Et par dessus ceux-là, un seul souvenir qu'il gardera en mémoire jusqu'à sa mort.
A ses côtés, Sélès paraissait mal à l'aise à la vue du portrait. Était-ce bien à cause du tableau de sa mère, ou bien avait-elle encore mal à l'estomac ? Il n'en savait rien, et c'était très difficile d'en juger à cause de la pénombre. Mais le jeune homme tenta quand même :

- Ne t'inquiète pas pour elle, elle est morte maintenant. Elle ne te feras plus de mal... Elle ne NOUS feras plus de mal...

Le rouquin adressa un sourire à sa demi-soeur, sans savoir si elle le verra ou pas, quand soudain un bruit métallique retentit derrière eux.

- Monsieur... Vous... Vous êtes vivant ?!
- Sébastien ?
- Monsieur !

Tel le majordome qu'il était, Sébastien ramassa le plateau qu'il venait de faire tomber par surprise. Zélos alla tant bien que mal à sa rencontre pour le saluer. En fait il aurait franchement aimé le serrer dans ses bras. Le majordome a été pour lui plus qu'un père. A lui seul il a été une vraie famille pour le jeune noble, toujours là en cas de besoin pour l'aider et le réconforter. Mais son rang, même après avoir perdu le titre d'élu, ne le lui permettait pas. Même s'il n'y avait personne d'autre que des amis en qui il avait confiance. Même s'ils étaient dans le noir. Même si personne d'autre ne savait qu'ils étaient là...

- Oh Monsieur, comme je suis content de vous voir sain et sauf ! Après votre départ, tout a été si... Infernal !Oh, si vous saviez Monsieur, toutes les rumeurs à votre sujet, et les saccages de vos biens...
- Moi aussi je suis heureux de te revoir Sébastien, mais cette affaire attendra un peu. Est-ce qu'il y a des chambres convenables ?
- Oui Monsieur, bien sûr. J'ai essayé de rendre le manoir le plus vivable possible, en attendant votre retour...
- Merci Sébastien. Merci...


Aujourd'hui, ils allaient enfin pouvoir se laver correctement, se changer, et surtout se reposer dans un moelleux lit de plume d'oie sauvage.






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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Lun 23 Mar - 1:21

Les gardes furent un peu plus sérieux que d'habitude, mais leur laxisme habituel se faisait malgré tout sentir et cela leur permit d'entrer sans encombre. Après un soupir de soulagement une fois à leur arrivée, Aeron se fit devancer pour le réveil de Seles. Il regarda donc le frère faire. Le chevalier avait tellement pris l'habitude de s'occuper de la rouquine que voir un autre prendre sa place lui faisait bizarre. Il y avait une pointe de jalousie qui perçait mais il la repoussa rapidement. Ce genre d'émotion n'avait pas lieu d'être. Zelos lui inspirait déjà assez d'antipathie sans en rajouter. Ils se promenaient au milieu des passants sans aucun soucis, mais en approchants les quartiers les plus chics, Seles leur fit une remarque très juste : ils allaient attirer l'attention s'ils continuaient. On ne pouvait pas dire que leur tenue était vraiment à la pointe de la mode.

C'est ainsi qu'ils se glissaient ensuite entre les buissons. Aeron allait suivre Seles mais l'ex-Élu surgit devant lui. Le blondinet ne comprit pas cet empressement et mit cela sur le compte du côté surprotecteur d'un frère pour sa sœur. Ils arrivèrent rapidement au domaine des Wilder et Seles expliqua qu'elle empruntait toujours ce chemin quand elle était petite. Le blondinet devina qu'ils avaient un soucis de rang qui faisait que Seles devait venir en cachette. C'est en ayant besoin de réfléchir à cela qu'il réalisa qu'il ne connaissait pas grand chose sur Seles et son enfance. Il faudra qu'il pense à demander à Seles de lui raconter en détails un jour. Un grincement de porte le ramena à l'instant présent. Les rouquins entraient déjà. Se pressant pour les rattraper, Aeron s'arrêta une fois à l'intérieur pour refermer la porte le plus silencieusement possible. Il observa ensuite l'intérieur du bâtiment en suivant les Wilder. Il était évident que quelqu'un avait pris soin des environs, mais quelques marques dans un coin ou un autre montraient que quelqu'un avait dû saccager le coin. Une foule en colère avait dû passer pour lyncher l’Élu suite à l'annonce du meurtre du roi.

Dans le salon, Seles et Zelos s'arrêtèrent devant un portrait. Un rai de lumière éclairait le-dit portrait suffisamment pour qu'on y voie une belle femme blonde à l'air sévère. Aeron faillit faire une remarque sur la beauté de la personne peinte mais son instinct lui recommanda de se taire. Même sans voir Seles en détail, il sentait que quelque chose n'allait pas, sans pouvoir expliquer comment il le sentait. Zelos brisa le silence en rassurant Seles. Cette femme voulait faire du mal à Seles ? Il était d'un coup évident du pourquoi... Il devait s'agir de Mylène Wilder. Aeron l'avait déjà croisée quand il était petit mais il était trop jeune pour se souvenir d'elle. Il était aisé de deviner la réaction de la femme d'un grand noble face à la fille demi-elfe de la maîtresse de ce noble. Mépris, haine, honte, jalousie... La présence d'un enfant avait dû lui rappeler qu'elle n'était pas assez bien aux yeux de son mari pour l'empêcher d'aller voir ailleurs. Seles avait dû payer les frais du comportement volage d'un père qu'elle n'avait probablement pas beaucoup connu.

En voyant les deux rouquins serrés l'un contre l'autre, parlant de choses qu'il ne connaissait pas, Aeron sentit cette jalousie revenir. Oui, il ne connaissait Seles que depuis peu de temps et voilà que Zelos le lui rappelait. Le faisait-il exprès ? Difficile à savoir. Il aurait dit 'oui' mais se doutait que ce serait la jalousie qui parlerait. Il devait se calmer et garder la tête froide. Ils avaient d'autres choses à penser, d'autres choses à faire... comme s'occuper de l'ombre qui approchait derrière Zelos. Aeron tendit la main vers son épée mais à peine eut-il touché la garde que l'ombre se révéla être le majordome. Après une courte conversation entre Zelos et lui, Sébastien se tourna vers Aeron et lui demanda de décliner son identité.

-Je suis Aeron Valerius.

-Oh, vous êtes Avorton-à-peu-près-digne-de-confiance. Je vous appellerai Aeron pour plus de praticité, si vous le voulez bien.

-Euh... très bien.

Après quelques secondes de réflexion, Aeron devina que le surnom avait été sorti par Zelos. Il avait dû enquêter sur les chevaliers pontificaux qui surveillaient sa sœur et c'est avec ces mots qu'il avait dû parler d'Aeron...

-Excusez-moi, pouvez-vous m'indiquer ma chambre ? Y a-t-il une salle de bain dedans ?

Sébastien lui indiqua la troisième porte à l'étage et confirma la présence d'une salle de bain. Après avoir fusillé Zelos du regard pendant un instant, le blondinet monta les marches deux à deux et entra dans la chambre sans se retourner, sans rien dire. Il avait besoin de se calmer un peu de réfléchir plus sereinement à la situation. Rien de tel qu'une bonne douche pour cela...



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Lun 23 Mar - 14:49



Sélès Wilder

Little fox


    Ses deux compagnons étaient parvenus à passer dans le petit trou de souris et Zelos en ressorti les bouclettes parées de branchettes. C'est d'un geste tout à fait naturelle – et un peu exigeant – que la petite lady arrangea ça rapidement en retirant ce qui n'avait rien à faire dans la longue chevelure rousse de son frère. Là, c'était mieux. Le maître des lieux prit donc la tête de la file et Sélès posa les yeux sur son chevalier, le débarrassant lui aussi d'une petit feuille qui traînait sur sa tête blonde avant de suivre son rouquin de frère de près.

Ils s'infiltrèrent dans le manoir par l'entrée de service à l'arrière, s'y aventurant prudemment. Avec les rideaux tirés, la grande demeure avait un aspect bien plus sombre et lugubre que dans ses souvenirs. Mais tout était propre et en ordre, alors ça n'avait pas non plus l'air hanté. La lumière tamisée, plutôt chaude, préservait même une certaine hospitalité intime. Par contre, si la petite avait trop froid dehors, là, elle avait soudainement si chaud qu'elle avait l'impression d'étouffer. Elle se sentait décidément fiévreuse et elle luttait contre son propre corps pour le faire tenir jusqu'à ce soir. Elle devait tenir le coup !

Comme elle observait la pièce avec prudence, son regard se posa sur le grand portait de l'ex maîtresse des lieux, celle qu'elle avait toujours tant redouté, ce portrait qui, sans même avoir vu l'originale en personne, lui donnait des sueurs froides. Comment ne pas éprouver d'antipathie envers cette femme à la beauté frigide et au regard glaciale ? Cette femme que sa mère avait toujours désignée comme la sorcière qui lui avait volé son père. ''C'est nous qu'il aime vraiment'' disait-elle toujours, ''Il nous aime et ils nous l'ont volé''. Étrange de constater qu'autant la manœuvre de manipulation avait fonctionné seulement vis à vis de la femme et non du fils. Peut-être le lien du sang … Sélès avait toujours rêvé de pouvoir vivre ici avec Zelos, son père et sa mère. Cette mère qui avait toujours méprisé le premier né de son aimé jusqu'à vouloir sa mort … juste pour que sa fille soit l'élue.

Le regard de la rouquine s'était donc perdu sur le portrait avec crainte. Le poids de ses angoisses enfantines ainsi que des péchés de sa mère alourdirent subitement son cœur jusqu'à ce que son grand frère ne la rassure. Elle ne leur fera plus de mal ? Cela lui faisait un peu mal au cœur d'entendre Zelos parler ainsi de sa propre mère, car même si, quant à elle, la mère de Sélès était une meurtrière, elle l'aimait tout de même. Mais la petite rouquine ignorait tout de la relation de Zelos avec cette Mylène Wilder … Pourquoi ne l'aimait-il pas ? Ou du moins, pourquoi tant de mépris ? Et pourquoi gardait-il ce portrait malgré tout ?

La petite rouquine perçu bien le sourire rassurant de son frère, mais elle fut coupée dans ses songes par un bruit métallique qui la fit sursauter. Son pauvre petit cœur manqua bien de s'échapper de sa poitrine, mais elle fut rapidement rassurée en voyant Sébastien. Il n'avait pas du tout changé, il était exactement comme dans ses souvenirs ! C'était assez incroyable. Elle resta en retrait pendant que Zelos échangeait quelques mots avec le majordome, puis Aeron se présenta avant de prendre congé. Il n'avait pas l'air très en forme lui non plus, Sélès le sentait un peu contrarié. Elle le regarda disposer avec regret avant de se tourner vers le majordome.

— Puis-je avoir un peu d'eau fraîche, s'il vous plaît ?

Sélès avait toujours beaucoup apprécié Sébastien pour plusieurs bonnes raisons. Tout d'abord, il prenait toujours soin de son frère, mais aussi et surtout, il ne l'avait jamais regardé avec mépris, la considérant avec respect et égard. Il ne manqua pas une petite remarque sur le fait qu'elle avait bien grandi, l'appelant toujours lady Sélès, comme à l'époque, même si elle n'en était pas vraiment une, du moins, pas officiellement. Rien que pour ce petit titre qu'il lui cédait sans légitimité, elle ne pouvait que l'adorer et l'estimer. Cet homme devait être un des rares humains à ne jamais juger les gens.

Une fois que la petite lady fut désaltérée, elle réclama une douche à son tour. Aeron occupait les appartements des invités, alors, telle la petite lady Wilder qu'elle était, elle occupa la partie des maîtres de maison. Elle put même donner ses vêtements à laver à Sebastien et elle ne sût pas comment il avait fait, mais elle les retrouva propres et secs en sortant de sa douche. Elle se sentait un peu plus réveillée et à l'aise, mais toujours aussi fiévreuse. Ses maux de ventre n'étaient pas passés et ses yeux la picotaient toujours. Elle remit donc précautionneusement son exsphère, espérant que cela suffise pour lui faire tenir le coup.

Elle laissa donc la place à son frère pour la salle de bain et en profita pour aller toquer à la porte de la chambre qu'occupait Aeron. Elle attendit qu'on l'invite à entrer avant d'ouvrir la porte, puis referma derrière elle. Son petit air maladif lui donnait un semblant d'air timide et embarrassé alors qu'elle posait les yeux sur son chevalier blanc. Embarra qui sembla se raviver lorsqu'elle constata que le jeune blondinet n'était pas encore tout à fait près ! Manquait le haut et ses cheveux blonds dont la frange était décidément trop longue étaient encore mouillés.

— Aeron …

Hep, là ! Le regard de la petite lady s'était un instant posé sur le corps finement sculpté du chevalier, alors elle releva vite les yeux pour s'accrocher à son regard.

Heu, est-ce que ça va ? Se reprit-elle. J'ai eu l'impression que tu étais contrarié tout à l'heure …  

©Codage by Mr. Chaotik from Never-Utopia édit' by Nika


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Zelos Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Lun 23 Mar - 22:58




Zelos Wilder
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Cela faisait du bien de revoir ce bon vieux Sébastien. Sa fameuse moustache n'avait pas perdu un poil de son prestige, ses cheveux bien plaqués sur son crâne et sa droiture toujours aussi exemplaire.
Ce dernier demanda l'identité des invités. Cela s'adressait surtout à Aeron, qui n'avait jamais mis les pieds au manoir Wilder. Quant à Sélès, il éprouvait un certain respect à son égard. En fait, il la considérait vraiment comme la soeur de Zélos, son maître, et non comme la progéniture d'une énième conquête du patriarche Wilder. De plus, elle était souvent venue leur rendre visite via le passage qu'ils venaient d'emprunter.
Le chevalier déclina donc son nom, ce à quoi le domestique répliqua par un surnom que lui avait gratifié il y a longtemps l'ex-Elu. Car, dans la noblesse, il était de coutume de connaître les noms de ses invités, et Aeron, bien qu'il ne semble pas s'en souvenir, était l'un d'eux à l'une des grandes et fastidieuses soirées qu'avait organisé le jeune rouquin. Ce soir-là, le maître des lieux avait approchés les jeunes nobles de son âge, dans une vaine tentative de contact social. Et Aeron, qui était bien plus jeune, avait fait quelque chose qui avait marqué Zélos au plus au point à ce moment-là. Il lui était difficile de se souvenir de quoi exactement, vu le nombre d'années qui sont passées...
Ou alors était-ce lorsqu'il a pris la décision de mettre des chevaliers pontificaux à l'abbaye pour protéger Sélès après les événements qui ont causés leur distance ? Il ne se rappelait plus exactement des circonstances de l'attribution de ce surnom.

Cela n'empêcha pas le majordome d'indiquer au chevalier blanc la suite des invités, à l'étage. Malgré tout l'espace du manoir, il n'y avait en réalité que trois chambres, ou suites. La première était celle des invités, composée d'une grande chambre avec salle de bain incluse et vue que le jardin de la propriété. La deuxième était celle de Zélos, disposant des mêmes fonctionnalités que la chambre des invités, à la différence que c'était la chambre de ZELOS et de personne d'autre. A la limite il tolérait Sélès, qui était sa demi-soeur -et ses conquêtes d'une nuit- mais pas plus. enfin, la dernière était anciennement occupée par ses parents, ou plutôt sa mère, Mylène. Personne n'y avait remis les pieds depuis sa mort, sauf peut-être les domestiques pour la nettoyer et changer les draps. Mais personne, absolument personne n'y avait séjourné. Zélos lui-même n'y était pas entré à ce jour.
A son tour, la petite rouquine demanda quelque chose à boire. Aussitôt dit, aussitôt servie : Sébastien lui tendit un grand verre d'eau fraîche dans un temps record ! Ce après quoi elle décida également de prendre une douche. Elle fut alors dirigée dans la chambre de son frère par le domestique.

Et pendant que le petit couple se décrassait, et que Sébastien s'affairait à ses occupations de majordome, Zélos resta seul dans l'entrée. La vaste, vide et silencieuse entrée. Il préféra laisser les rideaux à leur place, de crainte que quelques hypothétiques espions ne remarquent ainsi leur présence. Il décida donc de prendre une des chaises qui traînaient là, contre le mur, et de s'asseoir un instant devant le portrait de sa mère.
Le fait de la voir ainsi, immuable, immobile, figée par l'acrylique et l'huile, ne le laissait pas si indifférent qu'il ne laissait paraître. En fait, en y réfléchissant, elle a toujours été ainsi. A la différence peut-être de ce sourire sur le tableau. Un sourire cachant sûrement quelques penchants sadiques...
Pour dire vrai, aussi loin que remontaient ses souvenirs, c'était une soirée d'été, aussi humide et chaude que la température actuelle du manoir. Il se remémora vaguement une dispute, là en dehors de sa chambre. Il y avait une servante aussi. Elle avait les cheveux châtains, ou bien noirs ? En tout cas, elle le serrait dans ses bras. "Ce n'est rien, ne t'inquiète pas. tout va s'arranger, je te le promet...". Sa douce voix résonnait dans sa tête. Et, plus loin, la voix de son père... "Tu n'as rien à dire à ce sujet ! Zélos est mon fils légitime, c'est tout ce qui importe ! Tu m'entends ? Zélos est le plus important ! Toi, toi... Non mais regardes-toi Mylène ! Ne sois pas étonnée que j'ai été voir cette demi-elfe !". Et cette berceuse...

- Vous allez bien Monsieur ?

Le majordome le sortit de ses songes.

- Oui, oui... Tout va bien. Je me rappelais juste certaines choses sur Mère.
- Oh, je vois.

Sébastien resta planté derrière lui, comme s'il attendait un ordre ou une consigne.

- Tu souhaites me dire quelque chose ?
- J'ai envoyé Lady Sélès dans vos appartements afin qu'elle puisse se reposer et se rafraîchir un peu. Je pense que vous devriez en faire de même Monsieur. Excusez mon langage, mais vous empestez le rat d'égout croisé avec une vache des Mers.

A cette remarque, Zélos ne put s'empêcher de rire un coup. Il est vrai qu'il portait les mêmes vêtements depuis qu'il avait été contraint de fuir de la capitale. Et même s'il en a porté d'autres de temps en temps et qu'il a bien profité de la suite à Altamira, cela remontait un peu. Et ces mêmes vêtements n'avaient pas été lavés une seule fois !
L'ex Elu n'insista point et se rendit dans sa chambre, où Sélès venait juste de sortir de la salle de bain. Un énorme volute de vapeur d'eau émergea juste derrière elle. Sélès se dirigeait derrière le paravent pour s'habiller, tandis que son frère allait faire un bon brin de toilette.
Dans un premier temps, il s'examina dans le grand miroir au dessus du lavabo. La traversée dans les buissons n'avaient en rien arrangé l'entretien de sa longue chevelure rousse... Quelques brindilles étaient restées bien accrochées. Délassant son fameux bandeau blanc, il s'arma d'un peigne et entama la longue souffrance de démêlage. Parfois, il en avait tellement marre de ses cheveux qu'il pensait les couper court, couic ! Un bon coup de ciseau et sa nuque serait dégagée pendant un bon bout de temps !
Mais il renonçait à chaque fois à cette idée lorsqu'il achevait sa mission. Il se débarrassa alors de ses vêtements, qu'il jeta sans vergogne dans la chambre. Oui oui, Zélos en slip qui lance ses vêtements dans la pièce où se trouve aussi sa demi-soeur ! Quoique, vu le silence qu'il y régnait -et le temps qu'il avait mis pour retrouver des cheveux un tant soi peu démêlés- elle avait dû sortir de la suite.

Et l'eau chaude fit ensuite son oeuvre. De longues minutes passèrent, où la chaleur détendit les muscles crispés du jeune noble ; où l'eau et le savon parfumé décrassèrent le moindre centimètre de peau. Où la chaleur environnante compressa ses pensées...
Une fois sorti de la salle d'eau, il était un homme tout autre. Là il pouvait prétendre être un noble de haute famille ! Et comme à son habitude, Sébastien avait lavé, séché et repassé ses vêtements avant même qu'il n'ait fini sa douche. Sa veste rosée, son pantalon blanc et son débardeur noir étaient délicatement pliés sur le rebord du lit. Contrairement à sa soeur, il n'avait aucune pudeur à se changer là, devant la fenêtre. Après tout, les rideaux étaient fermés alors pourquoi se cacher ?
Une fois vêtu, il poussa un petit soupir satisfait. De quoi ? D'être propre ? Ouais. Parfois Zélos aimait bien les petites victoires du quotidien, et se sentir propre après tous le événements qu'il avait vécu, c'était m^me une grande victoire ! Mais il remarqua par la suite que Sélès n'était effectivement pas présente dans la chambre. Peut-être était-elle descendue ? Ou partie demander quelque chose à Sébastien ?
Ou alors, elle était partie retrouver Aeron... Il ne pouvait pas vraiment l'expliquer, mais savoir sa soeur dans les bras de ce blondinet, aussi gentil, protecteur et attentionné soit-il, le mettait dans un de ces état. Vous savez, celui où vous ferez tout pour empêcher ne serait-ce qu'une poignée de main ?

C'est dans cet état que Zélos se dirigea vers la porte de la suite destinée aux invités. Là, tel un apprenti ninja de Mizuho, il plaqua ses mains de chaque côté de la porte et colla son oreille délicatement près du trou de la serrure. Il ne pouvait pas voir grand chose par cette ouverture car c'était une serrure sophistiquée et rien ne paraissait de la chambre. Par contre, pour écouter, c'était le top niveau !

- Et là, c'est mieux ?
- Oui...
- Tu le sens en toi ?
- Oui...

...Mais Martel de mes deux ! Qu'est-ce qu'ils font ces deux-là ?! Et Sélès, si jeune ?! Enfin, quand on vois le frangin, on ne peut pas vraiment dire qu'elle ait eu un bon modèle... Et si en fait elle était extravertie ? Totalement dévergondée ?! Qu'elle cachait depuis le début son jeu de prédatrice et qu'elle avait happée le pauvre Aeron dans ses filets ? L'ex Elu eut un instant d'empathie pour l'autre noble, avant de se rappeler qu'il ne l'appréciait pas trop et que la rouquine était bien trop pudique pour être dominatrice -à quelques exceptions près...
Ni une ni deux, Zélos se redressa et ouvrit la porte à la volée, prêt à bondir sur le jeune chevalier pour l'extirper de sa vierge de soeur ! Et à la place, il les trouva tous les deux, assis l'un en face de l'autre, Sélès avec une bouteille pharmaceutique à la main, et surtout tous les deux habillés.

Devant l'air abasourdi du jeune couple, il ne savait plus quoi dire. Est-ce qu'il fallait qu'il présente ses excuses ? Oui, bien évidemment. Mais allait-il le faire ? Oh ça non ! Finalement, il pointa un doigt vers Sélès et lui lança :

- Surtout, protèges-toi !

Et il referma la porte derrière lui, ni vu ni connu... Mais que lui avait-il prit de dire ça au fait ?






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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Mar 24 Mar - 12:52

L'eau coulait sur son corps. Cela avait un effet apaisant. C'était de l'eau chaude pile comme il fallait. Le confort des nobles lui avait un peu manqué, il devait l'admettre. Il avait beau savoir que se laver si facilement et de manière si confortable était un luxe que beaucoup à Meltokio ne pouvaient pas se payer, mais il préférait éviter de trop y penser. Aeron avait toujours eu tendance à culpabiliser facilement et il avait appris à éviter les sujets qui mettaient trop à mal sa conscience. Il avait déjà beaucoup à penser. Zelos et Seles, leur plan... ou plutôt son plan. Les rouquins allaient suivre son idée et il était responsable de ce qui allait leur arriver. Il fallait donc que tout se passe bien. Au fond, le plan était pas mal pensé, mais il y avait des risques... trois inconnues, pour être précis. Le Pontife allait-il vraiment vouloir les voir en personne ? Selvaria Bles, sa garde du corps, serait-elle avec lui ? Et enfin, est-ce que la commandante Lissa Davri, la commandante de la Garde, se dressera sur leur chemin ? Le blondinet ne savait pas qui de Selvaria Bles et Lissa Davri serait la plus dangereuse. Il avait déjà croisé le fer avec chacune des deux lors d'entraînements. Il avait tenu tête à la commandante, mais celle-ci n'avait alors pas son arme de prédilection. Elle maniait habituellement la lance et quand ils s'étaient entraînés, c'était avec des épées en bois. Bien sûr, l'épée en bois n'a pas le poids de l'arme de prédilection d'Aeron, mais le handicap lui semblait moindre comparé à celui de la commandante. Pour ce qui est de Selvaria Bles... Leur séance avait duré très longtemps comparé à la moyenne mais c'est elle qui avait eu le dessus. Sans parler des aptitudes au combat des deux femmes, elles étaient aussi intelligentes et dévouées au Pontife. Elles seraient probablement leur plus grand obstacle.

Avec un soupir, le chevalier coupa l'arrivée d'eau et sortit de la douche. Il s'essuya longuement en pensant aux différents problèmes. Ils allaient devoir faire courir des risques à Seles et il détestait cela. Il allait falloir qu'ils soient aussi prudents que possible... avec un plan risqué. C'était un dilemme insupportable. Le chevalier était encore en train d'enfiler son pantalon quand on toqua à sa porte. Après avoir fini de l'enfiler, il autorisa sa bien aimée à rentrer. Se montrer torse nu devant elle ne le gênait pas. Après tout, elle avait bien dû voir ce torse pour le soigner à la plage. De plus, ils se connaissaient bien et s'étaient même déclarés leur flamme. La petite lady, incertaine, lui demanda si tout allait bien. Apparemment, il n'allait pas échapper à des explications sur son comportement. Il fallait s'en douter, Seles le cernait mieux que personne, maintenant. Après un long soupir, il se résigna à indiquer ce qui l'avait gêné :

-Il faut juste que je m'habitue à avoir ton frère avec nous. J'imagine que je suis un peu... jaloux. Je t'ai eue rien que pour moi pendant toute notre aventure jusqu'à Sybak. Et puis... j'ai l'impression que ton frère ne m'aime pas beaucoup. En tout cas, ne t'en fais pas, je ne suis pas du tout fâché contre toi, bien au contraire.

Il eut un sourire embarrassé. Sa main trouva la joue de Seles pour la caresser tendrement alors que de son autre bras, il la serrait doucement contre son torse. Il se pencha en avant et lui vola en baiser, en douceur. Il se retourna alors pour cacher sa gêne et alla enfiler un haut.



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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Mar 24 Mar - 17:28



Sélès Wilder

Little fox


    Ses deux mains devant elle tenaient la anse de son petit sac à main étoilée – qu'elle ne laissait décidément jamais – sans qu'elle n'ose approcher plus du jeune homme qui sortait tout juste de la douche. Et après on disait que c'était elle, la diva ? Elle avait presque un petit air coupable et elle s'inquiétait effectivement d'avoir fait quelque chose de mal vis à vis de son chevalier. Quand elle était dans cet état, elle ne se rendait pas toujours compte sur le moment qu'elle pouvait paraître froide et distante – mais c'était un mal pour un bien afin de ne pas dégobiller sur les chaussures du premier venu – elle se demandait donc si ce n'était pas ça qui avait contrarié le blondinet. C'est en franchissant la distance qui les séparait qu'Aeron expliqua à Sélès qu'il n'était pas fâché, mais plutôt perturbé pas la présence de Zelos. Elle eut un peu de mal à le comprendre car si elle était la première à reconnaître nombre des défauts de l'aîné, elle ne l'estimait pas moins comme quelqu'un de confiance, sa seule famille, celui qui serait toujours là pour elle … De plus, elle n'avait pas vraiment eu l'impression que Zelos aussi puisse avoir un problème avec Aeron … En fait, ce n'était que de la rivalité.

La petite lady resta donc bien sceptique devant l'explication de son chevalier jaloux. D'un sens, c'était plutôt touchant, mais elle souhaitait réellement que son frère et son amoureux s'entendent, sinon les réunions de famille risquaient d'être un peu tendues à l'avenir. Plus encore si ces réunions devaient inclure cette sale sorcière de Mizuho ! Ah ça, elle n'avait pas intérêt ! Pas de pitié … Et oui. Mademoiselle voulait qu'on fasse l'effort de s'entendre pour elle, mais hors de question qu'elle aille en faire de même pour son cher frère ! Enfin, pour Zelos elle voulait bien faire un effort, mais pas pour cette sorcière … et pour aucune autre femme susceptible d'approcher le cœur de l'ex élu.

Un léger sourire habilla les lèvres de la lady lorsque le blondinet déposa sa main contre sa joue, un sourire un peu triste, ou plutôt compatissant. Puis elle se mit à rougir lorsqu'il l'étreignit et qu'elle se retrouva blottie contre son torse nu avant de se voir dérober un chaste baiser. Leurs petits échanges amoureux étaient encore bien prudes, et s'il fallait mettre ça sur le compte de leur jeune âge, il fallait également compter sur le fait qu'il ne se fréquentait pas depuis longtemps. Le blondinet sembla gêné de son propre geste et il se détourna finalement pour aller enfiler un haut. Pendant ce temps, Sélès s'avança dans la pièce pour venir poser son royal fessier sur le lit. Elle avait de nouveau l'air d'une petite poupée de décoration … une petite poupée au visage un peu défraîchi.

— Je suis sûre que Zelos t'apprécie, tu sais. Le rassura-t-elle finalement. Mais lui aussi a toujours eu l'habitude de m'avoir pour lui tout seul, je n'ai toujours eu que lui …

C'était tout nouveau pour elle de devoir se partager, de tenir à quelqu'un d'autre en plus de son frère. C'était nouveau, mais elle était bien amoureuse d'Aeron … Malgré tout, elle ne voulait pas qu'il oublie à quel point Zelos comptait pour elle. Oh, elle était certaine qu'il ne l’oublierait pas ! C'est que le grand frère allait sans doute jouer son rôle à la perfection pour rappeler au blondinet qu'il était là avant et qu'il serait toujours là.

— Zelos a quelques sales manies, mais je suis sûre que vous pourriez vous entendre tous les deux.

Elle l'espérait. En même temps, pas trop non plus ! C'est elle qui serait jalouse cette fois, si les deux hommes de sa vie devenaient comme cul et chemise au point de la laisser en plan pour aller boire des coups ou aller à la pêche. Oui c'était très exigeante en plus, mais c'est Sélès, ça vous aurez pas étonné que ça en soit autrement ?

Un silence flotta dans la pièce alors que la petite rouquine regardait le bout de ses chaussures d'un air absent. Son esprit dériva inévitablement vers de sombres pensées, celles qu'elle aimerait tant pourvoir oublier à jamais … La nausée se fit alors plus présente, sa gorge se noua et ses petites mains se resserrèrent sur la anse de son sac. Elle se crispait à chaque fois qu'elle y pensait. Alors qu'elle songeait à ce qu'elle avait dit dans la caravane pour éviter la demeure d'Aeron, se disant que cela avait peut-être pu le contrarier ou l’accabler, elle avait clairement pâli.

— Aeron … Je … Elle voulait s'excuser pour ce qui s'était passé par sa faute, mais sa voix mourut dans sa gorge avant qu'elle se soit prise d'une vilaine quinte de toux.

Ayant un peu de mal à la calmer, Aeron lui avait rapporté un verre d'eau et du remède qu'il avait trouvé dans la pharmacie de la salle de bain. Comme il s'inquiétait, elle s'efforça de le rassurer malgré l'impression que sa gorge était en train de gonfler pour l'étouffer de l'intérieur.

— ça va … merci Aeron …

Elle prit un peu d'eau pendant que le chevalier versait le contenue d'une fiole sur un mouchoir en tissu. Cela sentait fort l'eucalyptus et il déposa l'étoffe contre le nez et la bouche de la lady qui respira fort. Elle sentait aussitôt sa gorge s’apaiser et ses bronches se dégager. C'est juste après qu'Aeron se soit assuré qu'elle allait mieux que la porte de la chambre s'ouvrit subitement, la faisant sursauter. Elle avait alors retiré le mouchoir et posé ses grands yeux azurs sur Zelos qui s'était incrusté si brusquement. Surprise, elle crut dans un premier temps qu'il se passait quelque chose de grave … Les chevaliers Pontificaux les avaient retrouvé ? Mais en fait …

- Surtout, protèges-toi !

Cela aurait pu confirmer les craintes de la belle si le rouquin ne s'était pas aussitôt retiré en refermant la porte brusquement. Sélès ne bougea pas tout de suite, ses paupières papillonnèrent puis elle posa les yeux sur Aeron. Elle n'avait rien compris.

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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Ven 27 Mar - 15:20

Que Zelos l'apprécie ? Il voudrait probablement le jeter dans un sac au fond d'un lac pour s'en débarrasser, oui ! Enfin, Aeron garda cette pensée pour lui-même. Oui, Seles n'avait toujours eu que Zelos... quand il n'était pas occupé à courir après les filles. Le chevalier se souvenait avoir vu l'Elu à l'académie de Sybak. Le blondinet était nouvel arrivant et Zelos était sur la fin du cursus, mais il ne semblait pas se soucier de sa sœur dans ces moments-là... Enfin, si Seles voulait que les deux s'entendent bien, Aeron allait tâcher de faire des efforts et prendre sur lui. Après tout, c'était pour le bien de Seles... et voilà qu'elle se remettait à tousser. La panique commença à gagner le jeune homme en voyant que la toux ne se calmait pas. Essayant de garder la tête froide, il se précipita dans la salle de bain et chercha un médicament pour elle. Il y avait un comprimé contre la douleur, ce serait toujours ça, mais après un instant, il trouva ce qu'il fallait ! Un médicament à respirer pour nettoyer un peu le système respiratoire. Il prit le tout et le ramena dans la salle avec un verre d'eau.

Il administra les médicaments mais l'inquiétude refusait de le quitter. La jeune femme qu'il aimait lui souriait en le rassurant mais il n'arrivait pas à calmer son inquiétude entièrement. Il n'eut pas l'occasion de transmettre ses inquiétudes que Zelos entra dans la salle, presque en défonçant la porte. Aeron, intrigué, leva les yeux et se prépara mentalement à devoir se battre, mais l'irruption fut de courte durée et très étrange. Qu'elle se protège ? Protège de quoi ? Après quelques instants de réflexion où les deux jeunes gens se regardèrent sans comprendre, une lumière s'alluma dans l'esprit d'Aeron. Cet Elu ne pensait décidément qu'à ça... Cet espèce d'abruti fini qui pense avec son entrejambe. Et le blondinet est sensé bien s'entendre avec cet énergumène ? Vraiment ? Après un long soupir, Aeron fit signe à Seles que ce n'était rien et se leva pour prendre ses affaires.

-Je vais devoir récupérer les armures pour qu'on s'introduise dans les quartiers du Pontife. En passant par là d'où on est venu, je devrais pouvoir passer par l'entrée des serviteurs sans que l'on me voie. Pendant ce temps, il vaudrait mieux que tu restes ici et te reposes. Je te veux en pleine forme pour ce soir, d'accord ?

Après un instant de silence, il reprit en devinant ce qu'il allait se passer dans la tête de la rouquine :

-... et tu n'as pas à culpabiliser pour ta santé. Tu es comme ça, c'est tout. Quoiqu'il arrive, je t'aimerai toujours et je ferai tout pour toi, pour m'assurer que tu sois heureuse. Je t'aime telle que tu es.

Un autre baiser volé et le jeune homme se dirigea vers la porte. Il y trouvé un Zelos Wilder en train de cavaler dans les marches, comme s'il ne voulait pas être pris en train de faire quelque bêtise. Soupirant à nouveau, Aeron le héla :

-Ex-Élu ! Si tu veux écouter aux portes, sois un peu plus discret et évite de nous sortir des remarques déplacées.

Il avait choisi sa manière de l'appeler exprès pour l'embêter. Que cela marche ou non lui était égal, mais il n'avait pas apprécié le comportement de Zelos. Vraiment, s'entendre avec lui ? Cela allait être difficile ! Il descendit l'escalier tout en parlant pour se rapprocher du rouquin.

-Ce qu'il se passe entre Seles et moi dans le cadre de notre intimité ne regarde que nous. Maintenant tu continues à te donner en spectacle ou on commence à préparer l'attaque de ce soir ? Je vais récupérer les armures chez mon père. Si ce n'est pas possible à cette heure-là, je m'arrangerai avec les serviteurs pour qu'on les ait ce soir sans encombre. Tu as le choix : tu m'accompagnes pour les porter si on les a maintenant, ou tu restes et je me débrouille. A toi de faire selon comme ta conscience te le permet.

Tournant le dos sans aucun autre mot, Aeron se dirigea vers la sortie arrière. Il se fichait du rouquin. Qu'il continue ses perversités et ses gamineries dans son coin, pendant ce temps, le chevalier s'occuperait de leur quête. Il n'aidait ce bouffon que parce que Seles le voudrait. Pour elle, il irait jusqu'en enfer, s'il le fallait. Elle était celle qui avait donné un sens à sa vie !



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Zelos Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Sam 28 Mar - 18:52


Vengeance contre le Pontife

Feat Aeron & Sélès

 Man, I rule ! I'm so cool !

Mais vraiment, qu'est-ce qu'il lui avait pris de faire irruption dans la chambre du jeune couple et de dire "cette chose" à sa jeune et pure petite soeur ?! Sur ce coup-là, il aurait aimé que Sheena le momifie avec ses cartes et le traite d'idiot d'Elu. Oh oui, il était un parfait idiot !
Après avoir refermé aussi soudainement la porte qu'il était entré, Zélos Wilder se mit à faire les cent pas dans le couloir, avant que son instinct de grand frère protecteur le pousse à écouter une fois de plus par le trou de la serrure. Il n'y avait aucun bruit de l'autre côté, puis quelqu'un qui s'approchait de la porte...

Ni une ni deux, l'ex-Elu dévala l'escalier à toute allure. Malheureusement sa cavalcade s'était déclenchée un poil trop tard, et le chevalier le héla :

-  Ex-Élu ! Si tu veux écouter aux portes, sois un peu plus discret et évite de nous sortir des remarques déplacées.

Touché. De toute manière il ne pouvait le nier qu'il avait mal agit... Le jeune Valerius descendit les escaliers tranquillement, et en profita pour mettre les points sur les "i". Non mais regardez-moi ce sale petit arrogant ?! Certes, le rouquin devait respecter l'intimité des tourtereaux, mais il ne fallait pas oublier qu'il ne lui restait que Sélès. Même s'il n'a pas été la voir souvent ces dernières années à l'abbaye, personne ne savait ce qu'il avait fait pour elle, sauf lui. Personne ne savait toutes les concessions, toutes les manigances et toutes les précautions qu'il a prit pour le bien-être de Sélès, quitte à se faire passer pour un abruti d'Elu profitant à fond de son titre et rang, profitant des autres et porter un masque en permanence dans ce nid de vipères qu'est la haute société de Meltokio.
Et pourtant, malgré l'animosité qu'ils se vouaient tous les deux, le blond lui proposa -sous forme d'ultimatum- de l'accompagner pour aller récupérer les armures au Manoir Valerius. La rouquine n'étant pas au meilleure de sa forme, il valait mieux qu'elle reste ici se reposer. Sébastien serait là pour s'occuper d'elle durant leur absence. C'était une occasion rêvée pour enfin avoir une conversation entre homme...

Lui tournant le dos, le chevalier n'attendit pas sa réponse et se dirigea vers la cuisine par le couloir des domestiques. Le Don Juan trottina derrière lui pour le rattraper et le suivit en silence. Ils repassèrent par le tunnel dans le buisson feuillu. Contrairement à l'allée, le rouquin prit soin de tresser sa longue chevelure et de la passer par devant son épaule avant de ramper. Il n'allait pas encore repasser une demi-heure à démêler et à retirer les brindilles !
Remontant leurs capuchons de marchands, ils arpentèrent les grandes avenues pavées du quartiers des nobles. Le chemin allait être long, étant donné que les domaines nobles pouvaient s'étendre à plusieurs hectares de longueur. Et d'autant plus que l'autre ne daignait pas lui adresser un seul mot... L'Ex-Elu accéléra le pas de façon à marcher à côté du futur beau-frère.

- Je sais que tu ne me portes pas dans ton coeur, et que ce que tu fais c'est uniquement pour Sélès. C'est au moins une qualité que j'apprécie chez toi, mais ne crois pas que je suis un frère indigne. J'aime Sélès autant que toi, et tu ne connais pas le quart des choses que j'ai faite pour elle. Alors que tu me traites d'idiot, de tire-au-flanc, d'abruti fini, de coureur de jupon je m'en fous royalement. Je sais ce que j'ai fait et ce que je suis, je n'ai pas besoin de me l'entendre répéter par un chevalier arrogant qui croit tout savoir de la vie.

Il marqua une courte pause le temps de reprendre sa respiration et reprit :

- Tu crois que le fait que tu ais été affecté à la surveillance de Sélès n'était qu'un ordre anodin de ton supérieur ? C'est moi qui t'ai choisi pour assurer non pas sa captivité mais sa protection. Le Pontife est un fieffé menteur, et très dangereux. Je n'ai absolument pas confiance en lui, alors autant te dire celle que je porte à ses chevaliers. Après une petite enquête, tu étais le seul qui pouvait être digne de faire partie de sa garde rapproché. Et je n'ai pas eu tort sur ce point, au moins...

Il se souvient rapidement qu'il avait insisté auprès de la princesse Hilda pour intégrer le cadet Valerius à la liste des chevaliers affectés à l'abbaye. Par les temps qui courent, il est rare de voir un chevalier qui n'exécutait pas les ordres aveuglément, et encore plus lorsque ce chevalier faisait parti d'une noble famille.

- Merci de l'avoir protégé au péril de ta vie pour me la ramener saine et sauve. Je te revaudrais ça, d'une manière ou d'une autre.

Et tout de suite, le chemin avait été beaucoup plus court et déjà ils étaient pas loin du manoir Valérius.
Comme l'avait prévu Sélès, il y avait effectivement beaucoup de monde pour l'enterrement du grand frère d'Aeron. Nombre de nobles parcouraient le jardin du domaine dans leurs habits d’apparat teintés de sombre. Ils firent le tour, Zélos suivant les directives du blondinet. Il n'avait jamais vraiment prêté attention à la famille Valérius. Il avait dû les inviter une ou deux fois au manoir, comme il était coutume de faire dans la haute société, mais sans plus. Le jeune connaissait les lieux comme sa poche, alors autant ne pas contester ses indications. Il ouvrit un petit portail en fer forgé avec un peu de difficulté. Le lierre avait entièrement recouvert les gonds, ne laissant qu'un petit espace pour se glisser à l'intérieur du jardin. Ils allaient devoir faire passer les armures en les lançant par dessus, pas le choix. Du moins s'ils allaient ressortir par le même endroit.

Et suivant le plan d'Aeron, des domestiques se présentèrent à eux. Restait à savoir si, comme il l'avait dit, ils allaient les aider...







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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Lun 30 Mar - 17:05

Accéder au manoir Valerius ne fut pas un soucis. La grille arrière manquait d'entretien, mais rien de bien problématique. Zelos lui avait lâché un paquet de choses pour montrer qu'il était important, qu'il avait veillé sur Seles. Aux yeux d'Aeron, envoyer quelqu'un en espérant que son sens moral suffirait n'était pas protéger. Bon, le blondinet était bien forcé d'admettre que cela avait marché et se faire manipuler comme ça l'énervait au plus haut point. Cependant, il retirait une satisfaction d'une chose très simple : le rouquin n'avait pas prévu que Seles et lui tomberaient amoureux l'un de l'autre et cela semblait l'embêter. Tant mieux ! Au final, devait-il être redevable envers le rouquin pour lui avoir permis de découvrir l'amour de sa vie ? ... Non, ce serait trop d'honneur ! Aeron devait franchement admettre que ça lui ferait mal aux fesses de devoir quelque chose au rouquin ! Les remerciements lui firent du bien au fond. Non, ce n'était pas le fait d'être remercié par Zelos qui lui faisait si plaisir... quoique ça jouait un peu, mais c'est surtout que cela voulait dire qu'il ne s'était pas si mal débrouillé. Son échec d'Altamira continuerait malgré tout de lui peser sur la conscience, mais c'était déjà ça de savoir qu'il avait fait suffisamment bien pour qu'on le remercie.

Les serviteurs du manoir reconnurent bien Aeron et c'est avec un sourire bienveillant qu'ils l'accueillirent. Aucune nouvelle tête parmi eux, tant mieux ! Après quelques explications, l'un des serviteurs expliqua que les armures prenaient trop de place et que pour les funérailles de Jirall, ils avaient dû les mettre à la cave.

-Parfait ! Je suis désolé de vous faire prendre des risques, mais laissez-nous aller à la cave pour en prendre.

-Bien sûr, aucun soucis, essayez-les en bas, même. Je pense que sortir en armure pontificale sera plus discret, surtout avec l'ex-Élu.

-Tsk, tu es toujours aussi doué pour reconnaître les gens avec des détails. Tu peux retirer ta cape, Zelos.

Et c'est ainsi qu'au milieu de la cave, entre des bouteilles de vin et des meubles entreposés soigneusement, ils se mirent à la recherche d'une armure à la taille de chacun d'eux. Une fois qu'ils auraient trouvé leur bonheur, ils pourraient partir directement dans la rue. Voir la Garde Pontificale veiller au bon déroulement d'un événement noble comme l'enterrement de Jirall Valérius ne serait pas si étonnant. Alors qu'il aidait Zelos avec son plastron, Aeron se mit à lui parler :

-Je dois admettre que le fait que je me sois retrouvé à l'abbaye n'était peut-être pas un hasard, mais ça restait risqué. J'aurais pu ne pas être en position d'aider Seles et tu ne m'en avais pas fait la demande. Cependant, ton plan a marché. Je dois donc te reconnaître que tu sais plus ou moins veiller sur ta sœur, même si tu es un ex-Élu stupide, pervers, égocentrique, gigolo, insupportable, vaniteux, insouciant, immature, irresponsable, feignant avec tendances de lâcheté

Zelos tourna la tête pour le foudroyer du regard et c'est avec un sourire faussement contrit que le blondinet se reprit :

-Bon, j'exagère un petit peu, haha !

Ils reprirent leur tâche en silence pendant quelques secondes. Aeron se doutait que Zelos aurait bien du mal à parler tout en se faisant serrer le plastron au niveau du torse. Le blondinet s'était toujours demandé comment les femmes pouvaient mettre des corsets qui les serrait trois fois plus que cela... Cependant, le plastron ne semblait pas être à l'origine du silence de l'Elu. Celui-ci semblait perdu dans ses pensées. Après avoir terminé son oeuvre, Aeron admira la tenue de Zelos. Bien, il ne lui manquait plus que le casque, comme lui-même, d'ailleurs. Il lui tendit le fameux couvre-chef dans lequel le rouquin devrait cacher toute sa chevelure flamboyante, puis finit par ouvrir à nouveau la bouche :

-Tu t'inquiètes pour Sheena Fujibayashi, n'est-ce pas ?



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Zelos Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Jeu 2 Avr - 12:05


Vengeance contre le Pontife

Feat Aeron & Sélès

 Man, I rule ! I'm so cool !

Les domestiques de la maison Valérius souriaient à la vue du jeune chevalier. Venus à leur rencontre, ils ne s'attardèrent pas trop dans le jardin, juste le temps qu'Aeron leur donne de rapides explications sur la situation. L'un des serviteurs, portant un costume en queue de pie, leur indiqua qu'avec les funérailles du frère du blondinet, ils avaient dû mettre les armures à la cave.
C'était tant mieux, car devoir se changer en public alors qu'ils étaient recherché n'était peut-être pas le meilleur moyen de passer inaperçu. Au moins dans la cave, ils allaient être tranquille. Au frais, mais tranquille. Un autre des domestiques fit également une remarque sur le fait qu'il avait reconnu l'ancien Elu.

-Tsk, tu es toujours aussi doué pour reconnaître les gens avec des détails, fit le jeune Valérius. Tu peux retirer ta cape, Zelos.

- Désolé mais je ne suis pas tenté. Si ton serviteur m'a reconnu alors que je porte cette cape, je n'ose même pas imaginer si je la retire dans ton manoir...

Aeron ne fit pas attention à la remarque du rouquin et suivit les domestiques dans la bâtisse familiale. Les manoirs des familles nobles de Meltokio étaient, étrangement, aménagées plus ou moins de la même manière. Il y avait toujours une entrée discrète reliant les hectares de pelouse vertes et les cuisines afin que les maîtres des lieux et leurs invités se fassent rapidement servir en plein air. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la salle des fourneaux, personne ne fit attention à eux. Les cuisiniers, les servantes et les commis étaient tous bien trop occupés à préparer à la chaîne les plateaux de petits canapés et autres amuses-bouche pour satisfaire les piques-assiettes venus "soutenir" la famille Valérius.
Le petit groupe pivotèrent sur la gauche dès leur entrée, et descendirent un escalier en bois grinçant pour arriver à la cave. Il y avait peu de lumière dans la grande pièce froide, et une odeur âcre de vin rouge embaumait les lieux.  Le domestique qui les avait guidé leur indiqua un amas de ferraille derrière une étagère remplie de bouteilles de grand cru, avant de s'en aller. Il devait bien y avoir une dizaine de plastrons et tout autant de jambières et de gantelets. en revanche, il n'y avait que deux lances -car un garde pontifical sans lance, c'est suspect-. Il y avait des armures de diverses tailles et, bien qu'Aeron eut trouvé celle qui lui convenait, il en était autrement pour Zélos.
Vous vous doutez bien que Môsieur tient quand même à soigner son apparence, même lorsqu'il est recouvert de la tête aux pieds de métal lustré. L'une était tellement grande qu'il pouvait faire du hoola-hoop avec. L'autre était si serrée que s'il avait le malheur de respirer trop fort, il cassait les lacets de fixation du plastron. Un troisième plastron lui donnait l'air boudiné, tandis qu'un quatrième était visiblement destiné à un nabot.

L'ex-chevalier dû se mettre avec lui pour lui en trouver une à sa convenance. Il profita de ce moment pour lui faire part de son avis sur le petit discours du grand frère Wilder :

- Je dois admettre que le fait que je me sois retrouvé à l'abbaye n'était peut-être pas un hasard, mais ça restait risqué. J'aurais pu ne pas être en position d'aider Sélès et tu ne m'en avais pas fait la demande. Cependant, ton plan a marché. Je dois donc te reconnaître que tu sais plus ou moins veiller sur ta sœur, même si tu es un ex-Élu stupide, pervers, égocentrique, gigolo, insupportable, vaniteux, insouciant, immature, irresponsable, feignant avec tendances de lâcheté.

Ce à quoi l'intéressé s'apprêtait à le foudroyer du regard avant qu'il ne lui réponde par un -faux- sourire qu'il exagérait peut-être un peu. Non, non, pas qu'un peu ! Depuis qu'ils étaient en fuite, Zélos n'avait jamais été lâche ! Et pourtant il en a eu des occasions. Il aurait très bien pu laisser Sheena dans sa cellule du Colisée se faire froidement exécuter pendant que lui se faisait la malle en toute discrétion. Il aurait très bien pu ne pas faire de forcing pour intégrer Aeron à la protection de sa soeur, la laissant ainsi à un sort funeste, encore une fois pour sauver sa propre peau.
Mais il n'a rien fait de tout ça, encore heureux ! Peut-être a-t-il été traitre, ça oui, mais lâche ? en aucune raison. Jamais il n'a fui devant le combat. Jamais il n'a fui devant la difficulté. Il a mis sa vie en péril à maintes reprises, et ça jamais un lâche ne l'aurait fait.

Malheureusement pour Zélos Wilder, il ne put dire un traitre mot de tout cela à Aeron, pour la simple et bonne raison que ce dernier s'acharnait à lui resserrer les lacets de fixation de son plastron. Les mains agrippées sur le bord du meuble en face de lui, le Don Juan comprenait enfin le courage et le dur combat de toutes ces femmes qui portaient un corset. Cette compression, cette sensation, c'était une vraie torture ! Et si la charmante dame avait une paire de jumeaux bien rebondis, ce devait être pire !
Cette pensée perverse fit immédiatement le lien dans sa tête de linotte avec une autre femme, qu'il connaissait très bien. Une ninja qui lui manquait énormément, contrairement à ce qu'il laissait paraître. Il avait vraiment été un abruti pour lui avoir parlé de cette manière...

*J'espère qu'elle est vivante, là dans l'autre monde... *

Après l'avoir "torturé", le blondinet lui tendit des jambières, une paire de gantelets et un casque. Il sentait son regard sur lui alors qu'il ajustait les gants à sa poigne. L'ex-Elu fit ensuite une natte de sa longue chevelure, qu'il glissa par la suite dans le casque avant de le sceller à sa tête.

- Tu t'inquiètes pour Sheena Fujibayashi, n'est-ce pas ?

C'était silencieux dans la cave. Zélos n'osa même pas se tourner vers Aeron.

- Ouais, répondit-il après quelques secondes. Elle est partie, comme ça, sans rien dire. Et par ma faute...

En se retournant, il vérifia que tout était bien fixé et se dirigea vers la sortie, posant une main sur la rembarde de l'escalier.

- Faisons ce qu'on a à faire. Plus vite nous en auront terminé, plus vite je la retrouverais...

Se confesser à ce petit blondinet prétentieux ? Il en était hors de question ! Mais son inquiétude à l'égard de la brune se ressentait forcément lorsqu'il en parlait. Après tout, Zélos l'aime...

C'est donc sans un mot que le duo élégamment déguisés se présentèrent, lances à la main, dans les cuisines. Le rouquin suivit ensuite Aeron, et entrèrent dans la grande salle de réception du manoir Valérius.
C'était saturé de monde, en tout point. Une marée noire qui grouillait, discutait, pleurait et mangeait dans une pièce de plus de 200m2, et il fallait se frayer un chemin jusqu'à la sortie. Oh, ils auraient pu ressortir par derrière, mais avec les armures c'était impossible de se glisser par le portillon. Et puis, cela aurait paru suspect que deux gardes pontificaux tentent de sortir d'un manoir par un passage caché...
C'est ainsi qu'à force de coups d'épaules les deux fugitifs réussirent à traverser la moitié de la salle. Beaucoup de nobles étaient présents, mais surtout de nouveaux nobles et de petites familles. Zélos reconnu même l'héritier d'une très riche famille de marchant de la capitale. La famille Valérius avait beau faire partie des plus anciennes et nobles familles de Tesséha'lla, leur réputation avait bien déclinée ces dernières années. Autant Zélos pouvait être détestable aux yeux d'Aeron, autant le frère de ce dernier, personne ne l'aimait. Il était même très redouté et craint par de nombreuses personnes à Meltokio. Sa réputation n'était pas des plus vantées, sauf par les dirigeants de la famille. Heureusement que son frère était loin d'être comme lui ! Et puis, Jirall mort, l'héritier était devenu le blondinet. Au moins l'Ex-Elu avait l'esprit tranquille quant à trouver un bon parti pour marier sa soeur... Non mais à quoi il pensait ?! Marier sa soeur ? Elle n'a que seize ans ! Elle avait encore le temps d'ici là !

- Oh garde ! Comme je suis heureuse de vous savoir ici !

Une veuve épleurée attrapa le rouquin par les épaules. Encore heureux qu'on ne pouvait voir que le bleu de ses yeux sous ce casque étouffant ! La femme s'agrippa à son avant-bras et se serra contre lui.

- Vous savez, avec tout ce qu'il se passe en ce moment, nous avons grand besoin de vous savoir parmi nous, à surveiller partout et à nous protéger des bandits. Mais les pires ce sont ces chiens galeux de fugitifs. Vous savez ? Le jeune frère de Jirall et l'ancien Elu. Autant je n'aurais jamais cru cela de la part de ce cher Zélos Wilder, autant cela ne m'étonnes pas de l'autre. Comment il s'appelait déjà ? Arton ? Aaron ? Après tout, je m'en contrefiche. Tout ce que je souhaite maintenant, c'est que vous, fiers et valeureux Gardes du Pontife, vous veillez sur nous avec... Attention ?

La vieille peau -car c'en était une- n'avait pas mâché ses mots à l'égard d'Aeron. A croire qu'il n'était pas le bienvenu dans sa propre famille... Mais le pire, c'était qu'elle frottait sa poitrine tombante et ridée contre le plastron du rouquin. il n'avait jamais vu pire spectacle de sa vie !
Ni une ni deux, il ravala son dégoût et repoussa la dame,faisant claquer sa lance au sol.

- Je suis navré madame, fit-il d'une voix qui se voulait grave, mais je ne puis répondre à vos attentes.

Et sans plus attendre, il rejoignit Aeron, qui avait observé la scène depuis le pas de l'entrée de la salle. Lorsqu'il le retrouva, ce dernier le regarda, consterné, et secoua la tête avant de lui dire qu'ils n'avaient pas que ça à faire.
Oui, une mission bien plus importante que de satisfaire les besoins de la libido asséchée d'une vieille noble les attendait cette nuit...





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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Lun 6 Avr - 13:08

Donc comme ça, le coureur de jupons s'inquiétait pour une femme et une seule ? Se serait-il rangé un peu ? Cela paraissait impossible, mais qui sait ? Avec toutes les épreuves qu'ils avaient chacun traversé dans leur coin, ils avaient tous changé. On dit que ce sont les expériences de la vie qui font de nous ce que nous sommes. Malgré ces pensées sensées, Aeron avait du mal à imaginer Zelos en romantique amoureux d'une femme et une seule... Non, ça ne collait pas avec tout ce qu'il avait vu de lui. Enfin, il y avait d'autres choses à penser. Ils allaient sortir cette fois par la grande porte. Traversant la foule, ils passèrent sans encombre... enfin, c'est ce que le blondinet avait cru en atteignant la porte. En regardant derrière lui, il vit une vieille dame s'accrocher à Zelos. Le chevalier ne put que compatir à la douleur de l'Elu en regardant la scène. Une fois le rouquin libéré des griffes de la prédatrice, Aeron arbora un air faussement consterné en secouant la tête pour le taquiner. Il était évident que si le rouquin avait voulu choisir une fille à draguer, il aurait plutôt choisi celle qui était derrière la vieille dame, bien plus jeune et aux goûts d'un homme de leur génération. Rien dans les aventures de l'ex-Elu ne le prédisposait à une tendance aux dames âgées. Était-ce d'ailleurs inquiétant que le monde entier puisse connaître les préférences d'un homme ? Cela en disait long sur l'absence d'intimité qu'il devait subir... Enfin, il en était en bonne partie responsable !

Ainsi ils purent enfin sortir du manoir des Valerius. Aeron observa la rue avant de s'y engager. Rien à signaler au premier abord. Alors qu'il se disait cela et posait un pied sur les pavés, son sub-conscient l'arrêta, lui signalant que quelque chose qu'il connaissait était dans cette rue. Relevant le nez, il la vit au loin. Les cheveux blancs flottant dans la petite brise, cet air digne, il ne les connaissait que trop bien. Son cœur manqua un battement. La panique surgit mais il la repoussa autant qu'il put. S'ils courraient ou retournaient dans la salle, ils seraient très vite suspects. La solution la plus simple n'était pas celle qu'on accepterait le plus aisément mais il fallait tenter malgré le fait que ce soit stressant. Se tournant rapidement vers son compagnon, il lui ordonna :

-Vite, mets-toi en faction à gauche du portail, je me mets à droite. Reste droit, ne croise pas son regard et ne pose pas de question !

Aeron se positionna à droite du portail comme il l'avait dit et pria pour que Zelos obéisse. Il attendit, encore et encore. Elle aurait dû arriver en une minute, alors pourquoi n'était-elle pas encore là ? Le chevalier avait l'impression qu'ils étaient là depuis déjà une dizaine de ces minutes. Le temps peut très vite s'allonger quand on est stressé, mais tout de même. Il se retenait de tourner la tête pour vérifier. Il regarda à gauche pour voir un Zelos qui lui jeta un coup d’œil interrogateur. Aeron ne répondit pas à la question muette et attendit encore. Quelques secondes plus tard, il la vit dans le coin de son champ de vision. Les cheveux blancs étaient faciles à reconnaître, d'autant que c'était loin d'être la couleur la plus commune. Le chevalier se mit au garde à vous, gardant les yeux levés, fixant un point imaginaire, attendant qu'elle passe. Elle passa, oui... entre eux. Elle entra dans le manoir en lâchant un "Rompez !" distrait. Aeron vit que Zelos s'était lui aussi mis au garde à vous. Après quelques secondes pour être sûr que le danger était entré dans la salle, le blondinet se mit en marche dans la rue. Zelos s'approcha et demanda l'identité de la femme. Apparemment, elle lui disait quelque chose mais il n'arrivait pas à remettre le doigt dessus.

-Elle est l'un de nos plus grands obstacles pour la mission de ce soir. Lissa Davri, la commandante de la Garde Pontificale en personne.

Cet Elu ne retenait-il que ses conquêtes ? Il avait dû la croiser une ou deux fois... Cependant, il fallait admettre que là où il aurait eu le plus de chances de la voir était pendant des festivités où elle n'affichait pas son rang de manière aussi évidente que dans les baraquements. Ils entrèrent dans la cour du manoir Wilder. Aux yeux des passants, ce n'était qu'une énième fouille du manoir de l'ex-Elu. Une fois à l'intérieur, Aeron compléta son explication :

-Cette femme est dangereuse. Elle est extrêmement compétente, intelligente. C'est un fin stratège et également une fine lame. Elle ne serait pas entourée d'autant d'imbéciles, nous n'aurions eu aucune chance de rester en fuite si longtemps, je pense. Nous devons juste espérer ne pas la croiser. Les chances sont plutôt faibles, elle ne reste avec le Pontife que quand ils doivent parler d'affaires relatives à la Garde Pontificale. Ce n'est pas comme notre deuxième obstacle...

Poussant un soupir, Aeron se mit à retirer ses pièces d'armure dans le salon dans lequel ils étaient entrés pendant son explication.



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MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Mer 8 Avr - 12:15



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    Encore heureux qu'il l'aime comme elle est ! De toute façon, il avait déjà vu Sélès dans ses pires jours, alors c'est qu'en plus d'être un peu masochiste sur les bords, il n'aurait plus de mauvaise surprise à l'avenir avec cette petite teigne. Mais Sélès n'était pas rassurée malgré les paroles d'Aeron, elle n'en doutait pas qu'il continuerait de l'aimer même avec la morve au nez – car même ainsi, elle restait irrésistible, non ? - mais cela n'empêchait pas la lady d'exécrer sa condition de boulet. Elle voulait être brave et robuste elle aussi ! Elle voulait être une héroïne, vaillante et indestructible. Une petite Hulk. Mais elle n'était qu'une petite poupée en porcelaine, inerte et si fragile … Mais elle figurait bien en décoration.

C'est donc avec une petite mine boudeuse que la rouquine accueillit le dernier baiser de son amoureux. Elle aurait voulu venir, elle … mais elle devait bien s'avouer qu'elle n'en avait décidément pas la force. Elle laissa donc son chevalier servant disposer en lui demandant d'être prudent et comme elle sentait ses bronches la démanger à nouveau, elle inhala un peu de remède à l'eucalyptus. Après quoi, elle sorti sur la mezzanine du palier pour constater que les deux hommes de sa vie était encore en train de se chamailler, mais ils disparaissaient déjà pour sortir de la demeure. Sébastien s'enquit bientôt des besoins de la petite lady qui le rassura gentiment avant de retourner dans la chambre de son frère. Quitte à se reposer, autant le faire bien et le lit du maître des lieux était le plus confortable. Elle s'y blotti confortablement, sans envisager de dormir dans un premier temps … Elle voulait juste reposer ses petits yeux fatigués et soulager ses courbatures. Mais le matelas moelleux et douillet la prit en traître et la demoiselle sombra dans un sommeil profond et sans rêve …

Le sommeil était lourd, étendue en étoile pour occuper toute la largeur du lit, la charmante jeune fille ronflait comme un véritable sanglier. Ce n'était pas sa faute, pauvre d'elle ! Fatigue plus maladie égale ronflement et … oui, un peu de bave aussi. Pas très charmante la belle au bois dormant, en vrai ! Heureusement, ni son frère ni son chevalier ne purent assister au spectacle, l'honneur était sauf ! Car la petite fut doucement réveillée par des voix familières. Elle poussa une sorte de petit grognement guttural en ouvrant les yeux avec un petit sursaut, car elle s'était entendu ronfler et elle craignait que les voix ne soient dans la même pièce qu'elle. Mais non, elle était seule. Ouf !

Elle se redressa en essuyant la salive qui s'était légèrement écoulée au coin de sa lèvre et poussa un petit bâillement. Elle secoua vivement la tête pour tenter de se remettre les idées en place et de se sortir l'esprit du brouillard, mais rien à faire, elle se sentait encore plus fatiguée qu'avant de s'être endormie. Elle toussa un peu et reteint un haut-le-cœur alors que les voix bavassaient toujours à l'étage inférieur, elle les entendaient plutôt bien car la porte était légèrement entrouverte.

Prenant son courage à deux mains, elle se hissa jusqu'au bord du lit pour enfin mettre pied à terre. Après quelques étirements qui virent légèrement soulager sa nausée, elle se leva enfin pour rejoindre le couloir. Elle s'appuya contre les barreaux de la mezzanine, le sourire aux lèvres en voyant Zelos et Aeron entourés de pièces d'armures. Elle se dirigea alors vers les marches avec un certain enthousiasme malgré son état.

— Tout s'est bien passé ? Demanda-t-elle, même si leur présence ici avait plutôt valeur de réponse positive. Laquelle est pour moi ? Ajouta-t-elle en arrivant devant eux et en prenant un plastron qu'elle examina avec un sourire intéressé.

Bah oui, elle aussi elle avait envie de se déguiser !

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Zelos Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Sam 18 Avr - 14:18


Vengeance contre le Pontife

Feat Aeron & Sélès

 Man, I rule ! I'm so cool !

Ils venaient juste de sortir du manoir et tout semblait calme dans la rue. Après tout, ils étaient des Gardes Pontificaux maintenant, le "parfait" symbole du courage, du respect et de la vertu. Le peu d'invités qu'ils croisèrent de l'entrée du manoir jusqu'au grand portail de la propriété leur témoignèrent salutations distinguées et quelques compliments sur leur présence sécurisante. Cela ne faisait ni chaud ni froid à Zélos, qui savait comment étaient réellement les Gardes du Pontife, mais il joua le jeu. Il ne fallait pas compromettre la mission, et encore moins à cause de lui !

Aeron l'avait devancé et était déjà arrivé au niveau du portail. Lorsque le rouquin le rejoignit, il était comme paniqué et semblait sur les nerfs. Avant même qu'il ne lui demande ce qu'il n'allait pas, le blondinet lui lança d'un ton sec :

- Vite, mets-toi en faction à gauche du portail, je me mets à droite. Reste droit, ne croise pas son regard et ne pose pas de question !

Quelque chose n'allait pas comme il le souhaitait... L'ex-Elu suivit ses indications -ou ordres, au choix- et se posta à gauche de l'entrée du portail. Il posa le bout de sa lance au sol, lame levée et se tînt droit, regardant droit devant lui.
Cela lui rappela ses premiers cours de bonne conduite au manoir. Il ne devait avoir que six ou sept ans quand sa mère décida de lui infliger ces leçons. Comme les filles de son âge, il apprît à marcher avec des livres dur la tête, à bien choisir ses couverts en fonction du plat qu'on lui présentait et un homme ignoble passait des heures à lui faire travailler son élocution.
Il détestait ça et préférait passer son temps à jouer dans le domaine avec les servantes. C'était plus marrant ! Mais après sa mort, il apprit que ce qu'elle tentait de lui inculquer, ce n'était pas les bonnes manières, mais la survie dans le milieu hostile qu'est la noblesse de Meltokio. Après l'enterrement de Mylène, tout lui était revenu instinctivement en mémoire, et jamais, oh grand jamais il n'avait oublié ces leçons.

Perdu dans ses pensées, il revint à la réalité lorsqu'il perçut des bruits de pas. De talon claquant sur le pavé exactement. Il se permit de jeter un rapide coup d'oeil vers la droite et n'eut que le temps de percevoir une longue chevelure blanchâtre. Il se tourna vers Aeron et lui lança un regard interrogateur qui signifiant dans sa tête : "Mais qui c'est cette femme pour que t'en ai aussi peur ?". Car ce que le jeune beau-frère exprimait à l'égard de la femme qui approchait de plus en plus de leur position, c'était de la peur, et même plus fort encore : de la crainte.
Etait-elle une ancienne conquête ? Non, peu probable vu l'attitude du jeune homme face à sa demi-soeur. Une connaissance ? Oui, mais quelle était leur relation ? Soit Aeron avait bien caché son jeu et avait roulé cette pauvre petite donzelle dans la farine à l'aide d'une combine quelconque, soit c'était bien plus que cela...
Durant sa réflexion, la femme était arrivée à leur hauteur. Richement habillée, et au vu de sa manière d'agir -malgré la fixité du regard de Zélos- elle semblait provenir d'une noble famille. Les chiens ne font pas des chats, et entre noble on sait reconnaître l'éducation reçue de "l'élite" de la société Tesséha'llienne.

Imitant son comparse, le Don Juan se mit au garde à vous, faisant claquer ses talons, ou plutôt le métal qui couvrait ses talons. La demoiselle passa, sans même leur adresser un regard ou s'arrêter un instant pour les examiner d elus près. elle se contenta de lâcher un simple "Rompez !" sec lorsqu'elle les dépassa et entra dans le manoir de la famille Valérius. Zélos n'osa pas plus bouger, attendant que Aeron fasse le premier pas. Ce qu'il fit plusieurs secondes plus tard. Il traçait dans la grande rue pavée à vitesse grand V. Le noble eut du mal à le rattraper de manière "naturelle", et lorsqu'il arriva à sa hauteur, il était déjà à moitié essoufflé. Le poids de l'armure n'arrangeant rien, il eut du mal à articuler sa question :

- C'est qui... Cette femme ? Tu la ... connais ?

Après quelques secondes, la longue chevelure blanche et le ton autoritaire de la jeune femme lui rappela vaguement quelque chose. Mais des nobles, il en avait vu, croisé et parlé à tellement... Se souvenir de tous les noms associés à tous les visages étaient une tâche plus qu'ardue, sauf pour un génie de la mémorisation.

- Elle est l'un de nos plus grands obstacles pour la mission de ce soir, lui répondit-il en continuant de regarder droit devant lui. Lissa Davri, la commandante de la Garde Pontificale en personne.

Lissa Davri... Davri... Ce nom de famille lui rappela quelque chose... Davri, ce n'était pas ce noble qui, parmi tant d'autres, avait trompé sa femme avec une Demi-Elfe ? Il ne pouvait le blâmer, son propre père en avait fait autant...
Mais elle... Il avait déjà dû la voir au moins une fois. Ce ton sec, oui, il l'avait déjà croisé auparavant. Une femme solitaire, stricte, qui semble ne pas avoir de coeur. Et ambitieuse et compétente, bien plus que les soldats lambda. Rien d'étonnant à ce qu'elle soit si bien placée dans l'armée du Pontife.

Pendant ce temps, les deux faux-gardes étaient parvenus au manoir Wilder. il y avait d'autres habitants dans la rue qui les observèrent pénétrer dans la bâtisse, mais ils n'en firent rien. Cela devait être normal depuis quelques temps que les Gardes Pontificaux fouillèrent le manoir...
Une fois à l'intérieur, Zélos s'écroula sur une chaise et retira son casque, qu'il posa sur une petite table dans l'entrée. Il s'apprêtait à faire une remarque sur la chaleur que procurait les armures, mais Aeron fut plus rapide :

- Cette femme est dangereuse. Elle est extrêmement compétente, intelligente. C'est un fin stratège et également une fine lame. Elle ne serait pas entourée d'autant d'imbéciles, nous n'aurions eu aucune chance de rester en fuite si longtemps, je pense.

C'est vrai qu'en y rependant, ils étaient longtemps recherchés sans qu'ils aient eu de réels soucis (mis à part à l'abbaye et lorsque Sheena et lui étaient confrontés à un grand nombre de chevaliers).

- Nous devons juste espérer ne pas la croiser, poursuivit-il. Les chances sont plutôt faibles, elle ne reste avec le Pontife que quand ils doivent parler d'affaires relatives à la Garde Pontificale. Ce n'est pas comme notre deuxième obstacle...

Il marqua une courte pause, le temps de se mettre à l'aise à son tour, tout en poussant un soupir. C'est à ce moment que la petite bouille de Sélès apparut en haut des escaliers. Elle leur demanda si tout s'était bien passé. Mais leur présence au manoir avec l'objet de leur quête suffisait à lui répondre positivement. Ses vêtements froissés et la mine encore un peu endormie de la demoiselle trahissait la sieste qu'elle avait dû faire pendant leur absence. Zélos esquissa un petit sourire lorsqu'il vit la trace d'oreiller sur la joue de la rouquine.
La petite lady s'enquit de savoir quelle armure lui était destinée, tandis qu'elle se saisissa du plastron qu'Aeron venait de délasser. Il était temps de lui dévoiler le plan...

- Aucun, petite soeur. Ce soir, tu vas nous faire part de l'étendue de tes talents de comédienne ! lança-t-il d'un ton moqueur. Ce soir, nous te livrerons au Pontife. Nous entrerons incognito et nous irons le voir directement dans son bureau. Une demi-elfe fugitive de ton rang a quand même le droit de voir son accusateur non ? Mais du coup, est-ce que ça va aller ? Tu vas pouvoir supporter le rôle ?

Le grand frère ne s'inquiétait pas tant que ça des agissements de sa soeur pour la mission. non, derrière ces questions, ce qui l'inquiétait, c'était sa santé. Etait-elle assez forte pour les épauler dans cette dure tâche ?






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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Lun 20 Avr - 10:58



Sélès Wilder

Little fox


    Son cher grand frère tenta de le tourner en sa faveur en lui servant la chose de façon à mettre en valeur ''ses talents'', comme si elle était la pièce maîtresse de ce plan … Mais Sélès n'était pas naïve – pas à ce point en tout cas ! Elle voyait bien qu'il essayait de la caresser dans le sens du poil pour qu'elle ne fasse pas de scandale, mais pour quoi est-ce qu'il la prenait ? Une gamine ? Et bien il avait bien raison ! Elle eut tout de suite une petite moue déçu, puis de plus en plus boudeuse en observant ce plastron qui le lui était pas destinée. Tant pis, il était moche de toute façon, pensa-t-elle en parfaite mauvaise foi, pour se réconforter.

Elle était franchement déçue. Elle aussi aurait voulu mettre une grosse armure, faire un vacarme assourdissant à chacun de ses pas et prendre une grosse voix impressionnante pour faire peur aux gens ! Mais soyons lucides … Un chevalier d'un mètre cinquante aurait-il vraiment été crédible ? Bon d'accord, elle était un peu plus grande que ça … Un peu seulement. Mais elle s'en fichait de tout ça, tout ce qu'elle voyait, elle, c'est que la petite demi-elfe fragile allait encore passer pour la jouvencelle en détresse ! Elle aussi elle voulait casser des rotules !!

Lorsque son frère s'enquit de sa santé après tant de courbettes plutôt abusives, elle lui lança un petit regard suspicieux et réprobateur, de ceux qui semblaient traduire qu'elle était prête à mordre. On pourrait croire que c'était son état de santé qui la rendait si bougons, et cela n'aidait pas c'est sûr, mais la triste vérité c'est qu'elle était juste comme ça … Une sale petite teigne capricieuse.

— Pourquoi c'est pas toi qui joue la jouvencelle en détresse ? Je voulais me déguiser en chevalier moi ! Protesta-t-elle d'une voix exigeante et boudeuse.

Cela lui plairait bien de devenir chevalier. Pas un chevalier Pontificale, c'est certain … Mais un chevalier errant ou royale, au service du royaume, de la justice et de l'honneur ! C'était aussi bien qu’élue en fait … Mais après sa question, la petite se rendit finalement compte que c'était sans doute sa taille qui clochait le plus dans son plan. Elle se mit soudainement à interpréter les regards que lui lançaient ses deux compagnons et fronça un peu plus les sourcils, l'air sévère. Une seule remarque, même de son imbécile de frère qui ne se gênerait sûrement pas, et elle leur écrasait les orteils !

Elle allait les menacer farouchement quand une quinte de toux la coupa. Elle toussa un instant en posant sa main contre sa bouche pour étouffer son agonie avant de parvenir à reprendre son souffle. Ça non plus ça n'aurait pas été très crédible dans le rôle d'un chevalier ! Quoique, ils sont humains après tout, ils ont bien le droit d'être malade eux aussi ! Une fois calmée, elle tenta de reprendre contenance et fit signe que tout allait bien.

— ça va aller. Mais plus ils attendraient, plus son état empirerait. On part bientôt ? On est vraiment obligé l'attendre la nuit … ? Le Pontife ne sera peut-être plus là si on part trop tard.

C'est vrai après tout, ce gars est un fonctionnaire, à seize heure il est rentré chez lui pour glander devant la télé. Enfin, si les télévisions existaient à Tesseha'lla …

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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Mer 22 Avr - 12:52

Seles avait surgi de nulle part et Aeron cherchait encore comment lui expliquer ce qu'ils avaient prévu quand Zelos prit la parole. Les talents de comédienne de Seles ? Aeron ne pouvait pas dire qu'ils soient si convaincants mais il lui suffirait de baisser la tête et ne rien dire. Beaucoup de prisonniers agissaient ainsi lorsqu'ils étaient résignés à leur sort. Il observa en silence le dialogue entre le frère et la sœur. Il fallait s'y attendre, Seles était une tête de mule un peu trop enthousiaste, comme toujours. Enfin, il n'allait pas s'en plaindre, il l'aimait comme elle était. A la proposition de Zelos en jouvencelle en détresse, il fit mine d'y réfléchir et imagina la scène... C'était assez drôle, il fallait bien l'avouer !

-Je suis certain qu'une robe t'irait à ravir, Zelos

Il pouffa et tâcha de se concentrer un peu plus sur la tâche à venir. Cela n'allait pas être aisé. Et qu'allaient-ils faire une fois devant le Pontife ? Le tuer et s'en aller ? La décision revenait à Zelos. Regardant Seles à nouveau, il se rendit compte qu'elle les foudroyait de son regard. Qu'avaient-ils fait encore ? Il ne le saura probablement jamais car la rouquine se mit à tousser. Décidément, c'était inquiétant ! Il fallait vraiment trouver un endroit où elle pouvait se reposer pour de bon. Une fois à Sylvarant, ils n'auraient plus besoin de fuir, c'est sûr. A moins qu'il arrivent à s'y faire des ennemis là-bas aussi. Avec la tendance du chevalier à s'attirer des ennuis partout où il va ces derniers jours, ce ne serait pas si surprenant. Seles fit alors une remarque qui méritait réflexion.

-Ce n'est pas une mauvaise idée. Lissa Davri étant dans le manoir de ma famille, cela fait un obstacle de moins, il ne reste plus que Selvaria Bles, la garde du corps. On ne peut pas trop prévoir de plan contre elle, il faudra juste espérer l'avoir par surprise. Cela vaut le coup de tenter. Zelos, on renfile ces trucs. Tu t'occuperas de porter le sac de Seles. Cela ferait trop louche si on laissait un prisonnier avec ses propres affaires en main, surtout un sac. On mettra nos armes habituelles dedans, à portée de main. Pour ce qui est de l'accès... on passera par la grande porte ! C'est encore par là qu'ils se méfieront le moins.

Voilà le moment où il redevenait Aeron, celui qui agissait et réfléchissait froidement. Il était calculateur et mesurait les risques. S'ils attendaient le soir, ils croiseraient moins de monde mais cela rendrait les autres d'autant plus méfiants. L'absence de Lissa Davri était une opportunité et il était inutile d'attendre une absence de Selvaria Bles. Elle ne quittait le Pontife que lorsqu'il entrait dans ses appartements personnels où personne n'entrait, et qui étaient généralement lourdement gardés. Non, maintenant était clairement le meilleur moment et c'est grâce à Seles qu'il le repérait. D'un bisou sur le front, il la félicita silencieusement.

-Pour ce qui est de Selvaria, elle est la garde du corps du Pontife. Elle fait partie des rares personnes contre qui je pense ne pas pouvoir gagner à l'épée. Elle est habituée à une rapière légère et maniable tandis que mon épée est plus lourde. Avec son agilité, elle dévierait mes coups. Si on doit croiser le fer avec elle, il faudra que tu t'en occupes, Zelos. Je t'aiderai si possible, bien sûr. Méfies-toi, elle est extrêmement douée et sa loyauté envers le Pontife est ce qui prime pour elle. Elle ne nous laissera jamais faire si elle se rend compte de nos intentions. Elle est facile à repérer, elle a de longs cheveux gris et les yeux rouges. Je pense que tu as déjà dû la voir dans l'ombre du Pontife. Si nous avons un moyen de l'écarter du Pontife sans avoir à la combattre, ce serait parfait. Nous ne la combattrons qu'en dernier recours.

Il n'avait pas peur de Selvaria Bles, non. Il avait déjà croisé le fer avec elle et était juste réaliste sur les compétences de la garde du corps. Oui, elle était plus forte et une véritable épine dans le flan de leur plan. Il fallait rester réaliste et observer l'ensemble de manière objective. Les seules personnes qui pouvaient les inquiéter dans leurs compétences aux armes étaient Selvaria Bles et Lissa Davri. Les meilleurs éléments de la garde, en dehors de ces deux-là, étaient partis à leur recherche ailleurs. Il ne devait rester que des plantons sans don particulier, tous les fils de nobles restés à Meltokio par confort et envie de rester loin de tout danger potentiel. S'ils savaient qu'en voulant éviter les fugitifs dangereux, ils s'étaient en fait mis droit sur leur chemin... C'est en finissant d'attacher ces pièces d'armure qu'il se dit qu'il avait lui aussi été un simple fils de noble au milieu de la Garde Pontificale. Était-il spécial dans ses aptitudes ? Peut-être, mais il s'en fichait. Il voulait être spécial aux yeux de Seles et ce n'est pas le maniement des armes qui pouvait lui apporter cela.



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Zelos Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Ven 22 Mai - 15:45


Vengeance contre le Pontife

Feat Aeron & Sélès

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Zélos Wilder, jouer les demoiselles en détresse ? Bon, même s'il s'est déjà mis dans la peau d'une jouvencelle -pour la survie uniquement hein, pas pour le plaisir, comprenons-nous bien !- il n'en était pas question. Par rapport au plan, et en ignorant royalement la moquerie d'Aeron au passage, il valait mieux que Sélès soit la prisonnière et les deux garçons ses "chevaliers" d'une part à cause de l'état de santé de la jeune fille, et d'autre part à cause du poids de l'armure. Lui qui était pourtant bien galbé avec une belle tablette de chocolat en guise d'abdos, cela ne l'empêchait pas de souffrir au niveau des épaules et d'avoir mal à des muscles dont il ne soupçonnait même pas l'existence. Et il n'avait porté l'armure pontificale que pendant une bonne demi-heure !

Il allait lui balancer une petite remarque par rapport à sa taille -car les chevaliers pontificaux nains, c'était rare !- mais une quinte de toux de sa soeur lui en coupa l'envie. Il la laissa reprendre sa respiration tranquillement avant qu'elle ne les rassure et les mette devant une question pertinente : fallait-il attendre la nuit tombée pour aller rendre une petite visite au Pontife ? Le blondinet estima que ce serait préférable, pour la réussite de la mission, qu'ils passent à l'action dès maintenant. Lissa Davri, la commandante de la garde qu'ils avaient croisés au manoir Valérius, allait y rester un petit moment -une des règles de bienséance parmi tant d'autres dans la noblesse-.
Selon Aeron, il ne leur restait que le problème "Selvaria Bles", le bras droit du Pontife, toujours cachée dans l'ombre. Zélos l'avait remarqué une ou deux fois lors de réunions avec le Roi et le Pontife, mais jamais il n'eut le temps de lui adresser la parole. Aussi faudra-t-il la distraire le temps que les autre s'occupent du Pontife...
Le jeune Valérius continuait ses réflexions à voix haute, tergiversant sur qui devait porter leurs affaires et par où entrer. Il détourna la tête lorsqu'il déposa un baiser sur le front de Sélès. Il avait encore un peu de mal à s'y faire, que sa frêle et charmante soeurette ait un prétendant. Aeron repartit sur son analyse de Selvaria. Elle serait douée à l'épée, rapide et agile. Aeron ayant une épée lourde, ce serait à l'Ex-Elu de s'en charger. Bien qu'il n'avait pas l'habitude de combattre des femmes, cela n'allait pas l'entraver plus que ça -il en avait l'expérience avec Sheena en fait-. Juste il fallait trouver un moyen de l'éloigner du Pontife afin d'éviter le combat le plus possible, et c'est ce qui allait être rude...

Ni une ni deux, le rouquin s'empara du plastron et le remit sur ses épaules. Après avoir gentiment demandé à Sélès son sac, le groupe mit leurs armes habituelles et quelques accessoires en plus (vêtements de rechange, potions...). Comme quoi il faut toujours se méfier du sac d'une femme, il est bien plus profond qu'il n'y paraît !
Après qu'Aeron leur expliqua les derniers détails du plan -dont une partie serait de la pure improvisation en fonction de la situation dans laquelle ils se trouveront-, les deux gardes menottèrent la captive, redressèrent leurs hallebardes et empoignèrent la jeune Sélès de chaque côté. Il fallait que leur trajet vers l'Eglise de Martel soit crédible, alors autant commencer par sortir la "malheureuse" de sa planque comme il se doit.
Sébastien se tenait à l'entrée, prêt à ouvrir la porte.

- Faites attention à vous, Monsieur.
- Ne t'en fais pas, nous nous en sortirons sains et saufs.
- Je me ferais toujours du soucis pour vous Monsieur. J'ai vu votre mère mourir, votre père mourir. Je ne tiens pas à ce que le dernier héritier de la famille Wilder que je sers depuis des années meurt à son tour pour -excusez mon langage- une vulgaire histoire de rang.

Il n'avait pas tort. Toute cette affaire de vengeance partait d'un simple problème de rang social. Cela signifie-t-il qu'il tient plus à son titre d'Elu qu'à sa propre vie ? Qu'être l'Elu, malgré tout ce qu'il disait, lui était si important ?
Des questions, encore des questions et toujours des questions... Mais l'heure n'était plus aux questions. Il était temps d'agir, et vite. Zélos fit un signe de tête à son majordome, qui ouvrit brusquement les portes du manoir. Les deux faux gardes firent quelques pas à l'extérieur : il n'y avait quasiment personne. Une noble promenait son chien, une autre roucoulait avec un prétendant. Ils marchèrent d'un pas tranquille dans les grandes allées de Meltokio. Ils n'avaient pas si loin à aller, mais s'ils se pressaient cela pourrait paraître louche.
Le rouquin tenait, comme convenu, le sac de la petite lady. Ce dernier ce baladait d'avant en arrière, claquant parfois contre la hallebarde. Plus ils avançaient, et plus ils croisaient de monde qui les observaient d'un oeil intrigué. La prisonnière était docile, trop docile. Discrètement, le grand frère murmura à l'oreille de sa jeune demi-soeur : "Tu devrais te débattre un peu, sinon c'est suspect". La demoiselle hocha du chef et ne se fit pas prier. Sans attendre une seule seconde, elle balança son pied dans l'entre-jambe du Don Juan. Aeron la retint par la suite, tandis que l'ex-Elu se plia un peu en avant, une main sur l'endroit agressé, l'autre accrochée sur la hallebarde -qui lui permettait de rester à peu près debout-. On aurait pu croire que, avec tout cet attirail métallique, il ne sentirait rien. Détrompez-vous ! Le choc n'en a été qu'en partie absorbé, mais un coup entre les jambes, ça fait toujours mal, peu importe son intensité !
D'un côté il félicita intérieurement Sélès pour sa réactivité, mais de l'autre il la maudissa grandement ! Mais lorsqu'il fit qu'elle s'était fait mal elle-aussi au pied -car donner un grand coup de pied dans une armure avec des petites chaussures de ville, c'est pas le top-, il se réjouissa qu'elle se soit punie toute seule.

Tandis que Zélos se redressait petit à petit, tout en essayant d'avancer, Aeron portait Sélès sur son épaule, comme un baluchon. La tête que tirait la rouquine était mémorable. La princesse portée comme un sac à patate sur l'épaule de son fier chevalier blanc ! Les contes de fées enjolivent toujours les situations, mais c'est de cette manière que la princesse Fiona a voyagé vers Duloc, sur l'épaule de son sauveur Shrek...
Ils arrivèrent enfin à l'entrée de l'Eglise. Comme prévu, des gardes géraient l'entrée au Temple. Zélos fit exactement ce qu'Aeron faisait. Après tout, c'était un chevalier pontifical, un vrai ! Ils s'arrêtèrent à deux mètres des gardes.

- Nous amenons une prisonnière pour le Pontife, fit le rouquin d'une voix grave. Si Aeron avait parlé, ils auraient sans doute reconnu sa voix. Zélos n'étant pas un super fervent de l'Eglise, il pouvait s'en sortir incognito.
- Qui c'est qu'celle là ?
- Une des fugitives condamnée à mort, la demi-elfe Wilder.
- Ah, ouais. Allez-y.

Les gardes décroisèrent leurs hallebardes et les laissèrent pénétrer dans les lieux. Ils traversèrent en silence la salle principale où était donnée la messe et entrèrent dans une antichambre vide. Aeron déposa Sélès docilement.
Ils étaient passés sans soucis, mais ce n'était que le début, et le plus facile. La suite allait s'avérer plus hasardeuse, et bien plus complexe qu'ils n'y pensaient...







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Sélès Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Lun 25 Mai - 9:36



Sélès Wilder

Little fox


    L'esprit embrumée et le cerveau en soupe en raison de son état de santé actuel, la petite rouquine perdu un peu le file de la discussion. Elle remarquait que soit Aeron parlait trop de ses plans, soit il n'en disait rien. Enfin, pauvre garçon, là c'était surtout elle qui n'avait pas la tête à suivre le cours d'une conversation aussi importante et complexe. Il y avait beaucoup de chose à penser, et finalement, le rôle de la victime serait peut-être le plus simple pour elle, elle n'aurait qu'à suivre le mouvement et elle n'aurait pas à feindre grand chose, vu son état, elle paraîtrait naturellement dépourvue. Tout cela était si fatiguant … elle avait les yeux qui la picotaient et elle n'aspirait qu'à retourner se coucher et attendre là que ça se passe. Mais bon, il fallait qu'elle soit forte, un peu de courage.

Elle n'avait jamais entendu parler des femmes qu'Aeron avait évoqué et elle ne tenta pas de comprendre plus longtemps. Elle allait les laisser gérer, ce serait plus simple … Elle se tenait tout de même prête à combattre, envers et contre tout et peu lui importait que ces filles soient des militaires, la petite était naïvement mais farouchement convaincue qu'elle pourrait en venir à bout avec un bon coup de colère. Si elles s'en prenaient aux deux hommes de sa vie, la petite renarde adorable laisserait se déchaîner le Kyubi qui est en elle. La triste réalité était pourtant, qu'importe son état d'esprit ou sa santé, elle ne ferait jamais le poids contre ces femmes. Enfin, dans quelques années, peut-être, si elle travaillait dure, mais là, malgré ce qu'elle pensait, c'était loin d'être le cas.

Les deux jeunes hommes se chargèrent à nouveau de leur armure respective avant que le petit groupe ne parte pour l'église, à la rencontre du Pontife. La petite lady les suivit bien sagement, à petit pas, l'air absent. Trop sage, son frère lui conseilla de se débattre un peu. C'était vraiment nécessaire ? Elle était si fatiguée … Bon, s'il le voulait vraiment, elle allait faire un effort. Et voilà qu'elle abattait son petit pied entre les jambes de son frère adoré, un petit pied pourtant meurtrier à en voir la réaction du rouquin. Oh. A ce point ? Elle n'avait pas eu l’intention de vraiment lui faire mal, elle aurait pensé que les coques protégeaient mieux que ça … Mais elle y été peut-être allée un peu fort, parce qu'elle s'était bien amoché le pied avec ses bêtises ! Oui, les bêtises de Zelos, parce que c'était toujours de sa faute de toute façon. Et comme avec tout ça, Zelos plié en deux et elle qui sautillait sur un pied, elle avait bien ralenti le mouvement, Aeron prit l'initiative de la charger sur son épaule. Ça, c'était vraiment pas confortable, la taule de l'armure oppressait son ventre et sa poitrine, rendant sa peau fragile douloureuse et lui coupant un peu le souffle … Et elle en avait presque le mal du transport !

La torture prit fin lorsqu'ils arrivèrent enfin devant l'église, et la petite lady fut reposer gentiment à terre. Elle avait bien triste mine et elle lança un regard froid aux deux gardes de l'entrée, émettant quelques réticences, conformément à son rôle.

— Laissez-moi tranquille ! Je n'ai rien à voir là-dedans, Zelos se fiche de moi de toute façon, il ne viendra pas ! Laissez-moi partir, je n'ai rien fais ! Fit-elle alors d'une voix à la fois farouche et traînante, lui donnant un petit côté suppliant.

Sélès se calma une fois la porte refermée derrière eux alors que le stresse commençait à doucement envahir son cœur. Est-ce que tout allait bien se passer ? Qu'arriverait-il s'ils échouaient … ou s'ils y arrivaient ? Est-ce que tout serait fini, est-ce qu'ils seraient enfin en paix ou est-ce que ça serait pire ? Il était un peu tard pour ce genre de question.

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Aeron Valerius
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Jeu 28 Mai - 13:13

Ils s'étaient préparés rapidement et avançaient en ville avec Seles entre eux. Comparés à la petite lady, les deux hommes en armure étaient de véritables armoires à glace. Après un petit moment, Zelos fit la réflexion qu'il valait mieux que la lady soit moins docile. Il en fut pour ses frais et Aeron grimaça en voyant le coup de pied. Il avait mal pour Zelos mais aussi pour Seles. Une armure pareille avait dû lui faire regretter son geste. Préférant ménager le pied blessé tout en jouant son rôle, le chevalier prit la demoiselle sur son épaule. Il espérait ne pas lui faire trop mal mais il ne pouvait rien promettre avec l'armure. La trimbalant ainsi comme un sac à patates, il accéléra le pas et ils arrivèrent rapidement à la porte de l'église. Le bureau du Pontife était là-dedans. Bien sûr, des gardes étaient à l'entrée. Le blondinet posa Seles et écouta les Wilder jouer leurs rôles respectifs. Aeron sentait bien que Seles s'était forcée, mais d'une oreille de quelqu'un qui ne la connaissait pas, cela devait paraître crédible.

Et effectivement les gardes les laissèrent passer. L'intérieur était aussi austère qu'avant. Quelques prêtres et bonnes sœurs préparaient la grande salle pour une prochaine messe. Ils levèrent les yeux à leur approche mais la plupart se désintéressèrent d'eux aussitôt. Les quelques uns qui les regardaient avec insistance étaient cependant suffisant pour les faire se sentir mal à l'aise. Cette impression d'être observé était pire quand on voulait s'infiltrer quelque part. L'inconscient avait toujours tendance à nous faire nous poser alors la question : se doutent-ils de quelque chose ? Pourtant il était normal qu'on les regarde. Deux gardes et une prisonnière qui passaient, cela pouvait être intrigant. Leurs pas raisonnaient dans la salle. Pourquoi les bottes des armures de la Garde faisaient un tel boucan ? Après un temps qui leur parut durer une éternité, ils parvinrent dans le couloir menant à l'intérieur du bâtiment. Là-dedans, on pouvait trouver les dortoirs de la Garde, la salle de réunion stratégique, les dortoirs des bonnes sœurs (que les Gardes Pontificaux avait une interdiction absolue d'approcher), et un peu plus loin à l'étage les bureaux et chambres des différentes personnes importantes, comme la Commandante de la Garde, Selvaria Bles et le Pontife.

Aeron ouvrit la marche sans dire un mot. Ils se retrouvèrent alors à la file indienne dans l'étroit couloir. S'ils étaient restés côte à côte, ils auraient pris toute la largeur du passage. Ils croisèrent bien quelques personnes mais pas de question leur fut posée avant d'arriver à l'escalier. Un garde devant leur bloqua le passage tout en bâillant. Aeron, au fond de lui, compatissait à l'ennui du garde. Il avait dû subir le même genre de travail. Garder une porte toute la journée pouvait engourdir l'esprit et il était difficile de ne pas s'assoupir, parfois. Prenant une voix grave, le blondinet expliqua :

-On nous a dit d'amener la prisonnière Seles Wilder directement au Pontife qui voudrait la voir en personne. Elle ira aux cachots après l'entrevue avec lui.

L'autre garde se gratta la gorge tout en bâillant à nouveau. Il semblait songeur. Après quelques longues secondes de réflexion, il pencha la tête pour observer la petite Wilder et leur fit signe de passer. Il n'avait aucune raison de les arrêter, après tout. Aeron se retint de pousser un soupir de soulagement. Il sentait une petite goutte de sueur froide perler dans son dos. Ils montèrent les marches calmement, prenant un rythme lent. Le bâtiment semblait tellement plus grand de l'intérieur que de l'extérieur. Il lui semblait maintenant immense tandis qu'avant, il était habitué à le parcourir. Posant le pied sur la dernière marche, il poussa enfin ce soupir de soulagement qu'il avait réprimé un peu plus tôt. Il jeta un coup d’œil derrière lui. Seles semblait de plus en plus fatiguée ou alors c'était juste lui qui imaginait cela à cause de sa propre inquiétude ? Une chose restait certaine : il avait hâte qu'ils sortent d'ici et se trouvent un coin tranquille où elle pourrait se reposer. Il eut le réflexe de sourire quand la lady leva les yeux vers lui avant de se souvenir qu'elle ne pouvait pas voir ce sourire. Un peu dépité, il se retourna à nouveau et approcha du bureau du Pontife.

Après une petite minute, il aperçut la porte sur le côté droit du couloir. Cette porte richement décorée à laquelle un garde toquait. Le chevalier ralentit le pas. Il préférait que personne ne les remarque, mais ils ne pouvaient pas non plus se cacher. La porte s'ouvrit et une chevelure argentée était visible d'ici. Ce n'était plus une goutte de sueur mais une bonne dizaine qui couvraient maintenant le dos du blondinet. Selvaria Bles, leur plus gros obstacle était là à prendre un papier des mains du garde. Aeron se retourna et fit mine de vérifier les chaînes de Seles. La rouquine semblait sentir l'inquiétude de son chevalier mais celui-ci se concentrait sur sa propre respiration qu'il calmait aussi bien qu'il pouvait. Il entendit quelques mots de Selvaria et vit le garde passer près d'eux en les ignorant. Il se dirigeait vers les escaliers pour partir. Le blondinet se retourna à nouveau et vit que Selvaria Bles se dirigeait vers sa propre chambre. Martel soit louée ! Elle n'allait même pas être sur leur chemin ! Elle leur tournait le dos et Aeron reprit sa marche le plus silencieusement possible en pensant très fort : "Ne te retourne pas, ne te retourne pas !".

Il n'était qu'à un mètre de la porte du bureau du Pontife quand quelqu'un derrière lui heurta une des armures de décoration qui étaient dans le couloir. Celle-ci ne tomba pas, heureusement, mais le bruit métallique fit se retourner Selvaria. Maudissant intérieurement les rouquins pour ce bruit inopiné, Aeron fit comme s'il n'y avait rien d'anormal. C'est alors que la voix redoutée se fit entendre...

-Que faites-vous ici ? Qui amenez-vous ?

Les quelques gouttes dans le dos d'Aeron étaient maintenant une véritable rivière en crue ! Il reprit une voix grave pour expliquer :

-On a pour ordre d'amener directement Seles Wilder au Pontife, Madame !

Il salua comme lorsqu'il s'adressait à un supérieur. Bien que Selvaria Bles n'ait pas de rang officiel dans la hiérarchie, les Gardes Pontificaux avaient tous appris à lui obéir au doigt et à l’œil tant que cela n'allait pas à l'encontre des ordres de Lissa Davri. Et lorsque des ordres contradictoires des deux s'entrechoquaient, il devenait très dangereux de se trouver entre les deux... Aeron s'était adressé par réflexe avec le terme que tous avaient adopté : Madame. Selvaria Bles n'était pas mariée mais cela faisait toujours plus sérieux, plus imposant que "Mademoiselle".



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Selvaria Bles PNJ
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Sam 30 Mai - 23:14

Selvaria Bles avait beau être dévouée au Pontife, elle devait avouer que c'était parfois assez ennuyeux de rester là pendant que le Pontife lisait simplement des documents qu'elle avait déjà passé en revue. Il n'était pas utile de demander des détails dessus. Enfin, comme d'habitude, elle profitait de ce temps pour repasser dans sa tête tous les problèmes en revue. Ces derniers temps, ils avaient tendance à s'accumuler et elle détestait ça ! Tout d'abord l'assassinat du roi. Elle avait déjà prouvé qu'il y avait eu un poison utilisé mais avait préféré ne pas l'ébruiter. Elle enquêtait sur les différentes pistes, mais entre les fausses pistes qui remontaient vers le Pontifes et les autres qui ne menaient nulle part, il était difficile de trouver la vérité. Il était impensable que son Excellence ait empoisonné le roi, n'est-ce pas ? Après tout, elle lui avait fortement déconseillé de faire quoi que ce soit qui risquerait de compromettre sa position. Avoir le roi leur assurait une stabilité. Les critiques qui fusaient sur les dirigeants étaient ainsi réparties et cela diminuait les risques d'attentats. Il ne serait pas allé contre ses conseils sans rien lui dire, c'était impensable ! Bref l'enquête piétine et c'est assez rageant...

Cela dit, il est difficile d'imaginer que ça puisse piétiner plus que la traque des fugitifs ! Quelle plaie ! Si elle tenait ce Zelos Wilder pour tout ce qu'il avait causé par sa trahison, il passerait un sale quart d'heure. Et il n'était pas le seul qu'elle avait dans sa ligne de mire. Autant Zelos Wilder était quelqu'un d'imprévisible dont elle s'était toujours méfiée et elle comprenait l'aversion du Pontife vis-à-vis de lui, autant Aeron Valerius, c'était une sacrée déception. Il avait toujours été obéissant et respectueux des règles tant qu'elles ne heurtaient pas sa morale. C'était un homme droit, chose rare dans la Garde Pontificale. Comment avait-il pu déserter et les trahir ? On ne pouvait pas dire qu'il était du genre à prendre des initiatives personnelles, et encore moins d'une telle gravité. Que lui était-il arrivé à cet imbécile ? La garde du corps regrettait maintenant de lui avoir fait confiance. Si elle avait su... A côté de ces deux-là, en tout cas, la troisième fugitive était optionnelle. Se servir d'elle comme d'un appât avait été son idée mais elle ne voulait pas la faire souffrir, non. Après tout, elle n'avait rien fait de mal, elle avait juste été au mauvais endroit et au mauvais moment comme on dit.

Et enfin venait le troisième problème qui traînait depuis des années maintenant : Lissa Davri, la Commandante de la Garde. Cela faisait pas mal de temps depuis que Selvaria et le Pontife l'avaient choisie pour ce poste. Elle était la plus méritante, c'est un fait. Mais que dire de sa mentalité ? Elle n'était pas du genre à faire cela pour le bien de la nation, du Pontife ou de Martel, non. Elle nourrissait quelque part des ambitions autres et probablement personnelles. De plus, depuis cette conversation qu'elles avaient eu à l'époque, il y avait un quelque chose qui avait fait une drôle d'impression à Selvaria, quelque chose qui lui mettait devant son visage un grand écriteau : "cette femme cache quelque chose". Oui, Lissa Davri avait des secrets qu'elle comptait bien garder et c'est justement pour cela que que la garde du corps s'arranger pour enquêter discrètement depuis tout ce temps. Elle avait réussi à passer inaperçu. Bien entendu, la Commandante devait avoir des doutes, mais jamais elle n'arriverait à trouver des preuves de son enquête ou des personnes prêtes à témoigner de cela. Non, toutes les précautions avaient été prises et c'est pour cela que cela prenait si longtemps. Mais elle touchait enfin au but de ce côté-là !


Alors qu'elle se faisait cette réflexion, quelqu'un toqua à la porte. D'un signe de tête du Pontife, toujours songeur face à ses documents, la femme aux cheveux clairs alla ouvrir la porte. Le garde face à elle lui tendait un papier. Elle le prit et l'ouvrit. Enfin elle savait pourquoi Lissa Davri avait dû quitter le manoir familial de nombreuses fois lorsqu'elle n'était encore qu'un bébé. Les pièces du puzzle s'emboîtaient enfin ! La Commandante de la Garde, une demi-elfe... C'était à mourir de rire, vraiment ! Si Martel observait et orchestrait les événements comme ceux-là, elle devait avoir un sacré sens de l'humour ! Une voix derrière elle la héla pour demander ce qu'il se passait.

-Oh ce n'est rien, excellence, des affaires que je menais pour votre bien, comme d'habitude.

Oui, le Pontife était habitué à ce qu'elle enquête sur des groupes rebelles et d'autre menaces potentielles. Elle l'avait toujours fait. Son enquête sur Lissa Davri était aussi motivé par cette envie de protéger le Pontife... mais pas uniquement. Non, Lissa Davri était devenue une rivale pour elle, en un sens. Elle la respectait tout autant qu'elle s'en méfiait. Et il fallait admettre une chose : elle était de loin la plus qualifiée pour le poste qu'elle occupait. C'est pour cette raison qu'il ne valait mieux pas révéler au Pontife ce qu'elle venait de découvrir. Lissa Davri, humaine ou demi-elfe, opportuniste ou non, assurait son rôle à merveille et faire du mal au Pontife ne semblait pas dans ses plans pour le moment. La surveillance ne s'arrêterait jamais mais il n'y avait aucune raison pour le moment d'agir contre elle. En revanche, une petite discussion s'imposait !

La garde du corps sortit du bureau et ferma la porte derrière elle. Elle n'aimait pas laisser le Pontife seul mais il fallait avouer qu'il ne risquait pas grand chose, ici. Et elle avait tellement hâte de ranger ce papier dans ce dossier et un jour de tout relâcher au visage de sa rivale ! Un bruit interrompit ce fil de pensées. En se retournant, elle remarqua deux gardes pontificaux qui encadraient une adolescente, presque femme. Intriguée, elle se dirigea vers eux et eut le réflexe de poser la question :

-Que faites-vous ici ? Qui amenez-vous ?

La réponse lui vint en même temps de la parole du garde que de sa propre déduction. Alors voilà la fameuse sœur de l'élu. Dommage que ce soit elle qui se soit faite attraper, elle aurait aimé ne pas avoir recours à la prise d'otage et la torture. Mais la fin justifie les moyens, comme on dit. Elle en avait déjà torturé à mort par des moyens que certains jugeraient d'atroces. Elle n'aimait pas faire cela mais ce qui était nécessaire pour la protection du Pontife, elle le faisait, que la victime soit un homme robuste ou une jeune femme. Elle-même faisait déjà cela avec une quinzaine d'année de vie derrière elle. C'est triste à dire, mais on s'y habitue.

Revenant à l'instant présent, elle réalisa que quelque chose ne collait pas. Où était Aeron Valerius ? Il n'était pas du genre à abandonner une demoiselle en détresse, surtout s'il avait déserté pour elle.

-Mademoiselle Wilder, je n'ai rien de personnel contre vous, croyez-moi... Mais vous passerez quand même par une salle de torture car je pense que vous avez bien une idée d'où Aeron Valerius se trouve. J'espère que vous parlerez vite. Contrairement à votre frère qui a trahi les siens, vous n'êtes coupables que de quelque chose que vous n'avez jamais demandé ou provoqué : vos liens de sang. J'espère donc que vous parlerez vite et ainsi vous aurez ma promesse que vous serez bien traitée... et sans être entourée d'hommes...

Elle avait dit ces derniers mots sur un ton méprisant et écœuré. Elle savait bien ce qu'un certain nombre de gardes pontificaux se permettaient de faire aux femmes demi-elfes. Celles-ci n'étaient pas décemment protégées par les lois. Bien qu'elle ait été élevée par le Pontife, Selvaria n'avait jamais réussi à adhérer à cette haine des demi-elfes. Non, elle avait vu trop de demi-elfes brisés, pitoyables, misérables. Toutes ces fois où son cœur lui rappelé que l'humanité connait des sentiments comme la pitié et la compassion. Ces porcs ne faisaient que s'amuser avec elles, c'était totalement différent de la torture qu'elle avait parfois dû infliger à certains dans le cadre de son devoir. Cela ne nourrissait aucun objectif, aucune volonté d'être utile, non. C'était de la cruauté à l'état pur.

Encore une fois, elle se laissait distraire par le fil de ses pensées. Elle réprima un bâillement. Il fallait qu'elle dorme plus mais il lui était difficile de se détendre ces derniers temps. En parlant de se détendre, en voilà une autre qui devrait apprendre aussi. Lissa Davri, Commandante de la Garde Pontificale, se tenait à l'autre bout du couloir et venait dans leur direction. Prise d'une impulsion, Selvaria se sentait bien d'aller agiter un certain papier sous son nez tout de suite... Elle se tourna vers le garde qui lui avait parlé :

-Toi, tu garderas la porte pendant que les deux autres entreront dans le bureau. Si son Excellence veut voir la prisonnière, il la verra. Ensuite, enfermez-la dans mes appartements en attendant que je lui trouve un endroit où elle sera à la fois gardée et en sécurité. Et si j'apprends qu'un seul d'entre vous l'a touchée de manière inappropriée, je le castre à la main. De même que pour chaque bleu sur son corps, vous aurez un os brisé, c'est bien compris ?

Ils acquiescèrent. La peur était ce qui avait toujours marché depuis son enfance près de la Garde. Selvaria ne savait pas ce qui la motivait à ce point à vouloir que Seles Wilder soit intacte. Il y avait bien sûr ce dégoût pour les méthodes de la Garde Pontificale, mais ce n'était pas la seule raison. Dans le regard de Seles Wilder, elle avait vu comme le regard d'une fière créature qui refusait de se laisser abattre... mais qui avait déjà subi de lourdes blessures. Elle pouvait devenir une femme forte, ce qui était vraiment rare vu la société dans laquelle elles évoluaient. Selvaria ne voulait pas qu'un caractère fort comme le sien soit brisé pour au final n'être plus qu'une fleur fanée misérable. Peut-être lui rappelait-elle elle-même ? Un dernier regard à la prisonnière et la grande femme se dirigea vers la Commandante à grandes enjambées.

-Commandante de la Garde, Lissa Davri, quel plaisir de vous voir ! J'aurais quelques mots à échanger avec vous...

L'appeler par son titre et son nom complet était une chose qu'elle ne faisait que quand il y avait une occasion particulière, et ce genre d'occasions menaient souvent à une dispute entre elles. De même que le sourire satisfait que Selvaria n'arrivait pas à réprimer totalement avait toujours été quelque chose dont son interlocutrice avait appris à se méfier.
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Zelos Wilder
MessageSujet: Re: La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]   Mer 29 Juil - 15:12


Vengeance contre le Pontife

Feat Aeron & Sélès

 Man, I rule ! I'm so cool !

Le rouquin avait oublié à quel point l'Eglise était un vrai labyrinthe pour tout néophyte qui s'y aventurait. Et on ne peut pas dire qu'il connaissait les lieux comme sa poche, vu son "implication" dans les préceptes de Martel... Enfin, le peu qu'il ait assisté aux réunions du Pontife dans son bureau hein, car l'Eglise abritait aussi les dortoirs des nonnes et bonnes soeurs qui s'occupaient de la propreté des lieux. Et il n'y a pas que des vieilles chouettes, si vous voyez où je veux en venir.
D'ailleurs, le petit groupe mené par Aeron et marchant à la queue leu leu, passa devant la porte des dortoirs des femmes de la Foi. Zélos se souvint qu'une fois, il avait été surpris par une autre femme dans les dortoirs. Il n'a jamais couru aussi vite que cette fois-là... Cette femme, si jamais il la croisait de nouveau, que Martel ait pitié de lui ! Sa longue chevelure blanche et ses yeux couleur sang, il s'en souviendrait encore longtemps...
Ils croisèrent quelques personnes, mais elles ne prêtèrent guère attention au trio. Peut-être un coup d'oeil discret, mais c'était parce qu'Aeron et lui portaient les armures pontificales qui, soit dit en passant, faisaient un boucan du tonnerre.

Après plusieurs minutes de marche éprouvantes à déambuler dans le long couloir, à emprunter une porte à droite, puis à gauche, ils finirent par arriver dans l'aile Est de l'église menant au bâtiment principal. Cette partie abritait en particulier les appartements privés des hauts gradés de l'Eglise, comme le Pontife et ses généraux, mais elle faisait également le relais avec le château. Car, lorsqu'on est Pontife, il faut être à disposition de sa Majesté -sauf l'Elu. Ils gardèrent leurs positions alors qu'ils pénétrèrent dans ce nouveau couloir : l'héritier Valerious en tête, suivi de la petite lady et le rouquin fermait la marche. Les longs boyaux dédaleux étaient loin de se terminer. Ils s'enchaînèrent, encore et encore, jusqu'à un garde posté devant un étroit escalier en colimaçon. Ce dernier fut extrait de ses rêveries par la voix grave d'Aeron lui expliquant leur venue -la fausse bien évidemment, comme quoi qu'ils apportaient la prisonnière au Pontife. Le garde se gratta, bailla et parut s'endormir pendant quelques secondes avant de les laisser passer. Ils montèrent calmement les marches. L'une après l'autre, ça continuait de monter. L'ex-Elu commençait à avoir la tête qui tournait à force. Une petite envie de dégobiller le repas -pris en quatrième vitesse au manoir ni vu ni connu- fut évité de peu car, enfin, ils étaient arrivés à l'étage.

Là, devant eux, s'ouvrait un grand hall -qui s'avérait être seulement un très très large couloir- richement décoré d'or et de blanc nacré, de quelques rideaux en velours rouges et de meubles en bois tellement cirés qu'ils brillaient plus encore que les chandeliers dorés posés dessus ! Ils marchaient sur un épais tapis rouge aux broderies de fils d'or. Ce tapis les dirigeait manifestement vers le bureau du Pontife, scellé par une grande porte à double battant en bois lustré. Elle se trouvait sur la droite, après avoir tourné à un carrefour. Un garde venait de toquer à la porte quand Aeron se stoppa et les fit reculer pour se mettre hors de vue de la jeune femme à la chevelure argentée qui venait de sortir du bureau.
Zélos attendit quelques secondes qu'Aeron se tourna de son côté pour lui chuchoter :

- C'est Selvaria ?!

Mais il ne lui répondit pas et vérifia si les chaînes qui entravaient les poignets de Sélès étaient bien fixés pour n'éveiller aucuns soupçons. Puis il reprit une posture militaire, imité par le noble Wilder. Le garde passa près d'eux sans même les regarder et descendit les escaliers. Selvaria, quant à elle, venait de tourner dans la direction opposée sans même s'être aperçue de leur présence. Une aubaine ! Avoir croisé les deux personnes qui allaient sûrement leur causer le plus de soucis dans leur mission et ne pas les avoir combattu relevait du pur miracle !
Aeron profita de cet instant pour poursuivre le plus silencieusement sa route vers le bureau du Pontife. Le couloir qui y menait était orné de diverses armures -sans doute pontificales. Zélos prenait un certain plaisir à les observer rapidement, il n'était jamais venu se promener dans ce coin de l'église. Certaines avaient de grandes plumes sur les heaumes, tandis que d'autres portaient des épées au lieu de lances.
Et ce qui ne devait pas arriver arriva. Malgré la propreté des lieux, il fallait qu'un petit morceau du fameux tapis fasse un pli apparent, comme une petite colline. Cela suffit pour que la maladresse du Don Juan, additionné à la gravité, le fassent se vautrer sur une des armures. Le bon côté, si on puis dire, est qu'il a réussi à rattraper l'ensemble de l'armure, et l'a remis directement à sa place. Mais le boucan créé fit se retourner Selvaria Bles. Zélos se fit droit comme un i, et regarda droit devant lui comme si de rien n'était. Des gouttes de sueur froide lui coulaient le long du dos. Devant, Aeron et Sélès faisaient eux aussi comme si rien ne s'était passé. Malheureusement pour eux...

- Que faites-vous ici ? Qui amenez-vous ?
- On a pour ordre d'amener directement Seles Wilder au Pontife, Madame ! fit Aeron en la saluant comme il se devait dans le milieu.

Elle jeta un rapide coup d'oeil à Aeron et Zélos avant de s'adresser à Sélès :

- Mademoiselle Wilder, je n'ai rien de personnel contre vous, croyez-moi... Mais vous passerez quand même par une salle de torture car je pense que vous avez bien une idée d'où Aeron Valerius se trouve. J'espère que vous parlerez vite. Contrairement à votre frère qui a trahi les siens, vous n'êtes coupables que de quelque chose que vous n'avez jamais demandé ou provoqué : vos liens de sang. J'espère donc que vous parlerez vite et ainsi vous aurez ma promesse que vous serez bien traitée... et sans être entourée d'hommes...

Ce à quoi elle marqua une pause, comme perdue dans ses pensées, avant d'ordonner à Aeron de monter la garde devant le bureau du Pontife. Quant à Sélès et son frère, ils se présenteraient devant le Pontife en personne. Tandis qu'elle donnait le reste de ses directives -et quelques menaces au passage-, Zélos jeta un rapide coup d'oeil à sa soeur, qui le regarda elle aussi. Avait-elle compris que c'était là une opportunité à ne pas manquer ? Les deux derniers Wilder, assassiner le Pontife, sans Selvaria, et sans Lissa Davri !
Quoique, pour la présence de cette dernière, c'était râpé. Alors qu'ils prenaient tous position, comme leur avait indiqué Selvaria, le rouquin s'aperçut que Lissa était là elle aussi, et allait dans leur direction. La commandante de la Garde alla à sa rencontre et elles semblaient discuter de quelque chose d'important, en rapport avec le bout de papier que tenait la femme aux cheveux blancs dan la main.
Discrètement, Zélos fit un signe de tête à Aeron et le laissa là, à son poste de garde, tandis qu'il pénétrait dans le bureau avec Sélès. Il prit soin de bien fermer la porte avant d'avancer plus dans la pièce. Il y faisait sombre. Les rideaux étaient tirés, et seul un feu dans l'âtre brûlait et crépitait. On pouvait distinguer un pan complet de mur en guise de bibliothèque. Juste devant, un large bureau en pin. Sur la droite et la gauche, quelques tapisseries faisaient office de décoration. Zélos avait du mal à voir ce qu'elles représentaient. Il n'y avait aucun bruit dans la salle.

- Qu'est-ce que vous voulez ? fit une voix lasse.

Une forme bougea près de la cheminée. Il y avait un grand fauteuil, d'où émergea une personne de forte corpulence. Au fur et à mesure qu'elle approchait, elle se fit plus précise : c'était un homme gras, qui avait du mal à bouger dans sa longue tunique de soie et de fil d'or. Une coiffe tronait sur sa tête à moitié chauve, contrastant avec sa fière moustache touffue mais néanmoins entretenue.

- Aah ! Mais c'est l'autre ! La petite batarde Wilder !

A cette appellation, il vit Sélès se crisper mais se retenir de dire ou de faire quoi que ce soit -même si l'envie de lui écraser les pieds devait la titiller fortement. Le Pontife s'approcha d'elle et lui caressa la jour avec un doigt.

- On a eu beaucoup de mal à t'attraper, sale gamine. Mais je suis contente de t'avoir enfin devant moi. Je vais pouvoir me servir de toi afin d'attirer les deux autres... Imagine le magnifique comité d'acceuil que je leur réserve ! Et même si je ne les ai pas vivant, ce sera tant mieux !
- Tu n'auras pas à chercher bien loin, Pontife.

Et, en même temps, il sortit son épée du sac de Sélès et la cala sur la gorge du large bonhomme. Ce dernier n'eut guère le temps de bouger et, devant son incompréhension, Zélos retira son casque.

- Ah ! Ah ! Zé-Zélos ?!
- En chair et en os. Maintenant, parlons affaire tous les deux, veux-tu ? fit-il tout en forçant le Pontife à reculer jusqu'à son bureau.

Sélès en profita pour retirer ses menottes et récupérer son sac avant de s'asseoir dans le fauteuil près du feu. Elle devait être encore un peu souffrante, et Zélos ne lui en voudrait pas de le laisser gérer cette partie-là du plan en solo.
Il se posa sur le bord du bureau tandis que le lard homme de Foi s'affala dans son propre siège. Il levait les mains comme si l'ex-Elu le menaçait avec une quelconque arme à feu. Il lui demanda, agacé, de baisser les bras. Cet homme l'exaspérait au plus haut point ! Il profitait grâcement de sa situation, intouchable, alors que lui, sa petite soeur, Aeron et même Sheena... Tant de vies qu'il a délibérément saccagées... L'envie ne lui manquait pas de l'égorger comme un goret là, tout de suite, et de le laisser se vider de son sang en le regardant.
Mais s'il pouvait obtenir des informations intéressantes de sa part, des aveux pour l'assassinat du roi par exemple, il lui accorderait peut-être une faveur avant de le tuer.

- Que veux-tu ? Retrouver ton rang d'Elu ? Ah ça, il faudra te rendre à la Tour du Salut et parler avec les Anges. Il n'y a qu'eux qui pourront te l'accorder de nouveau !
- Non. Ce que je veux, c'est la vérité. C'est bien toi qui a commandité le meurtre du Roi, n'est-ce pas ? Qui as-tu envoyé pour faire ta sale besogne, hein ?
- Je, je.. Non !
- Ne mens pas !

Un mince filet de sang perla sur la gorge grasse du Pontife. Zélos se rapprocha de son visage.

- J'ai failli perdre ma soeur, perdre des amis et me perdre moi-même par ta faute. Donnes-moi une seule bonne raison de te laisser en vie...

A ce moment, un bruit sourd retentit de derrière les portes, comme quelque chose qu'on aurait fait tomber ou jeté par terre. Un combat aurait-il lieu dehors ?

- Aeron ? demanda Sélès.

Contre Selvaria ? Contre Lissa ? Ou contre les deux ? Ils devaient faire vite...



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La vengeance contre le Pontife [PV Les rouquins Wilder]

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